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Si du côté des parties civiles on crie victoire, la défense est amère. Même si on exprime une petite satisfaction sur l’acquittement de Habré pour la commission du crime de viol sur Khadija Zidane. Sur la confirmation de la peine, Me Mbaye Sène dit prendre acte. Tout de même, l’avocat exprime son désaccord sur l’arrêt rendu par la Cour d’appel et qualifie les réponses données pour rejeter les appels de la défense d’évasives. Il en veut pour preuve le défaut d’identification des témoins. «Dans une juridiction si vous êtes cités comme témoins, la Chambre de jugement doit procéder à la vérification de votre identité. Aucun témoin n’a été soumis à cet exercice. Or c’est sur la base de ces témoignages qu’on a établi la culpabilité de Habré. Tout le monde est d’avis que c’est un mauvais procès qui a été fait à Habré. Car aucune démonstration de sa culpabilité n’a été faite», dénonce l’avocat commis d’office. Me Sène cite également l’absence de réponse à l’exception de nullité que la défense a soulevée. En réalité, révèle-t-il,  «vous ne verrez nullement une réponse donnée par cette chambre à l’exception de nullité de toute la procédure qui a été soulevé par la défense et par écrit dès la première audience du 7 septembre. Quand une juridiction est saisie d’une affaire et qu’une exception est soulevée, cette juridiction ne peut pas statuer au fond sans régler le sort de l’exception. Or, cette exception nous l’avons soulevée à l’audience du 7 septembre et par écrit, la chambre n’y a pas répondu. En plus le résumé ne porte aucune réponse à cette exception. Alors sur quoi la Chambre d’appel se fonde-t-elle pour dire que la Chambre d’instance avait répondu à cette exception», s’interroge la robe noire. Poursuivant son argumentaire, Me Sène indique que la «seule décision rendue sur l’action publique n’a été mise à la disposition de la défense que deux mois après son prononcé. Il n’y avait que le résumé qui était disponible. Et celui-ci  ne portait aucune réponse à cette exception», tonne-t-il. Pour lui, la Chambre d’assises a tout simplement triché en sortant deux mois après une décision sur laquelle il y avait une prétendue réponse à l’exception alors que sur le résumé qui a été lu ici devant tout le monde ne comporte aucune réponse à cette exception.  Fort de ce constat, l’avocat indique que ces réponses servies par la Cour d’appel, pour rejeter les moyens d’appels, ne nécessitaient pas vraiment l’organisation d’une session d’appel parce qu’en réalité, la Chambre n’a pas répondu à nos appels.
ndieng@lequotidien.sn

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