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En plus de la transhumance, l’une des réalités les plus tristes que génère le système politique sénégalais de nos jours est, sans conteste, cette configuration de micro et macro partis politiques qui, de l’avis du défunt professeur Ibrahima Sow, n’a qu’un seul but ( avoué ou non) : «Celui de bénéficier du président de la République en exercice de quelques faveurs, en attirant son attention, en suscitant son intérêt.» (Appel à la révolution politique et civique au Sénégal).
En effet, s’il est de fait admis que les méthodes du combat politique ont toujours quelque chose de répréhensible, il convient en outre de reconnaître que la logique de constitution des partis reste, à bien des égards, contestable, si on se réfère au peu d’audience dont certains partis bénéficient.
La configuration des partis, dessinée par la dernière élection présidentielle, convoque à cet effet et avec pertinence, le débat, du reste essentiel, sur le véritable intérêt de ces micro-partis, d’autant qu’ils constituent une pièce de la mécanique des coalitions, que ce soit de l’opposition ou du pouvoir.
Sont-ils d’un quelconque intérêt pour le parti qui les accueille dans leur diversité, ou poursuivent-ils seulement des intérêts personnels ? Mieux, sont- ils réellement orientés vers l’intérêt national ?
Aussi, le débat qui est ouvert de nos jours, et qui porte sur le statut de l’opposition n’est-il pas plutôt gangréné à l’interne par cette logique des coalitions qui, en définitive, brouille les repères qui permettaient d’identifier les partis traditionnels ? Plutôt que de définir le statut de l’opposition, n’est-il pas plus logique et pertinent de poser tout d’abord la nécessité de revoir le statut de parti politique tout court.
Il est évident que les lendemains de la dernière élection présidentielle qui vient de s’achever peuvent créer des surprises. Plus exactement, il n’est pas à écarter l’éventualité que certains partis qui ont grossi le rang des coalitions politiques puissent rejoindre par exemple le parti au pouvoir.
En effet, si nous notons les subterfuges qui ont été fomentés en vue de créer certains «petits partis»  ou mouvements, pour permettre à leur leader incontesté de se faire passer pour porteur de voix d’une communauté quelconque, et donc de se hisser dans un grand ensemble comme élément moteur, on en tire la conclusion que l’important à leurs yeux, n’est ni plus ni moins que d’attirer par la même occasion l’attention du pouvoir en place sur leur capacité à faire réélire son représentant. Et certains ralliements des plus inattendus notés lors de la dernière Présidentielle le prouvent, à bien des égards, dont l’un des plus surprenants a été celui de M. Abdoulaye Baldé, malgré les vaines précisions que ce dernier a apportées pour expliquer sa décision. Devons-nous nous fier, sans observer quelques réticences, à cette idée généralement avancée pour justifier leur revirement, selon laquelle ils ne seraient pas «venus» pour quémander des postes mais pour se battre uniquement à côté du Président ? Le doute n’est pas à écarter, au regard des manigances, sournoiseries et autres pratiques politiques auxquelles nous sommes habitués de nos jours. Même si nous n’écartons pas le fait que certains politiques peuvent être réellement portés par l’intérêt national…
Cette réflexion, pour en arriver à poser de manière saine la nécessaire recomposition, la restructuration de la carte politique sénégalaise sur des bases beaucoup plus solides, en une sorte de «forces politiques de masse» (de l’avis du professeur Sow), et qui permettraient une pratique politique beaucoup plus sérieuse, apte à prendre en compte la dynamique de résolution des problèmes que rencontrent nos populations. Et de ce point de vue, il est évident que les seules alliances qui peuvent être considérées comme déterminantes pour le pouvoir (si on s’en tient à leur dynamique interne et surtout à leur constance, depuis 2012 qu’elles accompagnent le parti du président de la République) sont l’Afp (l’Alliance des Forces de Progrès) et le Ps (Parti socialiste), même si ce dernier a connu quelques bouleversements par la suite, qui ont contribué à sa fragilisation. Il n’en demeure pas moins qu’ils ont été les seuls piliers valables dont on peut dire qu’ils auront grandement contribué à l’élection du Président, voire à sa réélection. L’écrasant suffrage de vote obtenu par la coalition autour du Président, «Benno bokk yaakaar», à Kaolack (fief et chasse gardée du leader de l’Afp Moustapha Niasse) en dit long sur la capacité de ces partis-leader à rassembler une force électorale sûre et constante.
Loin de nous l’idée de critiquer certains partis, toujours est-il qu’il faille repenser sérieusement la logique qui les produit, afin de hisser le débat politique au niveau des programmes de société, au lieu de verser plutôt dans des discours de politique politicienne.

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