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Malick Gackou et Aliou Sall.

Dans la banlieue dakaroise, dotée de 8 députés (Pikine 6 et Guédiawaye 2), la bataille Aliou Sall-Malick Gakou est le clou de cette élection qui mettra en compétition, selon le poids des coalitions, Manko, Wattu et Bby.

«Malick Gakou-Aliou Sall : le derby de Guédiawaye». En pataugeant dans les eaux de Guédiawaye, Malick Gakou montre à travers ce cliché qui a fait la Une des médias les limites de la gestion de Aliou Sow et accessoirement du régime actuel. Un bilan qui couronne trois années «d’échec» de l’équipe municipale actuelle. Cette communication habile le servira-t-il ce dimanche ? Entre lui et Aliou Sall, c’est la reconduction du scénario des Locales 2014 en positions inversées. Le frère du Président Sall a été contraint de renoncer à ses prétentions de devenir député. Alors que Malick Gakou est la tête de liste de la coalition Manko taxawu senegaal du département de Guédiawaye. Ils ont appartenu à la même coalition, mais Malick Gakou et Aliou Sall, de simples rivaux, sont devenus franchement de véritables ennemis politiques dans ce département. Aujour­d’hui, l’inimitié entre les deux hommes est à son paroxysme.
Les élections législatives devaient lui servir de tremplin. Et c’est peu dire que l’ex-ministre des Sports et du Commerce, devenu l’épouvantail préféré des Apéristes, mise beaucoup sur ce scrutin pour définitivement asseoir son ascendant sur le maire de Guédiawaye et se projeter sur 2019. Cette élection permettra de savoir le poids réel du leader du Grand parti qui cherche pour la première fois un mandat électif dans sa base, car son élection à la tête du Conseil régional de Dakar en 2009 ne portait pas le sceau de Guédiawaye.
En revanche, il soupire de rage depuis son mauvais casting de 2014 en renonçant volontairement à la conquête de la mairie qui a ouvert un boulevard au petit frère du président de la République contre lequel il a visiblement gardé une rancœur tenace. Dans son discours, il dénonce bien sûr cette patrimonialisation de l’Etat et la promotion d’un parachuté. En écho, Aliou Sall essaie de casser ce récit bien rodé de son rival qui entonne toujours cette formule fétiche pour montrer qu’il est un enfant authentique de Gué­dia­waye. Tel un gladiateur, Malick Gakou qui a obtenu une stature nationale depuis la création de son parti cherche la martingale dans la banlieue dont il est «l‘effigie» politico-sportive.
«La bataille de Pikine». Bien qu’il soit candidat à Guédiawaye, Malick Gakou espère faire triompher Manko à Pikine où les enjeux sont très prononcés. Ici, la confrontation ne sera pas pratiquement personnalisée, mais la coalition Manko, qui a investi Idrissa Diallo comme tête de liste dans ce grand département doté de 6 députés, devra jouer des coudes pour asseoir un certain score. Maire de Dalifort, il devra harnacher parce que l’aura et la popularité de Khalifa Sall n’ont pas le même écho dans cette partie de la banlieue, contrairement à Dakar. En face, Pape Sagna Mbaye de Benno, un revenant de la vie politique pikinoise, défénestré de sa mairie pour faire de la place à Abdoulaye Thimbo, et Bara Gaye et Ndèye Ndiaye «Tyson» de la Coalition gagnante/Wattu Senegaal dont ses grands challengers à Pikine, traversée par des divisions croissantes à la veille d’une Législative qui s’annonce sanglante. Même si le Pds et l’Apr se partagent pratiquement toutes les mairies du département, il est peu probable que cet équilibre soit toujours réel après le débauchage de certains investis de la coalition gagnante (Daour Niang Ndiaye et Aminata Lô Dieng). Mais les indications du passé et des forces en présence actuelles ne valent pas tripette durant un scrutin. A dimanche alors !

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