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Le maire de Dakar, Khalifa Sall, n’est pas d’accord avec la tenue des élections législatives au 30 juillet prochain. A l’émission Grand Jury de la Rfm diffusée hier, il s’est également prononcé sur l’arrestation de Bamba Fall et Cie, ainsi que sur l’affaire Barthélemy Dias.

Initialement prévues au 2 juillet, les prochaines Législa­tives devraient se tenir finalement le 30 du même mois. Le maire de Dakar n’est pas d’accord avec cette décision prise par le décret N° 2017-171 du Président Macky Sall. Pour Khalifa Sall, l’argument avancé par certains partis politiques sur une coïncidence de la première date avec le Ramadan ne tient pas la route. Hier, à l’émission le Grand Jury de la Rfm, il s’est interrogé : «On peut faire la campagne pendant le Ramadan où est le problème ?». En revanche, il y voit une entrave à la date retenue pour la tenue de ces échéances. «Le 30 juillet, certaines régions du Sénégal  auront commencé à aller aux champs. Il sera difficile de mobiliser les gens.»  Alors, pour cette raison, le socialiste a indiqué qu’il est «pour le respect des textes. C’est-à-dire de faire en sorte que les élections aient lieu avant le 30 juillet.»
Sur les accusations de Manko Wattu Sénégal qui parle de «fraude électorale» en vue, à tra­vers les  nouvelles inscriptions, le secrétaire à la vie politique du Parti socialiste pense que «c’est assez douteux». Parce que, dit-il, «à l’intérieur du pays, le spectacle que je vois n’inspire pas confiance et ne suscite pas d’espoir. Parce que les gens n’arrivent pas à s’inscrire».
Sur le débat relatif à la suppression du stock mort du fichier et qui a divisé la majorité et l’opposition, le camarade de Ousmane Tanor Dieng estime que «c’est un faux débat, un faux problème». Pour lui, vouloir priver ces Sénégalais de leur droit «est une violation de leur liberté. Parce que tous ces citoyens ne sont pas morts. Ils n’ont pas disparu. Le vote n’étant pas obligatoire, les gens peuvent s’inscrire et ne pas aller au vote».
Contrairement à Mamadou Diop Decroix et Cie qui récusent Abdoulaye Daouda Diallo com­me organisateur des élections, M. Sall n’a «jamais eu de problème pour ça. Ce n’est pas mon combat», dit-il. En lieu et place de ce débat, il demande aux partis politiques, à la Société civile d’aller s’occuper des inscriptions, «s’ils ne veulent pas avoir de mauvaises surprises». Sur l’idée de Abdoulaye Makhtar Diop qui avait déclaré que Bamba Fall et ses camarades auraient dû être exclus du parti à la place de la «judicialisation» de cette affaire, il lave ses camarades. Il dit : «Ça c’est une décision du parti. Il faut qu’on ait, nous, violé des textes pour qu’on nous exclue.» Il a par ailleurs regretté que «ce problème politique ne soit pas discuté en interne».
La demande de levée de l’immunité parlementaire de Ami­nata Diallo, tout comme la réactivation de l’affaire Ndiaga Diouf seraient pour Khalifa Sall, les manifestations d’un acharnement qui ne dit pas son nom. Sur le cas spécifique du maire Bar­thélemy Dias, il se deman­de : «Pourquoi a-t-on attendu six ans, et que les positions politiques de Barthélemy, ses propos, son comportement aient évolué pour pouvoir le juger maintenant ?» Il a réitéré au cours de l’émission qu’il ne démissionnera jamais du Ps. Mais aussi que le Ps aura un candidat à la Présidentielle de 2019, sans dire s’il s’agira de lui ou de quelqu’un d’autre.
Eloges pour Wade
Pour l’invité du Grand Jury, le Sénégal a beaucoup régressé depuis Senghor et Diouf, voire même Wade. Le dirigeant socialiste a indiqué une fois de plus qu’il regrettait l’époque du président Wade, même si les relations avec ce dernier n’avaient pas toujours été faciles en leur temps. Néanmoins, souligne-t-il, «Wade avait l’intelligence du chef. Il avait l’intelligence de vous appeler, de vous écouter. On ne s’entendait pas toujours sur tous les plans, mais on se parlait». Il a ainsi informé que la mairie de Dakar avait des projets communs d’investissement avec le gouvernement, du temps de Wade. L’un de ces projets était, comme par hasard, de faire un tramway. Définitivement enterré avec le Ter du président Macky Sall.
 msakine@lequotidien.sn

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