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1 La marche du monde vers la promotion de la femme : revue législative
Entre 1975 et 1995, quatre conférences mondiales sont organisées en rapport avec la situation de la femme. Parallèlement à chaque conférence, un forum des organisations non gouvernementales est organisé par les femmes des sociétés civiles du monde entier. Les conférences de Beijing (4ème conférence mondiale sur les femmes, en 1995) et du Caire (conférence internationale sur la population et le développement, 94) sont considérées comme des tournants historiques dans la promotion de l’égalité entre les sexes et la reconnaissance des droits des femmes. Dans les décennies qui suivent la Déclaration universelle des droits de l’Homme (1948) dont l’article 1er prévoit l’égalité entre tous les êtres humains, plusieurs instruments juridiques internationaux, régionaux et nationaux de protection des droits des femmes sont créés :
Les premiers textes sont centrés sur l’emploi : au niveau international, la convention du Bit de 1951 et au niveau européen, le Traité de Rome (1957) préconisent l’égalité de rémunération pour les femmes et les hommes selon le principe de rémunération égale à travail égal.
Les conventions adoptées à partir des années 1970 et dans le cadre de la décennie de la Femme organisée par l’Onu illustrent une conception plus large de l’égalité.
En 1979, la Convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (Cedef, et Cedaw en anglais) est adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies. En ratifiant la convention, les Etats s’engagent à prendre des mesures contre toute forme de discrimination à l’égard des femmes dans le domaine politique, économique, social culturel.
En 2000, le protocole facultatif à la Cedef entre en vigueur. Ce protocole habilite le comité à recevoir et à examiner des communications et des pétitions émanant de particuliers ou de groupes de particuliers qui prétendent être victimes de violations des droits protégés par la convention.
2 Les différentes étapes des tentatives de mise en œuvre des politiques en faveur de la femme
Les débats sur la prise en compte du genre dans le nouvel agenda de développement post 2015 reflètent les évolutions du Gender main streaming au cours des  20 dernières années. Cinq ans après la conférence de Pékin en 1995 et l’émergence du terme Gender main streaming, la promotion de l’égalité et de l’autonomisation des femmes constitue l’un des huit Objectifs du millénaire pour le développement (Omd).
Quinze ans plus tard, dans le cadre de la définition des Objectifs de développement durable (Odd), Onu-Femme appelle à l’adoption d’un objectif transformatif sous l’appellation «Transformative stand alone  goal» qui, à la différence de l’objectif précédent, devrait identifier les causes structurelles des inégalités.
Certaines sont des discriminations directes et structurelles à l’égard des femmes, telles que des lois et institutions discriminatoires réduisant la possibilité de voter ou de se porter candidate à un mandat politique.
D’autres entravent de façon plus ou moins directe la participation des femmes à la vie politique :
D’autres doivent être perçues en termes de formation et d’accès à l’enseignement supérieur, accès réduit aux ressources, charge élevée de travail non rémunéré, absence de services sociaux adaptés, normes sociales et représentations de genre traditionnelle…
Pour promouvoir la présence des femmes, des politiques de «quotas» ont été instituées dans certains pays.
Les politiques de quotas peuvent être classées en trois catégories :
-Ceux qui consistent à réserver des sièges aux femmes parmi les élus
-Ceux qui consistent à adopter une règle électorale imposant aux partis de présenter un certain pourcentage de femmes sur les listes de candidats.
-Enfin ceux qui consistent à respecter un certain équilibre entre hommes et femmes sur les listes électorales ou dans les instances dirigeantes (loi sur la parité au Sénégal).
3 La Gambie engage le combat et répond positivement à une demande
C’est dans cet esprit que les nouvelles autorités de la Gambie ont  choisi de mettre des femmes à la tête de très grande institutions : la vice-présidence gambienne est affectée à une femme, la présidence de l’Assemblée nationale, naguère chasse gardée des hommes, est aussi occupée par une femme (bien que les femmes soient encore minoritaires au sein du Parlement). Ces choix traduisent une véritable volonté politique du Président Barro de soutenir les efforts cumulés des institutions internationales et des organisations des droits humains, sensibles à la prise en compte de la question genre dans les instances de décision politique. Volonté politique, car rien ne l’y oblige !
La Gambie, petit pays (en termes de superficie et de population), entre aujourd’hui dans le concert des grandes Nations en matière de promotion de la femme dans les instances de décision. Un défi que beaucoup d’Etats peinent à mettre en œuvre, tant les obstacles sont nombreux, résistants, et irréductibles.
C’est l’occasion pour nous de saluer, de soutenir et de vulgariser cette rupture innovante dans la marche sûre et courageuse de ce pays vers le développement durable, sous la direction du Président Barro nouvellement élu.
Nous lançons un appel solennel à tous les acteurs en faveur de la promotion de la femme dans les instances de décision politique, à soutenir partout et en toutes circonstances cette belle initiative.
Abdou SANE
Membre de l’observatoire national de la parité
abdousanegnanthio@gmail.com
Dakar, Sénégal

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