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Le trafic de bois constitue un fléau qui menace tout l’écosystème national. En attendant, le gouvernement veut jouer la carte de la diplomatie pour essayer de contrer les trafiquants.

Les forêts du Sud continuent d’être ravagées par les trafiquants de bois malgré les différents efforts de l’Etat pour préserver l’écosystème. Constatant avec amertume leur destruction continue, le ministre de l’Environnement joue la carte diplomatique en insistant sur les discussions «sérieuses» que mènent les autorités sénégalaises et gambiennes sur la question, qui a longtemps envenimé les relations entre les deux pays. «Je considère que la voie diplomatique pourra bien jouer sa partition dans ce combat», annonce le ministre de l’Environnement et du développement durable. Mais, il faudra surtout renforcer la surveillance de la frontière entre le Sénégal et la Gambie dont la porosité profite évidemment aux coupeurs de bois. «Les trafiquants ont érigé ici des dépôts de bois à exporter vers la Gambie et ailleurs à partir du département de Médina Yoro Foulah», dit M. Sall. Surtout que ce département de la région de Kolda partage plus de 230 km de frontière avec la Gambie. Ce qui permet aux trafiquants d’être dans une situation confortable pour venir détruire les massifs forestiers le long de cette zone. En visite à Kolda, M. Sall a annoncé aussi le renforcement de la collaboration avec la Guinée-Bissau et la Guinée, qui sont aussi dans la même situation.
A la tête d’une forte délégation, le ministre de l’Environnement est venu constater le niveau d’exécution des missions assignées aux agents de la lutte contre le trafic illicite du bois. «Dans le cadre de la traque des délinquants forestiers, beaucoup de résultats ont été enregistrés comme les saisies de bois et du matériel de coupe et d’évacuation.» Une satisfaction pour le ministre, qui engage ses hommes à néanmoins redoubler d’effort. «Nous sommes dans une farouche opposition à ces délinquants de la forêt qui apparemment n’auront de répit que quand ils auront fini de décimer nos forêts», alerte l’ancien Directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et postes (Artp). Abdou Karim Sall, qui a visité les périmètres aménagés de Kandiator et la forêt classée de Bakor dans l’arrondissement de Fafacourou, avant de boucler sa tournée par les locaux du service du secteur forestier de Médina Yoro Foulah, où sont entassées d’importantes quantités de bois et matériel arrachées des pilleurs, s’est rendu compte de l’étendue du désastre.

ehcoly@lequotidien.sn 

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