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La Cour suprême a rejeté hier le recours de Khalifa Sall aux fins d’annulation du décret le révoquant de ses fonctions de maire de Dakar. Il reste au prédécesseur de Soham El Wardini le rabat d’arrêt qui sera au rôle mardi prochain.

Par Babacar Guèye DIOP

En attendant l’examen de son rabat d’arrêt prévu mardi prochain à la Cour suprême, Khalifa Sall sait au moins qu’il a définitivement perdu la bataille judiciaire pour le contrôle de la mairie de Dakar. Du moins, sur le plan national, car au cours d’une audience hier, la Chambre administrative de la Cour suprême a jugé «légal» le décret de révocation du maire de Dakar pris le 31 août 2018 par le Président Macky Sall, 24 heures après la confirmation de la condamnation de Khalifa Sall par la Cour d’appel de Dakar à 5 ans de prison ferme. Dans cette affaire dite de la caisse d’avance de la Ville de Dakar portant sur 1,8 milliard de francs Cfa, le prédécesseur de Soham El Wardini a été condamné en première instance le 30 mars 2018 par le Tribunal correctionnel de Dakar pour «escroquerie portant sur des deniers publics, faux et usage de faux dans des documents administratifs et complicité en faux en écriture de commerce».
Selon la Chambre administrative de la Cour suprême, le décret présidentiel pouvait intervenir même après le rapport de l’Inspection générale d’Etat (Ige) qui a demandé l’ouverture d’une information judiciaire sur la gestion de cette caisse d’avance. Cette procédure, motive le juge suprême, est différente de la procédure judiciaire. A la fin de l’audience, les avocats de Khalifa Sall ont dénoncé une «précipitation» dans la gestion de ce dossier. «La Cour suprême a déjà statué sur ce dossier. Elle sera portée le 16 juillet (jour de l’examen du rabat d’arrêt) ici, devant toutes les chambres réunies. On va revenir le 16 juillet pour statuer sur la même décision. Est-ce que les juges de la Cour suprême étaient obligés de donner une décision aujourd’hui alors que la décision définitive n’est pas encore sortie ? Les lois que nous avons évoquées peuvent s’appliquer à ce dossier. Si on a raison ou pas, qu’on nous le dise», a réagi Me Aliou Cissé du pool d’avocats de l’ex-maire de Dakar qui n’exclut pas de saisir la Cour de justice d’Abuja.
Le recours introduit par les avocats de Khalifa Sall visait l’annulation de ce décret pour «violation de l’article 135 du Code des collectivités territoriales, man­que de motivation et absence d’audition préalable de Khalifa Sall avant sa révocation».
bgdiop@lequotidien.sn

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