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Empty plastic bottles are pictured in a specific container for plastic, on March 7, 2013 in Mulhouse, part of waste sorting. AFP PHOTO / SEBASTIEN BOZON / AFP PHOTO / SEBASTIEN BOZON

Le gouvernement a adopté une loi qui entrera en vigueur le 20 avril prochain et qui interdit l’usage de certains produits fabriqués à base de matière plastique, en vue de préserver l’environnement. Les conséquences sociales risquent d’être dramatiques. Les micro-industries produisant de l’eau en sachet vont disparaître, avec des pertes d’emplois, les jeunes hommes et femmes qui vendent ces sachets d’eau vont devoir chercher un autre travail. Les organisateurs d’évènements familiaux (mariage, baptême, décès…) ne vont plus avoir la possibilité d’offrir à leurs hôtes de l’eau ensachée. Ce qui a jusqu’ici constitué une pratique hygiénique sans faille. Qu’est-ce qu’on offrira aux hôtes si les sachets d’eau, les tasses, verres à jeter…sont interdits ? Va-t-on retourner au système qui consistait à mettre dans une tente une grande bassine d’eau glacée avec un ou deux pots que tout le monde doit utiliser pour boire ?
A côté de toutes ces questions sans réponse, la loi instaure une consigne sur les bouteilles en plastique. Cela veut dire qu’en plus du prix d’achat, l’acheteur doit remettre une autre somme au vendeur. A titre d’illustration, le client achète une bouteille de 1,5 litre et paye au boutiquier 400 F Cfa, il doit en plus donner une consigne, par exemple de 10 F Cfa. Cela reviendra à 410 F Cfa versés. Pour arriver à ce système, le ministère a fait la comparaison avec les bouteilles en verre d’un fabricant de boisson. Mais là, le fabricant ne vend que le contenu et pas la bouteille. Celle-ci une fois revenue est rincée, stérilisée et réutilisée. Or la valeur de la bouteille en plastique est contenue dans le prix de vente. Donc l’acheteur en est propriétaire. Pourquoi donc payer une consigne sur un bien qui vous appartient ? Si une telle mesure est appliquée, les prix de vente actuels des bouteilles doivent forcément baisser. Les associations de consommateurs doivent être vigilantes. J’achète 30 bouteilles d’eau minérale de 1,5 litre par mois, et après usage, je les garde pour les offrir à des femmes qui sont dans la fabrication de jus locaux. Donc je ne peux retourner ces bouteilles à mon boutiquier. Je vais en mission à l’intérieur du pays. En cours de route, j’achète des bouteilles d’eau et je paye une consigne et c’est sûr qu’après usage, je ne vais pas les transporter pour les remettre au boutiquier. La consigne laissée risque d’être un gain sans cause pour ces boutiquiers. Par ailleurs, quel papier ce boutiquier va me remettre pour que je puisse prouver que ces bouteilles sont achetées chez lui, vu l’informalité de ses activités ? Quid des supermarchés ?
La lutte contre le péril plastique est d’abord personnelle. Au lieu d’adopter des lois et de réprimer, il faut conscientiser la population par des spots télé, radio. J’ai entendu le ministre de l’Environnement dire que ce que le Rwanda a réussi, le Sénégal peut le réussir. Ce qu’il semble oublier, c’est que nous avons une population qui n’est pas disciplinée. Le Rwandais ne jettera pas une matière plastique parce qu’il encourt une peine, mais c’est par conscience personnelle, il sait qu’il ne doit pas le faire. Commençons par mettre des poubelles un peu partout et sensibilisons la population par des spots permanents dans les radios, télés, journaux, des affiches etc. C’est dix fois plus efficace que la répression pécuniaire ou pénale.
Babacar LEYE
Parcelles Assainies

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