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Le Palais de la paix est l’expression commune d’une volonté des Etats partenaires d’œuvrer pour le droit et la justice internationale. Cet édifice d’une rare beauté est aussi la somme d’efforts de plusieurs Nations. Siège de la Cour permanente d’arbitrage, la Cour internationale de justice, l’Académie du droit international de La Haye et de la bibliothèque du Palais de la paix, l’édifice pourrait revendiquer plusieurs nationalités qui ont participé à son embellissement.

C’est un symbole du droit international. Le Palais de la paix, (Vredespaleis en néerlandais) cet imposant château, vieux de 105 ans et qui défie encore le temps, garde toute sa splendeur, sa beauté et son côté pittoresque. Il trône majestueusement à La Haye, «la capitale juridique du monde» comme le disait Boutros Boutros Ghali, ancien secrétaire général des Nations unies. Le Palais de la paix est le siège la Cour permanente d’arbitrage, la Cour internationale de justice, l’Académie du droit international de La Haye et de la bibliothèque du Palais de la paix. Ce géant aux deux tours longs de plusieurs mètres, avec au bout d’une des tours un coq, marque sa présence par sa pendule du clocher suisse accrochée sur la façade du bâtiment qui sonne toutes les heures.
Ce mardi, il était 9 heures passées (deux heures de moins à Dakar) quand la délégation de journalistes ouest africains franchit le seuil principal du Palais de la paix après un contrôle très strict. Devant la beauté de ce lieu, du jardin à l’intérieur du bâtiment divinement entretenu, pour un cours instant, les journalistes se sont permis de mettre de côté micros et carnets de note pour admirer ce palace et se faire prendre en photo dans ce beau temple de la paix en marron.
L’édifice pourrait revendiquer plusieurs nationalités, car il reçoit beaucoup de cadeaux de la part de ses partenaires en gage de soutien à la justice et au droit international. A l’extrême gauche du palais se trouve un vase de 3 200 kilogrammes. Un cadeau «bizarre» et «rare», mais aussi surprenant, selon Jeroen Vervliet, directeur de la bibliothèque du Palais de la paix, offert par la Russie. «Il n’était pas prévu», soutient-il. Il a fallu beaucoup d’ingéniosité aux autorités pour installer le vase. Une ligne ferroviaire a été spécialement construite pour transporter le cadeau «encombrant du port au Palais de la paix», renseigne le directeur de la bibliothèque qui a été notre guide durant la visite du palais.
Ce n’est pas le seul cadeau, puisque le grand portail principal est allemand, les portes en fer et cuivre de l’intérieur sont belges, la pendule du clocher suisse, les bois à l’intérieur des salles de la Cour internationale de justice et de la Cour permanente d’arbitrage viennent de l’Indonésie, le marbre est italien et le Danemark a offert la fontaine installée dans la cour du Palais.
La galerie du palais est également riche de plusieurs bustes d’homme et de femme qui se sont investis dans des idées de la paix. Parmi eux, il y a la journaliste autrichienne, Bertha Von Suttner, qui a écrit un livre à succès A bas la guerre, traduit en plusieurs langues. Nelson Mandela et Gandhi sont présents dans cet édifice.
En plus de ces dons, le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas finance à hauteur de 4,5 millions d’euros pour l’entretien du palais et de la bibliothèque riche de 17 kilomètres de placards de livres. L’entretien est assuré par la Fondation Carnegie qui est le propriétaire du Palais de la paix.
Considéré comme une zone internationale durant la Première guerre mondiale, le palais était tombé dans le camp allemand qui l’a gardé intact. Mais de l’avis de M. Vervliet, les Allemands prévoyaient d’en faire un musée du nazisme. «Heureusement qu’ils ont été vaincus», taquine-t-il.
L’idée d’une construction du Palais de la paix est née lors de la première Conférence de la paix organisée à La Haye et convoquée par l’empereur russe pour le désarmement. Son idée a été développée par des journalistes qui, à l’époque, ont promu les idées pacifistes dans cette période de grand armement des Etats.
L’appel d’offres a été gagné par le Français Marie Louis Cordonnier, mais c’est son associé Ad Van Der Steur qui a réalisé l’édifice tel qu’il est actuellement, en revoyant les ambitions de Cordonnier à la baisse.
ndieng@lequotidien.sn

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