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Ngaka Blindé, de son vrai nom Baba Ndiaye, et son co-prévenu Khadim Thiam, poursuivis pour une affaire de faux billets, seront désormais jugés par le Tribunal correctionnel. La Chambre criminelle qui avait le dossier s’est déclarée hier incompétente.

Le sort de Ngaka Blindé est confié au juge du Tribunal correctionnel, car la Chambre criminelle qui avait le dossier s’est déclarée hier incompétente à juger cette affaire. Le président de séance répond ainsi favorablement à la requête du Parquet qui avait soulevé une exception d’incompétence lors de la dernière audience. Le ministère public s’est fondé sur la nouvelle loi du 23 février 2018 qui a été publiée au Journal officiel le 14 mai 2018. Si on se réfère à ladite loi, les faits reprochés aux prévenus ne sont plus de la compétence de la Chambre criminelle qui s’était saisie en premier. Le procureur Saliou Ngom qui avait formulé la demande avait expliqué que c’est soucieux de préserver les intérêts des accusés. Il estime que cette nouvelle loi dont il a évoqué est plus douce que l’ancienne. Il avait dit : «L’article 119 du Code pénal qui aujourd’hui est abrogé par l’exécution de la loi 2018 prévoyait une peine de travaux forcés à perpétuité. La nouvelle loi prévoit une peine de travaux forcés de 10 à 15 ans.»
Mais pour les avocats de la défense, le Parquet omet de dire que le dossier a été enrôlé au mois d’août. Ils ont déploré le fait que leur client paye aujourd’hui les frais d’un «manquement» causé par le maître des poursuites. Pour Me Aboubacry Barro, «c’est dommage. C’est ce que l’on décrit toujours, ces détentions souvent illégales à la limite arbitraires, car si le Parquet n’avait pas été carrant, le dossier allait être enrôlé par-devant le Tribunal correctionnel d’autant plus que la loi a été publiée au mois de mai et l’affaire a été enrôlée au mois d’août. Le Parquet a fait preuve de manquement grave voire de carence dans la démarche et cela a porté préjudice à notre client». Et de renchérir : «Nous allons faire les diligences et saisir le greffe pour que le dossier soit enrôlé dans les meilleurs délais, à la plus prochaine audience de la Chambre correctionnelle. Il y a une audience le 28 septembre. Il y a d’autres audiences qui seront programmées au mois d’octobre. C’est une question de semaines voire de mois et le dossier sera enrôlé d’ici là.»
L’autre jour, à la suite de l’exception d’incompétence soulevée, la défense avait émis une demande de mise en liberté provisoire qui a été rejetée par le juge. Le Parquet qui s’était opposée à la requête n’a pas manqué de donner ses raisons. «Ce sont des faits extrêmement graves qui ont profondément troublé l’ordre public et qui continuent de le troubler. Leur mettre en liberté provisoire serait une décision injustifiable. Les faits resteront criminels, la qualification ne change pas. C’est la compétence qui a changé. C’est la juridiction de jugement qui change. On ne peut pas réprimer des crimes et des délits de la même façon. La loi, c’est la loi. On est obligé de se plier à la volonté de la loi», s’était défendu le parquetier Saliou Ngom. Et devant l’épreuve, Ngaka Blindé reste confiant et remet tout entre les mains de Dieu, a confessé son conseiller, Me Barro. Lui et son co-prévenu, Khadim Thiam sont poursuivis pour une affaire de faux billets de banque.
msakine@lequotidien.sn

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