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Souleymane J. Diop, Sec. d’Etat au Pudc : Patoulane se plaint de l’absence d’infrastructures.

Les populations du village de Patoulane situé dans la commune de Fass Coto dans le département de Koumpentoum sont fatiguées. Dans ce patelin où se réveillent plus d’un millier d’âmes, les conditions de vie des populations y sont moyenâgeuses. Les femmes n’ont aucun moulin à mil dans le village et continuent toujours de moudre les graines à la main. Les pistes de production sont chaotiques, comble de tout, il n’y a que trois puits pour alimenter le village et ses environs en eau. Et malgré cela, ce sont les ânes et les chevaux qui tirent les cordes car, les puits sont profonds. Il faut au moins compter sur les 55 voire 60m pour arriver à l’eau, témoigne Khady Ndao, une responsable des femmes du village. Ce qui fait que les populations sont encore loin de voir le bout du tunnel.

Parler du Programme d’urgence pour le développement communautaire (Pudc) à Patoulane équivaudrait à prêcher dans le désert. Les populations de cette contrée sont tellement fatiguées qu’il serait quasi impossible de leur faire croire qu’il y a pourtant un programme mis en place par le gouvernement pour alléger la souffrance des populations rurales. Dans ce village où pourtant plusieurs centaines de personnes se réveillent, les conditions de vie y sont très difficiles et même moyenâgeuses. Surtout chez les femmes à qui revient le plus gros du travail. Ici, pour trouver de l’eau pour la boisson ou pour se laver ou laver ses habits, il faut tirer sur une corde dans un trou de plus de 50m, si l’on n’a pas un âne ou un cheval pour les substituer à l’homme.
Deni Ndao, trouvé au bord du puits avec son garçon avec qui il se relaie derrière l’animal, expli­que : «c’est comme ça que nous puisons. On attache la corde derrière l’âne ou le cheval qui est suivi de quelqu’un pour tirer sur la corde. Et on se relaie assez souvent, car l’exercice est difficile».
Khady Ndao, habitante du village et présidente du Conseil consultatif des femmes de la commune martèle, atterrée : «nous sommes fatiguées et demandons soutien. Surtout nous les femmes, nous sommes obligées de nous lever tôt le matin pour pouvoir avoir de l’eau. Les puits sont trop profonds et épuisent les forces des femmes qui n’ont presque plus de mains pour tirer sur les cordes. Les plus nanties sont celles dont les maris ont des bêtes de somme pour se substituer à l’homme et tirer les cordes sinon, c’est vraiment la galère».
A côté du problème de l’eau, Khady évoque le manque de moulin à mil dans son terroir. «Dans tout le village, il n’y a même pas un seul moulin à mil», explique-t-elle. «Ici, les graines sont moulues à la main, avec beaucoup de peine. Ce qui fait que les femmes du village sont fatiguées et désappointées». Et pourtant, soutient Khady, «il nous est annoncé qu’il y aurait un ‘’programme’’ qui travaille pour aider les populations rurales. Rien n’est fait pour notre village qui, pourtant, demeure l’un des plus grands de la commune».
Entre autres difficultés, la présidente des femmes de Patoulane souligne aussi le manque d’électricité, le manque d’infrastructures sociales de base, l’absence de financement des femmes, le manque de formation et d’accompagnement, etc. «Seule l’Asso­cia­tion pour le développement et la solidarité intégrée (Asdi) qui est financée par des Allemands nous vient en aide en finançant le projet pour l’alphabétisation des femmes et leurs activités génératrices de revenus, rien de plus», renseigne-t-elle.
Patoulane souffre et souffre encore, sans voir de sauveur, fulmine Khady Ndao qui a dit pourtant s’en être ouverte partout mais toujours sans suite favorable.
afall@lequotidien.sn

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