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72 heures d’enfer pour les populations à partir de ce lundi. Le Syndicat autonome des médecins du Sénégal (Sames) décrète trois jours de grève avec une centralisation des urgences. A Dakar durant ces 72 heures, les urgences seront assurées à tour de rôle par Le Dantec, l’Hôpital général de Grand Yoff et celui de Pikine. Ce même schéma sera reconduit dans les régions. Une situation qui risque d’engendrer des conséquences dramatiques pour la population.

Le Syndicat autonome des médecins du Sénégal (Sames) corse son plan d’actions et décrète 72 heures de grève à partir de ce lundi. Cette fois-ci, les urgences ne sont pas assurées dans les hôpitaux et structures de santé de manière systématique. Le Sames va centraliser les urgences. Ce lundi dans la région de Dakar, seul l’hôpital Le Dantec va s’occuper des urgences sanitaires. Le mardi, ce sera au tour de l’Hôpital général de Grand-Yoff et l’hôpital de Pikine prendra le relais le mercredi, d’après les explications du Secrétaire général du Sames, Dr Boly Diop. Ce même dispositif va être reconduit dans toutes les régions du Sénégal. Les localités les plus reculées où les structures hospitalières fonctionnent avec un plateau médical assez modeste ne sont pas épargnées. Les régions de Fatick, Kaolack et Kaffrine tour à tour vont se charger des urgences lundi, mardi et mercredi. Ce qui veut dire que pendant ces trois jours, seule une structure hospitalière va assurer les urgences dans ces trois régions. Il en sera ainsi pour la partie du Sud du pays où les régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda se retrouveront à prendre en charge les urgences à tour de rôle pendant ces trois jours de grève.
C’est la première fois qu’un syndicat du secteur de la santé use de cette arme «redoutable». Et cette grève ne sera pas sans conséquences. Aussi bien dans les régions qu’à Dakar, on imagine déjà le désarroi des populations. Les hôpitaux auront forcément des difficultés pour prendre en charge les urgences, car même en temps normal avec toutes les structures sanitaires fonctionnelles, on note toujours des problèmes.
Le Sames, qui dit être conscient des conséquences de la centralisation des urgences puisque l’ayant reportée à deux reprises, désigne l’Etat comme étant le seul responsable de la situation. Les médecins, qui réclament le respect des accords signés notamment le statut du praticien hospitalier, la retraite à 65 ans, le régime indemnitaire et le dégel des prêts Dmc demandé depuis le 31 mars 2014 se veulent clairs. «C’est l’Etat qui a provoqué cette situation. Nous avons toujours prôné le dialogue pour la matérialisation des accords. Mais ce gouvernement ne connaît que la confrontation. On ne peut pas concevoir dans ce pays qu’un fonctionnaire reçoit à lui seul une indemnité de logement d’un million de francs Cfa qui double le salaire d’un médecin. Pourquoi le gouvernement ne corrige pas cette injustice qu’il a reconnue», se demande Dr Boly Diop. Le Secrétaire général du Sames dit prendre toutes les mesures pour en informer ses collègues des régions mais aussi les populations.
Revenant sur les négociations, Dr Boly Diop rappelle que le Sames a passé deux ans avec le gouvernement pour passer les accords. «Et quatre années après, nous sommes toujours au point de départ. Nous avons tenu plus de 100 réunions et rien», se désole M. Diop.
ndieng@lequotidien.sn

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