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Je n’étais pas sur les lieux du scandale et de la forfaiture. Toutefois si je me réfère à l’indignation collective des administrateurs civils, aux différentes relations faites par la presse (écrite et parlée), à la sortie télévisée du secrétaire général du syndicat des fonctionnaires, aux divers commentaires et à l’allégorie du singe de Victor Hugo, je ne peux qu’être animé d’un profond sentiment de désolation, de honte, d’indignation, de révolte et de mépris en entreprenant de produire la présente contribution inspirée par le comportement dégoutant qu’aurait eu le griot attitré de Monsieur le président de la République, un gus dont le physique reflète concrètement sa laideur intérieure et son étroitesse d’esprit. En effet, ce gus se serait permis, au cours d’une cérémonie funéraire qui exigeait que tout le monde présent observât un comportement digne et de recueillement, d’interpeller le Préfet, c‘est-à-dire le représentant du chef de l’Etat, pour lui faire subir des avanies devant un public médusé. Le gus, griot attitré de Macky Sall, sans retenue, imbu d’une autorité et d’un pouvoir que lui confère sa proximité avec le président de la République, a voué et trainé aux gémonies le préfet du Département de Kanel, en sa qualité de représentant du président de la République, du chef de l’Etat mais aussi en sa qualité de digne et fier représentant du grand corps des administrateurs civils du Sénégal. Je profite d’ailleurs de l’occasion pour rendre un vibrant et profond hommage à tous les administrateurs civils du Sénégal qui, depuis l’indépendance à nos jours, ont su remplir leurs différentes fonctions avec noblesse, abnégation, détermination, mais aussi avec compétence et dans le souci de toujours veiller aux intérêts supérieurs de la Nation et dans le respect rigoureux des valeurs de la Répu­blique. Sans eux, l’Etat serait en claudication permanente. Le malaise est visible et perceptible chez ces braves et pieux chevaliers de la République.
Pour revenir au griot attitré du président de la République, il faut préciser que ce n’est pas sa première incartade. C’est un habitué des faits, encouragé dans ses écarts de langage et de comportement par la douce bienveillance incompréhensible du chef de l’Etat qui, il faut oser le dire, éprouve du mal à imposer son autorité à ses collaborateurs, à ses compagnons et à ses partisans ; on peut citer des exemples à foison.
Pour rappel, au mois de décembre 2013, à la présidence de la République, qui n’est point un lieu privé, encore moins une demeure privée, mais plutôt le siège officiel du mandataire du Peuple souverain, le sieur Birane Faye, alors directeur de l’Agence nationale pour l’emploi des jeunes (Anej) et le gros griot attitré du chef de l’Etat, ont échangé des coups de poing au cours d’un face à face digne des grands combats de lutte. Cette douloureuse et malheureuse séquence avait même provoqué l’ire du Prési­dent Macky Sall. Cela n’a pas empêché, toujours à la présidence de la République, le ministre Abou Lô et le même griot attitré du chef de l’Etat, de se donner en spectacle devant le Président Macky Sall.
Le griot attitré du Président Macky Sall, se comporte aujourd’hui, comme l’enfant gâté de la République qui bénéficie d’une indulgence qui frise la faiblesse, il ne cesse de braver les autorités. Sa force, sa puissance et son pouvoir rendent perplexes les Sénégalais. N’a-t-il pas contribué à la nomination d’un proche ou plutôt d’un protégé à un poste ministériel ? Ne s’est il pas fait représenter par un ministre lors d’une cérémonie ? D’où tire-t-il un tel pouvoir ? Au point de menacer un Préfet de destitution par un décret à venir. Cela voudrait-il dire, comme le pensent certains, qu’il arrive qu’on fasse signer des décrets au président de la République ? Ce serait inquiétant, voire ahurissant.
En réalité, en se comportant comme il l’a fait, et comme il a l’habitude de le faire, le gus  a véritablement déshonoré le président de la République dont le représentant au niveau du département a été humilié. N’est-ce pas ce même gus qui a dégainé une arme à feu et procédé à des tirs de sommation à Matam ?
Il faut reconnaitre que ce genre de comportements qui entame de manière profonde l’autorité du Président Macky Sall, n’est point l’apanage du griot attitré. On pourrait citer les excentricités du monsieur Moustapha Cissé Lô. Malheu­reusement, il est d’une triste évidence que certains grands responsables des «Répu­bli­cains» sont viscéralement portés et enclins à toujours brandir un pistolet. Et que dire de l’attitude de Souleymane Jules Diop, qui a tenu des propos malsains à l’encontre de son ministre Mankeur Ndiaye qu’il a défié publiquement, allant jusqu’à faire des allusions désobligeantes sur les penchants vicieux de son supérieur hiérarchique. Et pour toute conséquence, il a bénéficié d’une promotion gouvernementale de la part de monsieur le président de la Répu­blique, témoin des faits.
Concernant le même Souleymane Jules Diop, je n’arrive toujours pas à comprendre la logique qui a amené le Président Macky Sall à l’appeler à ses côtés et en à faire un proche collaborateur. Pendant des années, alors que de courageux Sénégalais, bravant toutes sortes de difficultés, faisant toutes sortes de sacrifices physiques et financiers pour défendre leur candidat Macky Sall, le sieur Souleymane Jules Diop n’a eu de cesse de présenter ce dernier sous un mauvais jour, de le décrire comme un être faible, sans consistance, sans épaisseur politique ni intellectuelle, incompétent et incapable de diriger une quelconque institution, a fortiori la présidence de la République. N’avait-il pas déclaré que voter pour Macky Sall c’est élire Marième Faye Sall ? Alors, il est fort aisé de comprendre mon malaise. A la place du Président Macky Sall, jamais ma fierté ne m’aurait permis de solliciter la collaboration d’un tel individu.
Et que dire du comportement irrespectueux et irrévérencieux du ministre Moustapha Diop qui a osé, parce que sûr de bénéficier d’une protection, éconduire avec mépris d’honorables magistrats de la Cour des comptes agissant au nom du président de la République. Plus révoltant, le ministre Mous­tapha Diop n’a même pas daigné présenter ses excuses. C’est malheureusement, le président de la République lui-même qui est venu à résipiscence pour le compte du ministre. Un ministre qui se comporte de manière désinvolte avec les deniers publics, en faisant croire aux personnes bénéficiaires qu’il s’agit de son argent ou celui du président de la République. C’est écœurant, tout ceci.
Revenant sur le cas du griot attitré du chef de l’Etat, beaucoup de Sénégalais ont été choqués de voir cette image provocatrice montrant le gus qui, après avoir bénéficié d’un plateau télévisuel où il s’est fendu en dithyrambes, éloges et panégyriques en faveur de son mentor, s’est dirigé à la tribune officielle pour faire se lever le président de la République qui y était assis et confortablement installé en sa qualité de représentant du Peuple Sénégalais et d’invité d’honneur de la cérémonie commémorative du 52e anniversaire de l’accession de la Gambie à la souveraineté internationale.  L’accolade avec le président de la République, après que son griot attitré avait copieusement déversé des insanités sur son représentant, en l’occurrence monsieur le Préfet, a fait mal à toutes les autorités administratives, à tout le commandement territorial et à toutes les personnes imbues de principes républicains et qui ont un sens élevé de l’Etat. Il se serait comporté comme ça au Sénégal, que les éléments du Gign l’auraient empaqueté et jeté dans leur fourgon.
C’est du mépris à l’endroit des gouverneurs, des préfets et des sous-préfets et de tous les fonctionnaires. Comment un gus de cette trempe peut-il ou doit-il bénéficier de tant d’égards et de considération par rapport à ce grand corps de l’Etat qui tient les piliers de la République. Il faut oser le dire, il ne saurait être question que des officiers supérieurs, des hauts fonctionnaires, des autorités administratives, que des serviteurs de l’Etat, quelles que soient leurs stations, s’aplatissent ou observent une posture de reptation devant un simple crieur public, un minus habens qui n’a de mérite que de chanter les louanges d’un individu, fût-il un roi.
Le plus souvent, les personnes issues d’une certaine catégorie sociale considérée comme pas noble (ce qui faut d’ailleurs combattre) nourrissent un complexe d’infériorité et se comportent en faisant montre d’autoritarisme, de pouvoirisme et d’intolérance, surtout quand vous ne partagez pas leur opinion. Ils ont la fâcheuse et désagréable propension à brimer leurs concitoyens et à se comporter comme le «mâle dominant d’un troupeau d’éléphants». Une coïncidence peut-être, mais le physique du griot attitré du chef de l’Etat rappelle celui d’un pachyderme qui est pourtant réputé sympathique.
Certaines pratiques doivent connaître un terme dans ce pays, qui vit présentement une véritable inversion des valeurs. Il faut une véritable remise en cause, un réexamen des principes axiologiques qui doivent présider à la gouvernance d’une République. La République est  au-dessus de tout le monde, elle est un bien commun, une richesse collective, un patrimoine qui ne saurait souffrir d’aucune agression, d’aucun mépris et d’aucun manque de considération. Tout acte ou parole contre la République doit être sanctionné vigoureusement et rigoureusement. La République est fille de la Nation, dont tous les fils et fille sont d’égale dignité.
Aujourd’hui, la République est infestée et prise en otage par une horde d’écornifleurs, une bande de coquins incultes et ignares, une meute de profitards, un groupe de ploutocrates et une masse de transhumants politiques, qui ont vendu leur âme au diable, qui ont bradé leur dignité et se sont niés toute once de fierté pour tout simplement être dans les bonnes grâces du Prince et continuer ainsi à jouir indûment des avantages et privilèges produits grâce à la sueur des couches déshéritées.
Je me demande si certaines autorités savent réellement ce que c’est la charge de président de la République. Un président de la République n’est pas n’importe qui, c’est le mandataire du Peuple souverain et le dépositaire de la légitimité populaire. En aucun cas, ses fonctions ne doivent faire l’objet d’une quelconque agression, d’une quelconque humiliation. C’est le devoir de tout citoyen de préserver sa noblesse, son honorabilité et sa dignité.
Sauvons la République. Que vive la République !

Boubacar SADIO
Commissaire
Divisionnaire de Police
à la Retraite
Keur Mbaye Fall / Mbao

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