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«Regarder la lèpre en face». C’est le slogan de la Journée mondiale de la lèpre, ce vendredi 27 janvier, qui s’étend en réalité sur le week-end entier. Chaque année, cette maladie millénaire contamine 211 mille personnes dont 19 mille enfants. Notam­ment en Inde, au Brésil et en Afrique de l’Ouest. Un nouveau cas de lèpre est dépisté toutes les deux minutes dans le monde. La maladie existe depuis des siècles, mais sa bactérie continue de se propager et de manière invisible la plupart du temps. C’est ce qu’explique le docteur béninois Christian Johnson, léprologue et conseiller médical de la Fon­dation Raoul Follereau : «La mycobacterium leprae, qui est la bactérie responsable de la lèpre, est à croissance très lente, ce qui fait que la durée d’incubation, période qui s’écoule entre le contact de l’individu avec la maladie et l’apparition des premiers signes, peut aller jusqu’à dix ans. Pendant ce temps, la bactérie se multiplie à l’intérieur de l’organisme et peut être trans­mise à d’autres personnes. Donc, on a une charge de mycobacterium leprae qui continue de circuler dans l’environnement et donc d’infecter.» Six pays regroupent 83% des cas de lèpre dans le monde. Parmi eux l’Inde, le Brésil ou encore le Mo­zam­bique.
L’autre chantier de la Fon­dation Raoul Follereau, c’est de raccourcir le traitement jugé beaucoup trop long : douze mois avec des prises d’antibiotiques quotidiennes. «Les recherches scientifiques actuellement en cours pourraient permettre de diviser par deux la durée du traitement. Je suis parti dans un pays et à l’aéroport, les autorités du pays, naturellement, m’ont demandé ce que je suis venu faire. J’ai dit que je venais pour la lutte contre la lèpre. ‘’Non, il n’y a pas de lèpre dans mon pays’’. Il a fallu l’intervention du coordinateur pour qu’on me laisse rentrer. C’est dire que, quand bien même la maladie existe, la réalité c’est qu’elle est peu connue, c’est invisible (…) On a de la stigmatisation qui aboutit à l’exclusion. Et cela se traduit par des drames individuels», estime Christian John­son, léprologue.
Rfi

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