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Il y a 6 ans, la Sodagri et les acteurs de la vallée de l’Anambé, région de Kolda, avaient élaboré une charte du domaine irrigué de ladite vallée. Histoire de faire observer des comportements consensuels, respectueux de l’environnement à tous les acteurs. Non appliquée depuis, la Sodagri et son nouveau partenaire le projet Tiers sud bey daare ont décidé de dépoussiérer son contenu et l’adapter aux exigences du moment. A l’occasion de la rencontre tenue à Mampatim, le maire de Dialambéré, Bouna Koïta, a mis l’index sur les dangers liés à l’utilisation incontrôlée des pesticides.

L’agriculture conventionnelle est un des plus gros clients des industries chimiques. En tous les cas, les producteurs du basin rizicole de l’Anambé sont de gros usagers des pesticides pour la lutte contre les parasites et les herbes sauvages. Aussi, le maire de la commune de Dialambéré, Bouna Koïta, a-t-il alerté contre leur usage incontrôlé. «Avec les pesticides nous sommes en train de jouer avec le feu. Nous connaissons tous les dangers liés à l’usage incontrôlé des pesticides par rapport à la terre, à l’environnement, à l’eau, à l’air, à la pollution de nos produits halieutiques. La loi interdit la vente des pesticides sans licence, sans agrément de ces produits phytosanitaires dangereux.» Il a fait cette alerte, le mardi dernier, à Mampatim lors d’une rencontre axée sur l’«Evaluation de la charte du domaine irrigué de l’Anambé». Faisant face aux techniciens de la Sodagri et du projet Tiers sud bey daare (initiateurs de la rencontre), à des producteurs, à des éleveurs, à des pêcheurs et à des autorités locales et administratives, l’élu local a poursuivi : «Il y a la présence des crocodiles dans la mare de Dialambéré, une espèce faunique très protégée par les conventions internationales, tout comme les chimpanzés. Quand on n’aménage pas l’habitat de ces animaux, il peut survenir des accidents aussi bien pour les personnes que pour les animaux. Il est important, au moment d’aménager les périmètres, d’établir une charte portant intérêt à la faune et à la flore parce que nous sommes aussi là pour la biodiversité des écosystèmes.»
La charte du domaine irrigué de l’Anambé en question était élaborée et validée en septembre 2014, mais n’a pas fait l’objet d’application, faute de financement. L’avènement du projet Tiers sud bey daare dans la zone a été mis à profit par la Sodagri pour la dépoussiérer, avec la participation de tous les acteurs qui étaient là au moment de sa rédaction. Mais Mahmoud Ndiaye, point focal du Tiers sud bey daare à la Sodagri, estime pour sa part qu’ «avant de chercher à appliquer cette charte du domaine irrigué, 6 ans après son élaboration, il faut savoir s’il est toujours actuel dans son contenu, voir si l’engagement des différents ac­teurs, les collectivités territoriales, l’Adminis­tration est toujours de sai­son. Egalement voir si des obstacles pourraient se dresser dans son application et faire de nouvelles recommandations, si nécessaire. En somme, il s’agit de réviser la charte, la vulgariser avant son application éventuelle».
La charte contient les droits, devoirs, critères d’accès, modes d’exploitation et engagements des acteurs de la vallée rizicole à cheval entre les départements de Kolda et de Vélingara pour une meilleure exploitation de ses ressources diverses (foncière, faunique, florale, hydrique, halieutique), garantissant leur durabilité. En somme, un document de bonne gouvernance du domaine et de l’environnement.

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