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Hier, devant la barre du Tribunal correctionnel, le député-maire de Dakar, Khalifa Sall, poursuivi dans l’affaire de la caisse d’avance, a révélé qu’il ne reçoit ni courrier ni convocation de l’Assemblée nationale.

L’interrogatoire dans le dossier de la caisse d’avance de la ville de Dakar s’est poursuivi hier sous la direction du juge de la Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar. Le député-maire a été interpellé sur le respect ou non de ses droits parlementaires par l’un de ses avocats, en l’occurrence Me Ndèye Fatou Touré. Alors, la réponse de l’élu de la coalition Manko taxawu Senegal, investi alors qu’il est en prison, a été catégorique : «Jamais ! Je ne reçois ni courrier ni convocation de l’Assemblée nationale. Mais j’ai fait une procuration à Cheikh Bamba Dièye pour régler les diligences.» Réagissant à des questions sur la nature des fonds incriminés, le prévenu réitère : «Ce que nous gérions, c’étaient des fonds politiques. Le réceptacle de tout cela, ce sont les dépenses diverses et, à la pratique, l’Etat l’a validé.» Toujours d’après l’édile de la ville de Dakar, jusqu’ici, il n’existe pas de décret qui organise les fonds spéciaux, les fonds secrets et autres.

«Je n’ai pas de prête-nom, tous mes biens sont traçables»
Khalifa Sall a par ailleurs rappelé avoir fait sa déclaration de patrimoine en 2009 et en 2014 qu’il a déposée à l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac). «Ce patrimoine, il n’est pas trop important. Je suis quelqu’un qui ne s’est jamais intéressé à l’argent et aux biens matériels. Je ne suis pas dans un offshore et je n’ai pas de prête-nom. Mes biens, tout est traçable», a-t-il dit. Il a cité deux maisons à Dakar, un terrain et trois comptes bancaires. Avant lui, c’est l’ex-percepteur municipal, Mamadou Oumar Bocoum, qui a répondu aux questions de la défense. Ayant travaillé avec l’ancien maire, Pape Diop aussi, il a reconnu avoir utilisé la même méthode. Mais, selon lui, il s’agit d’une caisse d’avance. Par rapport aux justificatifs fournis par la mairie pour le décaissement, il souligne que toutes les formalités ont été respectées. «Ce que j’ai fait, je l’ai fait en conformité avec la loi», s’est-il défendu.
Et M. Bocoum, ancien conseiller financier de Khalifa Sall aussi, de renchérir : «Je n’ai pas vu dans le budget de la mairie une ligne fonds politiques.» A sa suite, le Directeur administratif et financier (Daf) a répondu à plusieurs questions des avocats du maire de Dakar. «Connaissez-vous la nommée Fatou Binta Camara ?», interroge Me Ndeye Fatou Touré. «Elle était, dira Mbaye Touré, chef du bureau du marché des commandes et rapporteur de la commission pendant la période incriminée, c’est-à-dire 2011-2015.» Et Me Touré de continuer : «Elle n’a pas été poursuivie, ni traduite devant le Tribunal, quel est votre commentaire ?» Mbaye Touré répond : «Je n’ai pas de commentaire particulier.»
msakine@lequotidien.sn

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