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Ousmane Sonko : «Je suis prêt à pardonner à Macky Sall… »

Ousmane Sonko pose ses conditions pour pardonner au Président Macky Sall. Mais en attendant, c’est une plainte que la plateforme Aar li ñu bokk va déposer contre les personnes mouillées dans le scandale du pétrole et du gaz. Rendez-vous est pris tous les vendredis à la Place de la Nation pour presser le régime en place.

En France, les Gilets jaunes ont choisi les samedis pour protester contre la politique de Emmanuel Macron. En Algérie, les mobilisations du vendredi ont contraint Abdelaziz Bouteflika à la démission. Au Sénégal, la plateforme Aar li ñu bokk=Sunu pétrole= veut accentuer la pression sur Macky Sall pour la lumière sur les contrats pétroliers et gaziers. Ce collectif, composé d’organisations de la société civile et de partis politiques, créé à la suite de l’enquête de la Bbc impliquant Aliou Sall, appelle les Sénégalais à la Place de Nation tous les vendredis. Pourtant, cette place aurait pu leur être interdite encore une fois. Le préfet de Dakar n’ayant autorisé la manifestation que dans la matinée d’hier, après une rencontre avec les responsables du mouvement. Finalement, le rassemblement s’est tenu sur les Allées du Centenaire dans une ambiance ultra sécurisée.
Regard vigilants, les dizaines d’éléments du Groupement mobile d’intervention ont quadrillé toutes les Allées du Centenaire. La Place de la Nation (ex-Obélisque), décorée aux couleurs de la Coupe d’Afrique des Nations par la Rts, la célébration de la Fête de la musique est venue rappeler que cet endroit va contenir du monde durant cet après-midi. Armés jusqu’aux dents, les Gmi effectuent la ronde sporadiquement. La sirène de la police dissuade tout malfrat. La route bitumée menant à la rue Vieux Sing Faye offre des haies d’honneur des Forces de l’ordre. La fouille est minutieuse, les automobilistes se morfondent dans la longue file des embouteillages.
A moins d’un kilomètre, les centaines de manifestants arborent pour la majorité des maillots de l’Equipe nationale du Sénégal. Les vendeurs d’écharpes aux couleurs nationales se frottent les mains. Can oblige oui, mais sur les maillots, il n’est floqué ni le nom de Sadio Mané ni celui de Kalidou Koulibaly. C’est le nom de Aliou Sall qui y est inscrit. «Aliou Sall, diokhma sama 400 000» (Aliou Sall rends-mois mes 400 mille». Dans d’autres, Aar li ñu bokk=Sunu pétrole= y est gravé. Passion et enthousiasme gagnent les rangs de la foule. Il n’est pas bon d’être politicien. Cheikh Bara Dolli Mbacké va le connaître à ses dépens. Dès l’instant qu’il a précisé qu’il vient au nom de Me Abdoulaye Wade, le président du groupe parlementaire Liberté et démocratie est copieusement conspué. «On ne veut pas de politique, on est là pour le Sénégal et non pour un parti», lui lance un jeune furieux, invitant avec d’autres que le député quitte le présidium.
Ousmane Sonko ne vivra jamais le même sort. Tel un maestro espagnol en plein orchestre, le leader de Pastef, chapeau bleu au-dessus de la tête, est acclamé, adulé, à la limite idolâtré. Arrivé vers 16h 50, le député bouscule le protocole. Il est réclamé par ses partisans très nombreux dans la foule. Le Mc Malal Talla alias «Fou Malade» a failli perdre la voix pour raisonner les affidés de Sonko. En attendant, c’est le ballet des détracteurs du régime. Abdoul Mbaye monte au front. «C’est le plus grand scandale du siècle que le Sénégal ait connu», considère l’ancien Premier ministre.

Mansour Sy Djamil : «Notre pétrole et notre gaz sont en train d’être volés par Macky Sall et Marième Faye Sall»
Mansour Sy Djamil d’embrayer : «Notre pétrole et notre gaz sont en train d’être volés par Macky Sall et Marième Faye Sall. Les Sénégalais doivent se rebeller pour bouter hors du pouvoir tous ces voleurs. Le Sénégal n’appartient pas à la famille Faye-Sall.» Des cafouillages sont notés au présidium constitué dans un camion mobile. L’électricité est coupée. «On réclame du pétrole et on nous coupe l’électricité. C’est fait à dessein par le pouvoir», accuse un jeune. La foule, bras au ciel, entonne en chœur : «Sunu société yeunguetouna, nanu am fayda, na nu respecté sunu sénégal.» Scènes de transe. Barthélemy Dias s’introduit dans la folie ambiante. Casquette noire comme ses lunettes, il a estimé que «tous ceux qui ne se sentent pas concernés par cette bataille sont des ennemis du Sénégal».

Sonko : «Je suis prêt à pardonner à Macky Sall, mais…»
Thiat de renchérir : «Si le procureur n’arrête pas Aliou après les révélations de El Hadji Kassé, c’est parce qu’il n’y a plus de justice au Sénégal. Aliou Sall doit passer sa première nuit en prison aujourd’hui (hier).» Accueilli en grande pompe par le public qui, visiblement, n’attendait que lui, Ousmane Sonko prend un chemin différent. «Je suis prêt à pardonner au Président Macky Sall», sert-il. Quelques murmures de désapprobation s’élèvent. Sonko s’empresse d’ajouter : «Pour que je puisse lui pardonner, il faut que l’argent du Sénégal soit restitué et qu’il prenne l’engagement de renégocier tous les contrats signés sur des milliers de milliards de dollars.» Cepen­dant, menace-t-il, «s’ils ne font pas cela, ils seront traduits devant les juridictions pour haute trahison et mis en prison». Pour tous ces griefs, Aliou Sané, coordonnateur du mouvement Y’en a marre, a annoncé que la plateforme Aar li ñu bokk «va porter plainte au Sénégal pour que la justice fasse son travail».

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