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Les retraités affiliés à l’Ipres ont marché dans la matinée du mercredi 28 décembre 2016 de la place de l’Obélisque aux grilles de la Rts. Contrairement aux militants des partis politiques, syndicats et autres, ils n’ont pas été déversés par des cars «Ndiaga Ndiaye» et des «cars rapides». Ils ont puisé dans leurs maigres ressources le prix du billet pour être transportés jusqu’à l’Obélisque. Certains d’entre eux, en dépit de leur état de santé précaire mais ne voulant pas rater ce rendez-vous historique, ont bravé la chaleur pour être présents. En effet, dans les annales de l’histoire de ce pays, c’est la première fois que des retraités marchent dans les rues de Dakar pour attirer l’attention non pas du président du Conseil d’administration (Ca) et du directeur général de l’Ipres, mais plutôt celle du président Macky Sall, de son gouvernement et du Peuple sénégalais sur leur situation de pauvreté grandissante.
Nous ne reviendrons pas sur les raisons de cette marche parce que des voix plus autorisées que la nôtre, l’ont expliquée de manière claire et concise.
Notre propos est plutôt relatif au non-traitement de cet évènement par la Rts dont  les grilles de la maison ont été, pourtant, choisies pour la fin de la marche. Mais d’aucuns ne manqueront pas de nous rétorquer qu’une telle attitude de la part de la Rts, ne constitue pas une surprise.
Ainsi, en refusant d’immortaliser pour la postérité et l’Histoire cette marche des retraités, Racine Talla, ses agents et peut-être ceux qui leur ont intimé l’ordre de ne pas filmer l’évènement, ont fait preuve à la fois d’un manque de professionnalisme certain, d’un manque de déontologie avérée et, surtout, d’une mauvaise lecture de l’évolution fulgurante des médias.
L’Histoire des Peuples s’écrit,  bout à bout, avec des évènements plus ou moins importants ; et cette marche des retraités, assurément, en était un. Ne pas la couvrir est le signe évident d’un manque de professionnalisme, surtout de la part des médias publics qui sont sensés, demain, être détenteurs dans leurs archives, d’une bonne partie de l’Histoire du pays.
La Rts a aussi, encore une fois de plus, affiché un manque de déontologie ; en effet si elle a ouvert ses antennes à des retraités conciliants qui, apparemment, trouvent leurs comptes dans les nouvelles mesures adoptées par l’Ipres, elle aurait dû permettre à ceux qui ont une autre opinion de s’exprimer aussi. La pluralité des opinions et des idées, l’équilibre dans le traitement et la diffusion de l’information dans un pays qui se veut une démocratie majeure auraient dû être une préoccupation constante dans ce service public.
Enfin, la Rts a oublié qu’à l’heure de la mondialisation, de l’internet et des réseaux sociaux, recourir à la censure est simplement bête et contreproductive, parce qu’à sa place, d’autres médias nationaux comme étrangers, ont couvert la marche. La Tfm a commencé son journal par la marche et Rfi, parmi tant d’autres, en a parlé, sans compter les internautes qui l’ont relayée.
Pour terminer, il nous faut rappeler à tous ceux qui font semblant de l’oublier, que l’émergence doit  être inclusive, personne ne doit rester en rade et surtout pas les retraités et personnes du troisième âge. Ils ont fait des sacrifices énormes pour que le Sénégal soit ce qu’il est devenu aujourd’hui. Par ailleurs,  l’émergence doit commencer par un changement de comportement de tous. Autoriser une marche des éléments d’un segment de la Nation qui ont des revendications à porter sur la voie publique et en assurer la couverture médiatique par le service public selon les conditions édictées, devrait être une chose banale après deux alternances réussies. Après le code électoral consensuel que la classe politique a, naguère, élaboré pour renforcer la fiabilité du système électoral sénégalais, il est temps de mener plus fermement le combat pour libérer la Rts et ses agents.

Abdoul Aziz THIAM – zizmalick@yahoo.fr

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