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Ils n’étaient pas sur un même plateau ou dans un même studio. Cela peut paraître naïf de croire que la lettre de Khalifa Sall est une pure coïncidence avec la sortie, peu avant, de Amadou Ba sur Rfm hier. Ce sont deux hommes qui animent la bataille de Dakar, même si le Socialiste est tête de liste nationale et  l’Apériste tête de liste départementale.

Dans une lettre intitulée «Khalifa Ababacar Sall vous écrit», le maire de Dakar tire sur le régime qui, selon lui, l’a «privé de liberté de mouvement pour (l)’empêcher de prendre part à la campagne électorale». «Depuis cinq ans, le Peuple sénégalais subit les violences, les injustices et les échecs de la politique du pouvoir, violations des libertés publiques, recul démocratique et instrumentalisation de la justice à des fins de règlement de comptes politiques, inféodation de l’Assem­blée nationale au pouvoir exécutif», dit-il. Ça c’est pour Macky Sall. Mais indirectement, c’est aussi une pique au ministre de l’Economie, des finances et du plan par certaines allusions à la gestion de son département. Il cite, entre autres, un «endettement excessif (ratio supérieur à 62% en 2017) et déficit budgétaire hors norme (4,8% en 2016), conduisant à un niveau d’extrême fragilité budgétaire, inflation et renchérissement du coût de la vie, secteurs productifs en crise, pauvreté et précarité dans les villes comme dans le monde rural…». Bref, la tête de liste nationale de Mts note qu’«en cinq ans, notre pays a été abîmé et abaissé» et qu’«il faut le relever».
Khalifa Sall d’ajouter : «N’en déplaise à mes adversaires politiques, même en détention, notre projet est en mouvement. (…) Je participe à cette campagne électorale pour faire valoir mes droits politiques. Je participe à cette campagne électorale malgré l’acharnement et l’emballement judiciaire sans précédent dans l’histoire de notre pays. Je participe à cette campagne électorale parce que je n’accepte ni la résignation ni le silence auquel le pouvoir veut me réduire.»
Il propose, avec sa coalition, de «construire ensemble la force de l’élan nécessaire pour redresser le Sénégal et l’installer dans une trajectoire qui rassemble et élève ses filles et ses fils dans un destin commun» et invite les Sénégalais à «rejeter l’idée que des combinaisons d’appareils puissent confisquer la souveraineté populaire et pour transformer l’Assemblée nationale en une institution où la volonté du Peuple s’exprimera sans entrave ni injonction».
hamath@lequotidien.sn

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