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Quels commentaires n’a-t-on pas entendu suite aux arrestations de nervis et de responsables du Parti socialiste (Ps) ! Ces arrestations ont été faites dans le cadre la procédure judiciaire ouverte au sujet du saccage du siège de ce parti. Avec beaucoup de candeur, d’aucuns voudraient ramener la question à un banal fait politique qui devrait être réglé strictement sur le plan politique, avec des moyens et des solutions politiques, au sein exclusif du Parti socialiste. Certaines questions toutes simples devraient cependant interpeller. Les faits ont-ils réellement eu lieu ou pas ? Des hordes de nervis, armées de diverses armes tranchantes ou contondantes, n’avaient-elles pas pris d’assaut une réunion organisée au siège du Parti socialiste à Colobane pour s’attaquer aux personnes et aux biens, violentant tous ceux qui étaient estampillés comme leurs adversaires politiques et saccageant les locaux ? De tels faits ont été attestés par les médias et tous les autres témoins présents sur les lieux. Des images vidéo et des photos ont été versées dans le dossier et des constats d’huissier ont été dressés. Le premier responsable du Ps, Ousmane Tanor Dieng, qui a eu la vie sauve pour avoir réussi à se faire exfiltrer par sa sécurité, a déposé une plainte, en bonne et due forme, dans laquelle il a versé tout un ensemble de preuves matérielles. Quel procès d’intention peut-on alors faire aux autorités judiciaires ou à la police pour avoir mis en mouvement l’action publique ? En l’absence d’une plainte d’une quelconque partie civile, le procureur de la République était tenu d’ouvrir une enquête judiciaire. Ne l’aurait-il pas fait qu’il serait coupable de manquement à sa mission de veiller à l’ordre public et à la sécurité des personnes et des biens et au respect des lois et de leur application. De toute façon, ce n’est guère une première de voir des incidents de cette nature et aussi graves, commis à l’occasion de manifestations politiques, qui ont été déférés devant la justice et des arrestations effectuées et même des condamnations prononcées par la justice.

Une enquête fouillée
Le Parquet a alors instruit la direction de la Police judiciaire pour mener des investigations. Plus de 175 personnes ont été entendues durant plusieurs mois, et les images visionnées avec les personnes mises en cause qui ont formellement reconnu leur participation dans l’attaque. Les investigations préliminaires terminées, une information judiciaire a été naturellement ouverte auprès d’un magistrat instructeur. Dans le cas d’espèce, la procédure de flagrant délit ne pouvait point être usitée du fait que l’enquête de police a permis d’identifier des infractions constitutives de crime. Qui peut reprocher à Ousmane Tanor Dieng de déposer une plainte devant les autorités judiciaires ? Quiconque serait à sa place agirait de même. Qui peut reprocher aux autorités judiciaires de s’être saisies du dossier ? Le contraire aurait été un véritable scandale. Qui peut s’offusquer que l’enquête de police ait pris le temps de fouiller tous les actes posés dans cette attaque violente et que les enquêteurs ont pris le temps d’entendre tous les protagonistes ? Pour une fois, on ne pourra se plaindre d’une enquête bâclée. Qui peut reprocher au Parquet de demander la levée de l’immunité parlementaire d’un député dont l’implication est fortement présumée dans la commission d’une grave infraction, en raison d’images vidéo parlantes et de déclarations de personnes suspectes ? Il faut aussi revoir les publications des médias après le saccage de la Maison du Parti socialiste pour se convaincre que la bonne dame Aminata Diallo ne saurait être épargnée par une enquête qui se voudrait complète.
Le maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, naturellement touché par les arrestations opérées dans le camp de ses proches soutiens politiques, ne peut que dénoncer de telles arrestations et chercher à ramener l’affaire sur le terrain de la lutte politique interne au Ps. Pour autant, il ne saurait nier les faits perpétrés et les avait publiquement regrettés voire dénoncés. En quittant ce sinistre jour du 5 mars 2016 la Maison du Ps, Khalifa Ababacar Sall s’était directement dirigé au domicile de Ousmane Tanor Dieng pour s’enquérir de son état et lui exprimer ses regrets et sa désolation dans la tournure des faits. L’enquête ne l’aurait pas encore mis en cause et c’est cela qui vaut à Khalifa Sall de ne pas être inquiété. Autrement, il serait traduit en justice comme tous les autres. A l’évidence, les arrestations de Bamba Fall et consorts ne sauraient résulter d’une stratégie d’encerclement quelconque du maire de Dakar. En effet, si la volonté d’un pouvoir politique était de chercher à neutraliser un adversaire politique dangereux que constituerait Khalifa Ababacar Sall, force est de dire que cette affaire aurait constitué un prétexte très commode pour le faire arrêter et lui faire porter le chapeau par exemple. L’histoire politique de ce pays est riche d’exemples de leaders politiques, d’envergure bien plus grande que celle de l’actuel maire de Dakar, arrêtés et traduits devant la justice pour des faits susceptibles de constituer des infractions à la loi pénale. Dans cette affaire, Khalifa Ababacar Sall peut se sentir victime, mais il le serait du fait des turpitudes de ses propres soutiens politiques, mais surtout il aurait été victime de ses petits calculs politiques pour ne pas dire de sa couardise. Il a préféré laisser pourrir une situation politique délétère au lieu de prendre ses responsabilités pour répondre aux appels de ses partisans depuis 2012. Nous l’avons écrit plus d’une fois à travers ces colonnes. Le maire de Dakar a toujours feint de ne pas entendre les appels de sa base et des militants qui contestent le leadership de Ousmane Tanor Dieng au sein du Ps. Khalifa Sall s’est toujours gardé de se mouiller, considérant que les rênes du parti lui seront données sur un plateau en argent et qu’il pourrait faire l’économie d’un combat politique contre Ousmane Tanor Dieng. Khalifa Sall n’a jamais voulu se déclarer candidat à aucun poste contre Ousmane Tanor Dieng, et même quand Aïssata Tall Sall s’était jetée à l’eau en 2014, à l’occasion du renouvellement des instances du parti, c’est le même Khalifa Sall sur la base de ses propres calculs qui avait torpillé la candidature de Aïssata Tall Sall au poste de secrétaire générale du parti. Dans le même temps, le maire de Dakar comptait sournoisement les coups distillés par ses partisans à travers les médias ou les huées et diatribes essuyées par Ousmane Tanor Dieng lors de rencontres du parti. A chaque fois, Khalifa Sall sortait pour faire des gestes de contrition qui ne trompaient plus personne. A la vérité, pendant de longs mois, des militants et autres responsables l’ont appelé à «oser» s’engager dans un positionnement politique pour contester ouvertement et dans les instances du parti le leadership de Ousmane Tanor Dieng. Dans une chronique en date du 18 janvier 2016, nous relevions que «nul ne peut faire le bonheur de Khalifa à sa place» et que la situation finira par dégénérer. Nous voyions bien venir les regrettables incidents survenus à la Maison du Ps.

La rupture définitive
C’est dire qu’on peut considérer que Khalifa Sall a pu être débordé par ses militants sur ce mauvais et malheureux coup du saccage de la Maison du Parti socialiste. Sans doute que ces derniers, guidés par un stupide calcul politique teinté d’immaturité, ont estimé qu’avec une telle opération de gros bras, les dés seront jetés et que la rupture sera totalement consommée avec Ousmane Tanor Dieng et que leur poulain serait bien obligé et forcé d’acter la rupture. Les faits sont en voie de corroborer une telle approche. Seulement, Khalifa Ababacar Sall risque de ne pas en tirer un grand profit politique. En effet, les violences perpétrées en son nom éclaboussent son image. Aussi, on ne voit pas comment, dans une telle situation, un Ousmane Tanor Dieng et ceux qui lui sont restés fidèles et qui semblent dominer les instances du Ps pourraient se montrer encore altruistes pour chercher à faire de la place à Khalifa Sall. Les incidents de la Maison du Ps semblent éloigner définitivement les deux hommes. Khalifa Sall qui clamait urbi et orbi qu’il demeurerait au Ps et porterait les couleurs du parti de Léopold Sédar Senghor se résout désormais à envisager une candidature aux prochaines élections nationales sous une autre bannière.
Il s’y ajoute que ses nouvelles résolutions ne semblent pas, non plus, bien l’inspirer. Khalifa Ababacar Sall, offusqué par les arrestations de ses camarades, s’est permis de dire qu’il «commence à regretter Abdoulaye Wade (sic)». Qui ne se rappelle pas les propos de Khalifa Sall à l’encontre de Abdoulaye Wade, notamment quand ce dernier refusait la délibération de la Ville de Dakar pour baptiser le Boulevard Mamadou Dia, du nom de l’ancien président du Conseil de gouvernement du Sénégal ? Qui était maire de Dakar quand la répression du régime du même Abdoulaye Wade avait tué une douzaine de jeunes gens dans les rues de Dakar avant la Présidentielle de 2012 ? Qu’est-ce que Khalifa Sall n’avait-il pas dit de Abdoulaye Wade à cette occasion ? Que n’avait-il pas dit en 2002, quand des nervis avaient attaqué et incendié la Bourse du travail de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal alors affiliée au Ps ? Comment peut-il aujourd’hui éprouver de la honte, comme il le dit, de voir des victimes déposer plainte ? Khalifa Sall, qui aime bien mettre en avant ses relations avec certains milieux du Parti socialiste français, ne peut pas ignorer que ce parti avait déposé de multiples plaintes l’année dernière contre des militants de gauche qui avaient saccagé de nombreuses permanences du parti en guise de protestation contre la politique menée par le gouvernement de gauche en France.
En disant regretter Abdoulaye Wade, Khalifa Sall risque ainsi de se mettre dans la posture déjà connue d’un Djibo Leyti Ka qui insultait les 65% de Sénégalais en 2000, leur reprochant d’avoir choisi Abdoulaye Wade au détriment de Abdou Diouf que le même Djibo Ka insultait quelque temps auparavant. Le même Djibo Leyti Ka reviendra quelques mois plus tard pour écorcher davantage sa propre crédibilité quand il chanta les louanges du même Abdoulaye Wade. Il apparaît que ce nouvel appel du pied de Khalifa Ababacar Sall au Parti démocratique sénégalais (Pds) a pour finalité de constituer une alliance électorale pour les prochaines élections législatives. C’est sans doute pour lui le moyen de chercher à s’assurer une victoire à Dakar, mais on ne peut oublier que l’histoire enseigne que le yoyo politique ne paie pas toujours en termes d’électorat au Sénégal.

1 COMMENTAIRE

  1. et que dire de cette bataille rangee entre jeunes de la cojer de l’apr qui s’est meme poursuivie sur la place publique quand on a vu un homme recevoir un bric sur la tete gisant au sol avec du sang tout autour de lui. parce que la victime n’a pas porte plaine et ou qu’elle n’avait pas les moyens de porter plainte. decidemment il y a une justice a deux vitesses dans ce pays. le ps a toujours ete un parti de violence depuis la creation du bds entre senghor et lamine gueye, la violence a parcouru ce pays mais aujourd’hui la donne c’est qu’il y a un nomme khalifa sall, maire de la capitale dakar qui veut forcer son parti le ps a le porter au pinacle. comme macky bouffon sall est un vrai tapete alors tout ce qui tourne de khalifa doit etre controle sinon emepche de nuir a bour fatick. mais toute chose a une fin

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