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Les assassinats courants ces derniers temps dans le pays,  continuent de susciter  des réactions au sein de la population sénégalaise d’ci et de la diaspora. Le rétablissement de la peine de mort est réclamé par une frange importante de la population.  Les prêcheurs ne ratent pas l’occasion de rappeler que l’islam prévoit la loi du talion : «Qui tue, doit être tué». Et pourtant nous avons une compatriote en Arabie  saoudite qui a aussi tué son patron et tout le monde demande la clémence des juges de ce pays.  Quelle contradiction ! Tout cela démontre que nous sommes un peuple émotif. Nous réagissons en fonction des circonstances du moment.  La peine de mort telle qu’elle est appliquée en Arabie saoudite ne pourra jamais l’être au Sénégal. Même si le législateur la rétablit, pour qu’elle soit strictement appliquée, il faut qu’il lie le juge, comme en matière de viol d’un mineur de moins treize ans. En effet, la loi prévoit que lorsqu’une personne viole une mineure de moins de treize ans, la peine qui lui sera infligée sera de 10 ans. Donc, le juge regardera s’il y a viol «oui», est-ce la victime a treize ans ou moins «oui», la peine qu’il prononcera sera alors de dix ans.
Pour les adeptes de la peine de mort, la loi devra alors disposer que «toute personne coupable d’assassinat (meurtre avec préméditation) sera condamnée à la peine de mort sans possibilité de grâce». Dans ce cas de figure, les juges des Chambres criminelles seront  alors liés. Si l’assassinat est établi, ils ne pourront prononcer que la peine de mort. En dehors de ce cas de figure, son application sera hypothétique. Pour preuve,  la prison à vie est prévue dans notre arsenal pénal. Le nombre de peines de prison à vie n’a pas atteint 15% des peines prononcées depuis le début de l’année par les Chambres criminelles. Le peuple sénégalais est émotif disais-je. En effet, je suis persuadé que si la peine de mort était rétablie,  après une première exécution, il y aura encore un tollé général pour demander son abrogation. Ce n’est pas par des textes sévères qu’on réglera le problème.
La preuve, la vente de drogue a été criminalisée par la loi Latif Guèye, est ce que cela a émoussé les vendeurs de drogue ? Non ! Tous les jours, la presse nous rapporte que les gens continuent de s’adonner à cette pratique, avec des méthodes encore plus sophistiquées. Si l’on y regarde de près, le mobile de la majorité des crimes commis est financier.  Les criminels recherchent de l’argent.  Ils ont tué pour 100 F,  1200 F, 300 000 F, un portable, un ordinateur, des bijoux etc. Ils agressent pour de l’argent. Nous devons donc prendre le taureau par les cornes et chercher ensemble comment résoudre l’épineux problème du chômage des jeunes.
­­­Mapat NIANG
Rufisque

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