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Au cœur de l’actualité depuis plusieurs mois, Myriam Mingou, Directrice exécutive de l’Association sénégalaise pour le bien-être familial (Asbef), livre sa version des faits en s’inscrivant en faux contre les accusations portées contre elle. Dans cet entretien, Mme Mingou fait la genèse de cette affaire qui perturbe le fonctionnement de cette institution dont elle assure qu’elle «continue de fonctionner normalement».

On parle de crise institutionnelle à l’Asbef. Quel est le fond du problème ?
Nous avons constaté beaucoup d’agitation ces derniers temps, au sujet de l’Asbef, venant d’un petit groupe de personnes parmi lesquelles nous pouvons citer un candidat malheureux aux dernières élections organisées par l’Asbef. Mais nous tenons à rassurer les femmes et les hommes qui font confiance à l’Asbef depuis plusieurs années. Il est vrai que l’Asbef a traversé une situation critique entre 2015 et 2017 à la suite de la démission du Directeur exécutif d’alors.
Mais l’institution a su trouver, avec ses différents partenaires dont la Fédération internationale du planning familial (Ippf), des moyens de sortie de crise. C’est ainsi qu’en fin décembre 2017, nous avons été recrutée en qualité de Directrice exécutive.
Sur instruction de la gouvernance, nous avons continué la restructuration de l’institution. D’importantes mesures ont été prises dans la gestion du personnel, et des ressources financières et matérielles de l’Asbef (renforcement de l’offre de services, redéploiement du personnel, mobilisation de ressources …). Grâce à tous ces efforts, aujourd’hui, l’Asbef fonctionne normalement.
Aujourd’hui, quelle est la situation au sein de l’institution ?
L’Asbef est une organisation non gouvernementale sénégalaise créée en 1968, par des femmes et hommes soucieux de la protection et de l’amélioration de la santé maternelle et infantile, ainsi que du bien-être de la famille dans les milieux les plus défavorisés. L’Asbef a un corps dual : la gouvernance, constituée par des volontaires, qui est chapeautée par un Comité exécutif national, qui a à sa tête un président national ;   le staff, avec à sa tête un  Directeur exécutif, qui met œuvre le plan stratégique de l’association.
Les statuts de notre organisation prévoient le renouvellement de ses instances tous les trois ans. Le renouvellement du Comité exécutif national issu des élections de 2013, aurait dû intervenir en 2016. Il n’a pas pu se faire parce que l’association est restée trois ans sans Direc­teur exécutif. Il faut aussi rappeler que la présidente nationale de l’Asbef avait démissionné pour convenances personnelles.
Pour remédier à cette léthargie, un président intérimaire a été désigné par consensus en janvier 2019. Le Comité exécutif national a mis en place un Bureau exécutif national intérimaire en févier 2019 et décidé d’organiser une Assemblée générale pour élire un nouveau bureau.
A sa réunion du 22 mars 2019, le Comité exécutif national a installé un comité électoral chargé d’examiner toutes les candidatures aux différents postes du bureau et de présenter le rapport de ses travaux au Conseil national. A la suite de ses travaux, le comité électoral a validé les candidatures qui répondaient aux critères requis.
Pour le poste de président national, deux candidats étaient en lice…
Le 23 mars 2019 s’est tenue la réunion du Conseil national de l’Asbef, composé des délégués des dix (10) antennes, pour élire le nouveau bureau du Comité exécutif national à bulletin secret, en présence du représentant dûment mandaté par l’Ippf.
A l’issue du vote, la nouvelle présidente nationale de l’Asbef a été élue avec 18 voix contre 12 pour le président de l’antenne de Dakar. Le bureau a été régulièrement installé. Le candidat malheureux a contesté l’élection de la présidente en envoyant une correspondance à l’Ippf. Nous tenons à préciser qu’aucune instance régulière de l’association n’a été saisie.
A notre grand étonnement, l’Ippf a répondu en envoyant une «mission composée d’un conseiller technique en programme de santé, d’un conseiller en finances et d’un volontaire», alors qu’un représentant de l’Ippf avait pourtant supervisé tout le processus électoral qui a permis la mise en place du nouveau comité et avait certifié dans son rapport que le processus électoral était sincère et régulier.
On a évoqué l‘arrêt des subventions ? Qu’est-ce qui l’explique ?
L’Asbef n’est pas sous la tutelle de l’Ippf. Elle est membre de cet organisme depuis de longues années. A ce titre, elle reçoit une subvention annuelle, qui dépend de son niveau de performance, au même titre que toutes les associations membres. Nous avons lu il y a quelques jours, que l’Ippf finançait l’Asbef à hauteur de 2 milliards francs Cfa. Cette information n’est pas avérée, elle ne procède que d’une tentative de manipulation de l’opinion. Nous tenons à préciser que pour l’année 2018, l’Asbef avait atteint des niveaux de performance qui lui donnent droit à la subvention. D’ailleurs, nous avons reçu la première tranche de financement. Toutefois, l’Ippf a suspendu les deux autres tranches, exigeant que l’association organise une nouvelle élection et que la Directrice exécutive soit licenciée.
La gouvernance a examiné les questions et leur a opposé une fin de non-recevoir, en vertu du principe de non-ingérence.  La présidente nationale a été élue démocratiquement. Et aucune décision de justice n’a remis en cause cette élection. De surcroît, la gouvernance n’a relevé aucune faute imputable à la Directrice exécutive qui aurait pu justifier sa suspension ou son licenciement. Il faut préciser que trois cabinets d’audit (Era Baker Tilly, Focus et Associé Mark Henderson) ont procédé à des audits de l’Asbef pour faire l’état de la gestion financière et matérielle. Aucun auditeur n’a souligné des fraudes ou des irrégularités concernant la gestion de la Directrice exécutive au titre de l’exercice de l’année 2018. Ils nous ont fait des recommandations que nous nous employons à mettre en œuvre.
Il est incompréhensible que l’Ippf cherche à remettre en cause les statuts de l’organisation sans le consentement de la gouvernance. Son attitude s’apparente à une sorte de pression, voire un chantage financier, ce qui est contraire aux normes et valeurs de la fédération.
Asseoir sa conviction sur des bases subjectives, juste sur la plainte d’un candidat malheureux et de son camp, et non sur des rapports d’audit, est tout simplement inconcevable. Aujourd’hui, d’autres organismes continuent à nous faire confiance et à ce jour les projets qui sont financés par des bailleurs de fonds tels que le Fonds des Nations unies pour les populations (Unfpa), la Cellule de lutte contre la malnutrition, Action contre la faim, sont exécutés.
On a parlé d’enquête judiciaire, qu’en est-il exactement ?
Des procédures judiciaires, il y en a eu plusieurs. La banque qui détient nos comptes les avait bloqués sur instigation de certains contestataires, ce qui nous avait causé un lourd préjudice. Nous avions saisi le président du Tribunal de commerce de Dakar qui nous avait donné raison, en ordonnant le déblocage de nos comptes.
Le candidat malheureux à l’élection a assigné la présidente élue et la Directrice exécutive devant le président du Tribunal de grande instance de Dakar pour faire annuler l’élection de la présidente nationale et dénoncer la gestion administrative et financière de la directrice. Sa requête a été rejetée. D’ail­leurs, l’appel qu’il avait introduit a été radié à sa demande.
Une enquête judiciaire est en cours. Nous laissons à la justice dont le rôle est de rétablir le droit, le soin de faire son travail.  Nous souhaitons même qu’elle se fasse dans les meilleures conditions et que la vérité soit révélée dans l’intérêt de tout le monde. Nous pensons avoir toujours agi dans l’intérêt de l’Asbef.
Quel est l’impact de ce remue-ménage dans le fonctionnement de l’institution ?
Comme nous l’avons dit, l’Asbef fonctionne normalement. Il est vrai que nous avons noté quelques agissements constitutifs de manquements à des obligations professionnelles et susceptibles d’engager la responsabilité de leurs auteurs. En effet, certains agents ont posé des actes de sabotage, allant même jusqu’à chasser des malades, ce qui est naturellement intolérable dans une structure sanitaire qui accueille des femmes vulnérables. Face à ces comportements, nous avons pris les mesures disciplinaires appropriées, qui sont allées de simples avertissements à des licenciements, en passant par des mises à pied. Ces employés ont porté l’affaire devant le Tribunal du travail et la procédure suit son cours.
Du reste, il est important de souligner que ces mouvements d’humeur n’ont été enregistrés qu’au siège et à la clinique de Dakar. En revanche, toutes les autres cliniques (Kolda, Louga, Kaolack et Saint Louis) ont fonctionné sans interruption. A ce jour, la clinique de Dakar et toutes les autres fonctionnent normalement.
A votre niveau, qu’avez-vous prévu de faire pour restaurer votre image à cause de ces séries d’accusations ?
L’image de l’Asbef n’est pas écornée, loin de là. Toutes ces accusations sont l’œuvre d’un groupuscule de personnes qui cherchent à nuire à l’association et à promouvoir leurs propres intérêts. Malheureusement, ils ont réussi à tromper l’Ippf. Pour notre part, nous nous évertuons à remplir sereinement nos obligations vis-à-vis des volontaires et des milliers de femmes et d’hommes, afin de continuer à mériter cette confiance.
Allez-vous continuer à rester à la tête de l’organisation ? Est-ce que cela en vaut la peine finalement ? Au final quel bilan tirez-vous de votre gestion de l’Asbef ?
L’Asbef offre des services de santé hautement appréciés par les populations à l’échelle nationale.
Malgré les difficultés rencontrées en cours de chemin, nous sommes parvenus à des résultats honorables, avec tout le personnel qui a montré son dévouement pour la cause de l’Asbef, qui doit poursuivre sa mission humanitaire. Cependant, beaucoup de défis d’ordre structurel restaient à être relevés.  Nous avons essayé de rendre plus opérationnelle la gestion globale de l’Asbef, qui passe aussi par le renforcement du plateau technique pour une meilleure prise en charge des préoccupations des populations. Evidemment, certaines personnes sont parfois réfractaires au changement, ce qui a conduit à toute cette agitation, mais nous maintenons le cap. Nous tenons à lancer un appel à nos différents partenaires, en commençant par l’Ippf, ainsi qu’à tous les protagonistes dans cette affaire, pour un retour à la raison. Nous avons montré à l’Ippf notre ouverture, en l’invitant même à venir revoir la gestion de l’Asbef, mais sans aucun parti-pris, et nous le réitérons. L’Asbef est un patrimoine national, nul n’a le droit de la discréditer ou de mettre un frein à son expansion.

5 Commentaires

  1. Mme Myriam Makéba Mingou amal souniou kerssa waaay.
    Liga wakh dara doussi deug; féne rék.
    Do rousse si liga wakh, té daga nék si Carême nonou. 🤭

  2. Roussal askan wi Book bo roussoul volontaires yi t nga diokh sa bop thieur. Les preuves sont là mais nak dinga khameni leep deugleu si la justice tranche inchallah. Si tu v sortir demal rek mais nak diaroul yenn yi khana neko si carême ?? Asbef yaw rek Yako yakk beuga neek volontaire beuga neek exécutif nga feek asbef andak ippf depuis une quarantaine d’années nga beuga tass s’en diganeteh. Nga fook population bi ngay tour leundeum sa bop ngay nakh. Demal rek so beugeh dem. Feek lignou tabakh ba am des projets nga dawlo partenaires yeup nganeh dangay diapaleh askan wi bidone diapaleh askan wi do yook prix consultation bi dakk les personnes œuvrant si biir asbef pendant des années Di yokk chômage. Loudoul au mensonges wakhokofi

  3. YALLA deug reklay até sénégalais mo tame tiahane rek ak tricherie……ASBEF a bien besoin d’elle pour son bon fonctionnement de par sa compétence et sa rigueur,courage Mme Mingou le Saint Esprit est avec toi…..ALLELOUYA

  4. C’est archi faux ce qu’elle avance. L’asbef est dans une zone de turbulence causée par le sale caractère de la Directrice Exécutive. Les ressources de l’institution sont utilisées par Mingou pour corrompre certains membres de la gouvernance qui se soumettent à ses désirs. Tous les partenaires se sont retirés. Le fonctionnement des cliniques est perturbé et est au ralenti. Mingou divise le personnel du siège et leurs autres collègues des regions pour mieux régner. Le bonne cohabitation qui existait entre les volontaires s’est détériorée à cause de Mingou et l’asbef est devenue un champ de bataille.

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