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Le phénomène des grossesses précoces en milieu scolaire inquiète les populations. Le Réseau des enseignantes de Kolda va en guerre contre ce mal en déroulant diverses stratégies.

Dans la région de Kolda, le combat est engagé contre les grossesses précoces en milieu scolaire. Les enseignantes ont décidé de combattre ce fléau qui brise l’élan de plusieurs jeunes, contraintes d’abandonner leurs études. Réunies en réseau, elles ont démultiplié cette structure jusque dans le monde rural où elles ont des antennes chargées d’abord d’encadrer l’éducation des filles par la sensibilisation et l’accompagnement dans leurs difficultés scolaires. Une sorte de bouée de sauvetage pour permettre à ces enfants de bénéficier des conditions nécessaires pour réussir à l’école.
Dans ce combat, les enseignantes préfèrent guerroyer dans l’anonymat «pour éviter d’être prises au dépourvu». Le ton est pourtant très solennel : «Aux auteurs de ces grossesses en milieu scolaire, le Réseau des enseignantes promet l’enfer. La dénonciation et la poursuite en justice sont des armes que nous utiliserons pour protéger et sauver les jeunes filles.» Pourtant, ces enseignantes sont conscientes des difficultés auxquelles elles doivent faire face comme le puritanisme de certaines familles et le poids des conciliabules dans une société restée très traditionnelle. «Le masla, étant une pratique intégrante de nos sociétés, bloque les élans de la dénonciation. Mais le réseau cherche vaille que vaille à contourner cette difficulté en plaçant partout des relais discrets capables de dénicher les faits cachés et obscurs. Ici, les comités de gestion des écoles, les directeurs et chefs d’établissement, et les élèves sont tous impliqués dans ces stratégies de lutte contre les grossesses précoces en milieu scolaire», poursuivent les initiatrices de ce mouvement, frappées par les résultats de l’enquête de Human rights watch.
Interpellé sur les véritables auteurs de ces grossesses, le réseau met tout le monde dans le même sac. «Les enseignants, les hommes de tenue, les ouvriers, les élèves eux-mêmes et les étudiants, et autres hommes» sont cités par le réseau qui s’emble bien déterminé à combattre le phénomène dans cette région où de nombreuses jeunes filles quittent les classes à cause de grossesses non-désirées. «D’ailleurs dans les établissements, des clubs de jeunes filles seront institués et encadrés par des enseignantes et enseignants aguerris et rompus à la tâche. C’est pourquoi il est préférable d’interdire des activités comme les soirées dansantes ou le port de certaines tenues lors des journées culturelles de l’établissement. Autant de mesures qui placeraient la fille scolaire loin du regard d’un loup à la recherche d’une proie», insistent les enseignantes de Kolda.
ehcoly@lequotidien.sn

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