PARTAGER

La lutte contre les mutilations génitales féminines produit des résultats dans le Fouladou. 117 villages ont décidé d’enterrer les couteaux et les lames qui servaient à exciser les filles.

Sous la conduite de l’Ong Tostan, des populations du Fouladou ont déclaré avoir abandonné l’excision. Ce sont principalement les villages des communes rurales de Mampatim, Dabo, Saré Bidji, Dioulacolon, Tankanto Escale, Médina Elhadj, Thiéty, Médina Chérif, et Dialambéré qui s’engagent résolument contre les pratiques de l’excision. Ainsi, à travers la diffusion organisée par les comités de gestion communautaire et les différentes équipes de mobilisation sociale, ces 117 villages rejoignent le mouvement historique initié depuis le 31 juillet 1997 à Malicounda Bambara dans le département de Mbour. Les populations de ces villages, hommes et femmes, garçons et filles, ont manifesté ensemble leur prise de conscience face aux dangers de l’excision. Le rendez-vous de Thiara était une tribune pour appeler les résistants à tourner le dos à l’excision.
Ici, les conséquences néfastes de cette pratique traditionnelle et culturellement ancienne sont exposées au public par Mariétou Baldé, agent de santé et con­seillère municipale à Dialam­béré. L’hémorragie est l’une des causes de décès des jeunes excisées. Ce qui fait monter au créneau l’infirmière-chef de poste de santé de Thiara qui invite les populations à protéger les filles pour leur permettre d’avoir une vie normale. Ainsi, Binta Faye Guèye explique que l’excision se fait sans anesthésie. Et cela crée beaucoup de douleurs chez la victime. De l’avis de Mme Guèye, des filles excisées accouchent dans des difficultés notoires avec parfois un long écoulement de sang. Dans la même foulée de l’abandon de l’excision, les populations disent non aux mariages d’enfants. Debout comme un seul homme, ces populations ont aussi décidé de tourner le dos aux mariages forcés ou précoces. A cela, les filles sont invitées à rester loin des garçons qui, eux, sont demandés de les encadrer pour participer à leur épanouissement.
Devant les autorités administratives, politiques, locales, scolaires et les responsables coutumiers et religieux, la déclaration d’abandon de l’excision et des mariages forcés ou précoces est lue par une collégienne, invitant la communauté à aider ces enfants à grandir dans un espace sans ces pratiques traditionnelles. D’ailleurs, le préfet de Kolda n’a pas manqué de rappeler les dispositions de l’Etat face à ce fléau qui bloque le cursus scolaire des filles. Matar Diop promet d’accompagner ces communautés dans ce combat pour le respect des droits des enfants.
elcoly@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here