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Jeune reporter en 2004, votre serviteur avait été dépêché à l’Assemblée nationale pour la couverture médiatique du vote du budget du ministère de la Culture. A l’époque, c’était la grande dame de culture, Mme Safiétou Ndiaye Diop, qui dirigeait le département. C’est ce jour-là que nous avons entendu pour la première fois un député évoquer avec beaucoup de douleur la nécessité de restaurer le mausolée de Lat Dior. Ce dernier signifiait, à l’époque, à son auditoire qu’il s’agissait là d’une «vieille doléance» et qu’il fallait impérativement que le régime de Me Wade pose des actes forts en ce sens.
En 2008, nous avions également été témoin des déclarations de l’ancien ministre de la Culture, Mame Birame Diouf, qui avait affirmé que l’Etat du Sénégal allait dégager 50 millions de francs pour la restauration du mausolée de l’illustre résistant sénégalais. Depuis lors, plusieurs gouvernements, plusieurs ministres se sont succédé et ont hérité de ce dossier sans jamais pouvoir réaliser ce vœu de nos compatriotes. Plus de 12 ans après l’appel de ce député et 9 ans après la promesse de Mame Birame Diouf au nom de l’Etat du Sénégal, vous voilà au poste M. le ministre !
Vous héritez de ce dossier à l’heure où le Sénégal célèbre le 131e anniversaire du décès du digne fils de Sakhéwar Diop et de Ngoné Latyr et qui représente pour tous un modèle de bravoure, un symbole d’honneur, de la patrie. Sachant que votre prédécesseur avait posé quelques actes allant dans le sens de favoriser, en concertation avec la famille du célèbre Damel, cette restauration. Vous n’avez pas le droit d’abandonner ce chantier. Il fait désormais partie des priorités parmi les priorités de votre département sous votre magistère.
Vous devez restaurer ce mausolée avant la prochaine date anniversaire de la mort de Lat Dior que de nombreux Séné­galais souhaitent commémorer à l’échelle nationale. Le ministère de la Culture, en concertation avec celui de l’Education nationale, devra trouver des activités devant, en ce jour anniversaire, rappeler aux bons souvenirs de la jeunesse ce que représente et incarne pour nous Lat Dior.
Il est également attendu de vous, M. le ministre, non seulement la restauration de ce mausolée, mais aussi et surtout une intercession auprès du président de la République pour qu’un hommage de la Nation reconnaissante soit rendu au nonagénaire Djiby Ba, conservateur du mausolée de Lat Dior. Agissez avant qu’il ne soit tard ! Faites en sorte que sous votre magistère, chaque 27 octobre soit une journée de commémoration populaire dans tous les centres culturels régionaux de la mémoire de cet illustre et digne fils du Sénégal ! Réalisez tout cela avec cœur et conviction, pas seulement pour ce que Lat Dior représente, pour notre pays, encore moins pour les beaux yeux de la famille de ce dernier, ni pour tout ce que cette restauration, cette célébration de la mémoire collective apportera en termes de bienfaits historiques, touristiques voire économiques, mais surtout pour la postérité !
Vous n’avez pas le droit, au regard de votre parcours, de ce que vous avez vous-même toujours défendu, de votre engagement, votre amour pour le Sénégal et pour la chose culturelle, de partir de ce département sans avoir assuré tout au moins la restauration de ce mausolée. Faites-le pour la prospérité !

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