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A plus de 800km de Wuhan, Shanghai, l’un des poumons économique de la Chine, semble comme asphyxié par le coronavirus, l’indice boursier chinois a justement brutalement chuté jusqu’à 9% au matin du 9 mars 2020, signe d’une économie en détresse, un phénomène confirmé par les autorités.
L’épidémie à un impact croissant sur l’économie en particulier sur la consommation, cela a un effet conséquent sur les trans­ports, la culture et les voyages, les hôtels et les restaurants ou sur les cinémas et les divertissements.
Des secteurs entiers de l’économie chinoise sont mis à l’arrêt, les provinces touchées par le virus représentant 50% du Pib chinois ; les grandes compagnies aériennes ont suspendu leur vol en direction et en provenance de la Chine, même les géants comme Google, Starbuck ou encore Apple ont fermé boutique dans le pays.
En Italie du nord, une grande partie de la région a été mise en quarantaine jusqu’au 03 avril prochain ; une mesure qui concerne près de 16 millions de personnes dans le but d’enrayer l’épidémie alors que le nombre de personnes infectées est passé à plus de 10000 dont 600 décès. Les écoles, musées, gymnases et autres lieux publics demeurent fermés dans l’ensemble du pays, d’autres dirigeants européens ont affirmé que des mesures pareilles à celles prises par l’Italie pourraient être prises très prochainement. Partout à travers le monde, plusieurs navires de croisière sont toujours concernés par des mesures de confinement, des concerts annulés, la sortie de plusieurs films a été reporté dans les salles de cinéma.
Chômage technique, faillite et licenciement, face à la propagation du Covid-19, le ministre français de l’Economie et des finances, Bruno Lemaire, décrète l’Etat d’urgence économique.
En France des chefs d’entreprise, des représentants des secteurs de l’industrie, du transport et du tourisme sont touchés de plein fouet.
Face à la presse, le ministre français de l’Economie et des finances affirme que l’épidémie de coronavirus aura un impact sévère sur l’économie française.
La Chine, marché gigantesque et atelier du monde entier, aujourd’hui à l’arrêt, impacte toute l’économie mondiale, le mécanisme se grippe et des mesures contraignantes pourraient être appliquées en Italie, en France, en Allemagne et aux Usa.
Une incertitude affole les marchés mondiaux, les cours du pétrole s’effondrent, les bourses dévissent. Des économistes craignent même une nouvelle grande dépression comme celle des années 1930.
Les experts européens et américains ont pris les devants pour trouver des solutions de sortie et éviter une crise économique à travers des prévisions budgétaires et des plans protectionnistes.
En Afrique, où dans la plupart des pays, les systèmes de santé sont faibles et mal préparés pour y faire face, les dirigeants sont désarmés mais arrivent quand même à prendre certaines mesures.
Les populations ayant pris le train en cours sont conscientes de la situation et sont fortement impliquées par les mesures d’hygiène et de prudence.
Etant le continent le moins frappé par l’épidémie, les dirigeants et les entrepreneurs économiques des pays africains sont cependant très inquiets quant à l’avenir économique. En effet, ici la plupart des pays sont fortement dépendants des importations, principalement de la chine et des autres grandes puissances.
Le Sénégal, où particulièrement le secteur du tourisme commençait à s’imposer comme un véritable moteur de l’économie, se verra progressivement prendre des mesures restrictives. En effet, selon le ministre de l’Economie et du plan, Amadou Hott, les secteurs du voyage, des échanges internationaux et du commerce intérieur sont menacés fortement par le propagation de l’épidémie, ce qui donne un coup dur à l’Economie national.
Tout porte à croire que les pays pauvres ont plus à perdre dans cette nouvelle crise, ceci est dû surtout au manque de vision des dirigeants qui restent le plus souvent sur la défensive, avec moins de cartes en mains et sont très dépendants de l’extérieur.
Les Usa qui ont dépassé la barre des 1200 contaminés, dont plus de 40 décès, ont décidé de suspendre tous les vols venant de l’Europe et des autres pays à fort taux de contamination à partir du vendredi 13 mars 2020, pour limiter les risques.
Le Sénégal serait-il prêt à adopter une telle mesure ?
Quel sort attend nos pays pauvres si la pandémie arrivait à se généraliser ?
Nos gouvernants ont-ils initié des plans d’actions offensifs quant à la situation économique et sanitaire ?
Adolphe Thiers, dans l’histoire de la révolution Française (1841), disait : «Le sort de la faiblesse est d’être partout dépendant.»
En mai 2019, les exportations du Sénégal, selon l’Ansd, ont été évaluées à 191,3 milliards de F cfa contre des importations d’une valeur de 419,5 milliards de F Cfa, ce qui donne un aperçu sur le degré de dépendance économique.
Il serait peut-être temps pour nos pays de prendre de la hauteur et de changer de fonction économique.
Ainsi, si le pays dépend très grandement des importations en provenance de la Chine ou des autres pays développés, alors que ces pays risquent bientôt de vivre en autarcie, il sera doublement lésé.
Selon le docteur Abdou­rahmane Diouf, ça doit être une excellente opportunité, pour le Sénégal, de réfléchir sur ses orientations économiques.
Ainsi il y a des leçons à tirer sur cette épidémie sur le plan économique : il faudrait toutefois que le Sénégal diversifie ses partenariats économiques et financiers non seulement avec les pays développés, mais aussi avec les pays moins avancés, ensuite le Sénégal doit faire fonctionner son économie intérieur à plus de 50% en mettant l’accent sur l’agriculture et la pêche, et en appliquant des politiques protectionnistes. L’en­viron­nement naturel et la gestion des eaux doivent porter une attention particulière.
Afin de limiter aussi les conséquences économiques liées à l’épidémie ; il faudrait envisager la mise en place de prêts bancaires à faibles taux d’intérêt pour les petites entreprises, ou le report de la date-limite pour les déclarations d’impôt dans certains cas.
Enfin la question que nos dirigeants et économistes doivent surtout se poser est de savoir comment faire en sorte de pouvoir vivre correctement et de manière autonome (au moins pour un certain temps), sans dépendre de l’économie d’un autre pays.
Philippe Nelson NDIAYE

2 Commentaires

  1. Article percutant qui relance l’éternel débat de la souveraineté de nos pays surtout sur le plan économique. Tout état doit viser à une autosuffisance si ce n’est totale au moins dans les secteurs primordiaux.

  2. Très bonne analyse ! L’Afrique a besoin de jeunes visionnaires comme toi avec le savoir qu’il faut et à la place qu’il faut pour nous départir de ce fardeau qu’est la dépendance. Proud of you and keep it up brother!

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