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Le paludisme, encore appelé malaria, est une maladie causée par un parasite appelé plasmodium. Ce dernier est véhiculé par l’anophèle femelle qui le transmet à l’homme par piqûre à l’occasion d’une succion de sang.
Les signes du paludisme sont : fièvre, maux de tête, nausée avec souvent vomissements et parfois diarrhée, anorexie avec bouche amère, courbatures et insomnie.
Le paludisme se diagnostique avec différents tests possibles. Il se traite et se guérit avec un traitement médicamenteux et des mesures hygiéno-diététiques. Les politiques en santé publique de lutte contre le paludisme s’accentuent sur la prévention par élimination de la prolifération du moustique vecteur du parasite, par la distribution gratuite et la recommandation de dormir sous «Milda», par la prise de comprimés préventifs à base de sulfadoxine-pyriméthamine chez la femme enceinte et le drépanocytaire.
Ces dernières années, les pays endémiques du paludisme semblent avoir gagné le combat de la lutte antipaludique avec presqu’une élimination des cas de paludisme grave (neuro-paludisme) et de la mortalité palustre et avec une nette diminution de cas diagnostiqués de paludisme simple. Le Sénégal en particulier était sur le point d’«éliminer» le paludisme. Et comme dans une guerre, lorsqu’on a affaire à un protagoniste de l’envergure de la malaria avec ses ravages aux conséquences incommensurables du point de vue économique, politique et social, il faut mobiliser le grand arsenal. Entre autres, la communauté scientifique travaille d’arrache-pied pour arriver à bout de la malaria et on peut citer la mise au point des médicaments Act, et plus récemment la découverte du test de diagnostic rapide Illumigene malaria par le Professeur Daouda Ndiaye (parasitologie-mycologie). Lorsque l’ennemi est sur le point d’être vaincu, les moyens à mobiliser pour le combattre diminuent. Et c’est ainsi que les fournisseurs de médicaments ont revu à la baisse leurs commandes d’antipaludéens, et les industriels ont diminué leurs productions d’antipaludéens. Cependant, cette année 2018 est marquée par un retard et une abondance des pluies ayant favorisé la prolifération du moustique vecteur du paludisme. Et à un moment où tout le monde semble dormir sous «Milda», les gens perdent leur prémunition qui est une sorte d’immunisation, une protection qui fait que l’individu a le parasite dans son sang, mais ne tombe pas malade. Ce type de protection est un état de fait dû aux nombre de fois où l’individu tombe malade du paludisme et aussi aux piqûres permanentes de l’anophèle femelle. Comme qui dirait que la «Milda» favoriserait d’une certaine manière le paludisme et que se faire piquer par la dame anophèle serait bénéfique, même si le risque est de tomber malade.
Le paludisme revient avec force cette année alors que les commandes en médicaments antipaludéens ont nettement diminué ces dernières années proportionnellement aux victoires sur le paludisme. Nous assistons aujourd’hui à une rupture (manque) imprévue de la plupart des médicaments antipaludéens. Et les malades peinent à en trouver sur presque tout le Sénégal.
A l’heure actuelle, il est inconcevable de parler d’«élimination» du paludisme tant que le vecteur prolifère, tant que le réservoir de parasite existe (l’homme sain portant le parasite dans son sang) et tant qu’un vaccin pour une immunisation complète n’est pas mise au point par la communauté scientifique. Cependant, l’espoir est permis, car la recherche scientifique n’est pas prête à caler ses roulettes sur le champ de bataille contre la malaria…
Docteur Omar SARR – Pharmacien assistant

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