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madiambal-diagne_0063La bataille d’opinion continue de plus belle entre l’Etat et la direction des écoles Yavuz Selim. Profitant de la journée scientifique organisée samedi dernier par Yavuz Selim, le président de l’Association Baskent Egitim a indiqué que l’Etat ne saurait sacrifier les droits des tiers au nom de ses intérêts. Madiambal Diagne a appelé le gouvernement à revenir à la légalité. Car ce serait dangereux pour un Etat de spolier le patrimoine d’un investisseur étranger pour le donner à un autre sur la simple volonté d’un autre Etat.

Le président de l’Association Baskent Egitim réagit aux propos de Serigne Mbaye Thiam, invité des «Marches du Quo­tidien» dans son édition du vendredi dernier. Le ministre de l’Education nationale, parlant du dossier Yavuz Selim, justifie la décision de l’Etat de retirer la gestion des écoles par le fait que, disait-il, les Etats n’ont pas d’amis, mais des intérêts. Ma­diambal Diagne regrette cette phrase et fait observer au ministre que cela ne donne pas le droit à l’Etat du Sénégal de «fouler au pied sa souveraineté». Car, pour M. Diagne, le pays a obtempéré à des injonctions du gouvernement turc et a renoncé à son indépendance et à sa liberté d’action. Pis, ajoute l’Association, le gouvernement, dans la foulée, commet la faute de ne pas protéger des investissements étrangers qui ont investi dans son pays mais aussi l’erreur de prendre le patrimoine de ces étrangers pour le donner à un autre.
Relevant le «désarroi» et «l’inconfort» du gouvernement dans ce dossier, il estime que l’affaire Yavuz Selim n’est pas une affaire simple. «Elle concerne la sécurité des investissements dans notre pays et les garanties qu’on peut donner à des investisseurs étrangers. Des gens sont venus ici pendant 20 ans, ont investi leur patrimoine et aujourd’hui par la simple volonté d’un gouvernement étranger qu’on veuil­le leur prendre leur patrimoine. Je crois que tout investisseur étranger réfléchirait à deux fois avant de venir investir dans un pays pareil», prévient-il.

Pour un retour à la légalité
Un risque et un danger que ce pays ne doit pas prendre, de l’avis de M. Diagne. Qui demande au gouvernement de revenir à la légalité pour le bon fonctionnement des principes de bonne gouvernance. La direction des écoles qui a reçu la notification de retrait de la gestion des établissements Yavuz Selim par l’Association Baskent Egitim, a attaqué en justice la décision du gouvernement. La Cour suprême va statuer prochainement sur la requête de Baskent Egitim. En attendant le verdict, la direction des écoles Yavuz Selim se dit confiante. «Nous avons le droit avec nous, nous avons l’opinion publique. Il n y a pas un Séné­galais qui ait pris la parole et essayer de justifier ou de légitimer la décision du Sénégal. Tout le monde considère que la décision tombe de sens», soutient M. Diagne. La direction des écoles Yavuz Selim s’attend à une décision favorable comme celle que la justice nigérienne a rendue sur la même question. Mais si par «extraordinaire» cela n’arrivait pas, la direction indique qu’elle a la possibilité d’aller vers des tribunaux commerciaux pour contester que «les patrimoines des gens puissent être occupés illégalement ou bien que les gens puissent être spoliés». «Nous sommes prêts à engager le combat car nous sommes persuadés qu’au bout du comp­te nous en sortirons vainqueurs».
Le Président de l’Association Baskent Egitim s’exprimait ainsi en marge de la journée scientifique organisée par Yavuz Selim samedi dernier. Cette activité est organisée régulièrement par l’école. L’objectif étant de semer la graine scientifique chez les enfants. Ces derniers sont mis en situation de pratique des enseignements. Une  occasion pour eux de montrer leurs découvertes, leurs réalisations, leur savoir-faire sous le regard approbateur des parents venus nombreux. «C’est un modèle éducatif qui a été éprouvé, a donné des résultats et rassure les parents. Il n’y a pas deux écoles au Sénégal qui font la même chose», soutient-il.

Des effectifs de 24 élèves par salle de classe
Pour garantir la qualité des enseignements, l’école a plafonné les effectifs à 24 élèves. «Si on cherchait de l’argent, on aurait pu avoir des classes pléthoriques comme ça se fait dans les autres écoles. La seule école où il  y a 26 élèves, c’est à Thiès en classe de seconde. Parce qu’on n’avait pas la possibilité d’ouvrir une classe de seconde, on a appelé les parents pour leur demander d’accepter qu’on puisse prendre 26 élèves par classe. Parce qu’autrement, on aurait des élèves laissés en rade. Dites-moi une école privée qui s’impose cette exigence», interpelle  Madiambal Diagne.
ndieng@lequotidien.sn

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