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Le Sénégal est en pleine période de dialogue politique national. Initié par le Président Macky Sall, boycotté par une partie de l’opposition, et auquel prend part notre partie Sud (Sénégalais unis pour le développement) non membre de la majorité présidentielle, avec une centaine d’autres formations politiques indépendantes. C’est le gage de notre volonté de contribuer à la recherche d’une démocratie apai­sée et mature. Dans ce contexte, la nomination de Yakham Mbaye à la tête du quotidien Le Soleil est un très mauvais signal. Le Soleil n’est pas national, car tous les quotidiens du Sénégal sont nationaux. Le Soleil est gouvernemental et étatique. Mais «l’Etat, c’est nous».
Le Soleil, qui promeut les politiques publiques et l’action du chef de l’Etat et de son gouvernement, se doit aussi de refléter la diversité des opinions politiques, car ses agents sont payés avec nos impôts à tous. Depuis la première alternance en 2000, plusieurs directeurs généraux se sont succédé à la tête de l’astre gouvernemental. El Hadj Kassé, intellectuel exigeant, alors non encarté politiquement, a été un bon directeur au plan éthique et déontologique. Même s’il a depuis rejoint l’Apr dont il n’est pas l’un des moindres thuriféraires. Ce qui est son droit. Son successeur Mamadou Sèye a imprimé une inclination politique marquée au Soleil, en faveur du Pds dont il était un militant affiché. Tout cela s’est mal terminé, il a quitté le journal de Hann avec moult casseroles accrochées à ses pieds, qui l’ont conduit devant Dame justice. Ensuite, c’est le président de notre parti Sud, le désormais député Moustapha Mamba Guirassy, alors ministre en charge de la Communication, qui a nommé le suivant. En la personne du journaliste-économiste Cheikh Thiam, en provenance du ministère de l’Economie et des finances. Pendant 9 ans, Cheikh Thiam a été un directeur général du Soleil équidistant et soucieux d’équilibre dans le traitement de l’information. Il en est débarqué alors qu’il n’est pas encore en âge de faire valoir ses droits à la re­traite.
Son successeur Yakham Mba­ye ne nous rassure pas. Ni par le personnage public qu’il incarne ni pour la personne privée que j’ai connue quand il m’a été donné de travailler pour le groupe Com 7 où il était mon collègue, quand j’étais directeur de publication du quotidien Tract. Le sieur Mbaye, omis de la liste du dernier gouvernement, a démissionné pour, quelques jours après, ravaler sa démission, s’asseyant sur ses prétendues convictions parce que le chef de l’Etat, président de son parti l’Apr, le lui aurait demandé. Ce n’est pas là ce qu’on attend d’un journaliste digne de ce nom. Il aurait dû faire prévaloir la clause de conscience qui appartient aux journalistes, s’il était cohérent avec lui-même. Lorsqu’il a été mon collègue au sein du groupe Com 7, dont il deviendra directeur général (alors que j’avais déjà quitté le groupe Com 7, Dieu merci) à la suite d’une brouille entre les actionnaires Youssou Ndour, Cheikh Tall Dioum et Bara Tall, Yakham Mbaye s’est surtout avéré être un manœuvrier de l’ombre pour devenir N°1 de ce groupe de presse. Il a été directeur de publication intérimaire du quotidien Tract que je dirigeais, alors que j’étais momentanément empêché, à la suite de l’affaire de la Une photo-montée du Premier ministre Mame Madior Boye. Il ne m’aura pas alors paru être un Danube de la pensée, ni un journaliste soucieux du point de vue des autres. A la fin du régime Wade, M. Mbaye, ex-secrétaire d’Etat à la Communication de Macky Sall, aura démissionné de la tête de la direction de publication du quotidien Le Populaire, seul titre qu’il aura réussi à conserver de Com 7, qui n’avait plus de groupe que le nom (Tract, Info7 et 7 Fm ayant déposé le bilan) et se sera mis en hibernation pour la Présidentielle de 2012. La Raison ? Selon ce que j’ai entendu de la bouche d’un des actionnaires de Com 7, qui notait que, juste après sa démission, Yakham Mbaye roulait en X6, la raison en serait bassement pécuniaire. Le régime Wade l’aura fait taire. M. Yakham Codou Ndéné Mbaye ne se prend pas pour n’importe qui. Et c’est bien ce qui nous inquiète. Il aurait même tendance à se croire sorti de la cuisse d’un Jupiter tièddo. Dans une récente interview dans la presse, alors qu’il ne peut se prévaloir que du seul diplôme du Baccalauréat, il rappelait qu’il a été jeune directeur de Com 7 à 30 ans et des poussières. Nous l’appelons à plus de modestie. Votre serviteur que je suis a bien été directeur d’Alliance française à 24 ans. Et je ne m’en targue pas plus que cela.
Nous ne souhaitons pas le retour à la tête du quotidien de référence qu’est Le Soleil d’un Bara Diouf bis (paix à son âme), qui dirigerait Le Soleil le jour et siègerait le soir au politburo de l’Apr. A cet égard, nous rappelons que les Unitaires de Sud (Sénégalais unis pour le développement) que nous sommes, dans le cadre du dialogue national, appellent le chef de l’Etat à la nomination d’une personnalité neutre pour le ministère en charge des Elections, à l’unisson d’autres partis, au sein du Corect (Collectif de l’opposition pour la régularité, la clarté et la transparence des élections), avec, entre autres, les leaders Aïssata Tall Sall (Oser l’Avenir), Modou Diagne Fada (Les Démocrates réformateurs-yeessal), et Ab­dou­laye Baldé (Ucs).
Ce que nous demandons pour le ministère en charge des Elections, nous ne pouvons pas en demander moins pour le titre de presse gouvernementale cen­sé couvrir lesdites élections.
Que cela soit dit et entendu : nous n’accepterons pas que Le Soleil se couche.
Ousseynou Nar GUEYE
ogueye@gmail.com

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