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«La science successorale en islam : théories et mécanismes» est un livre du Professeur Mamadou Diouf Tafsir Baba. Il a été traduit de l’arabe par le Docteur Abdourahmane Ba. De bout en bout, l’auteur éclaire la lanterne des lecteurs, celle des musulmans en particulier, sur les calculs mathématiques permettant d’opérer un partage équitable entre les héritiers.

«La question du mîrâth de­meure une préoccupation majeure et impérative pour la régularisation de la marche des sociétés humaines, notamment musulmanes. La vie sur terre est régie par le double cycle natalité-mortalité. Cette mortalité intervient de façon soudaine et spontanée, ne laissant pas le temps au défunt (ou à la défunte) de statuer ses biens en faveur de sa lignée ascendante comme descendante.» Cette note du Dr Abdourahmane Ba donne une idée de la quintessence du livre La science successorale en islam : théories et mécanismes du Professeur Mamadou Diouf Tafsir Baba. Ce dernier, de ligne en ligne, démontre que la charia a tranché en fixant les règles de partage en faveur de tous les ayants droit. L’auteur s’est intéressé à la méthode qui permet de départager de façon raisonnable et logique les biens laissés par un défunt. En fait, il rappelle que le partage ne doit pas se faire n’importe comment, ni par n’importe qui, car il est basé sur des calculs mathématiques. Ainsi de page en page, l’écrivain dévoile les mécanismes arithmétiques permettant d’opérer un partage équitable entre les héritiers.
A travers cet ouvrage de 136 pages, scindé en plusieurs parties, l’auteur remonte dans le temps. Il y évoque en effet l’héritage selon certaines sociétés antérieures à l’islam. Il s’agit des Grecs et Romains, des Juifs, des Arabes de la période antéislamique, l’Europe catholique. Ce spécialiste de la science successorale en islam rapporte que «les Juifs considèrent que le fils aîné est plus qualifié pour hériter le capital-décès. Si les enfants du défunt sont nombreux, le fils aîné emporte la part de deux personnes. De même les enfants, qu’ils soient adultérins ou légitimes, sont considérés au même pied quant à l’héritage. La fille de moins de 12 ans n’hérite pas, elle a droit à être dispensée jusqu’à ce qu’elle soit mature». Et d’ajouter : «Et à 12 ans, le Cd est remis aux filles, en l’absence de garçons, puis aux ascendants, ensuite aux collatéraux frères mâles et ceux qui s’ensuivront par la suite. Cet héritage est considéré comme un dépôt pour une durée de 3 ans avant d’être en mesure de le posséder définitivement.» Cette pratique antique chez les Juifs n’est pas valable en islam. D’après l’écrivain, dans la redistribution du capital-décès entre les héritiers mâles et ceux de sexe féminin, l’islam attribue la plus grande part à la femme, même si parfois elle en hérite la moindre. Parfois, dit-il, l’islam prive l’homme au profit de la femme et vice-versa (Page 18).
Un peu plus loin, exactement à la page 123, Pr Mamadou Diouf Tafsir Baba fait savoir qu’il existe des cas où l’homme et la femme prennent leur part à égalité. «…Quant au père et à la mère du défunt, à chacun d’eux le sixième de ce qu’il laisse, s’il a un enfant…», sourate An-nisâ, verset 11, rapportée par l’auteur. C’est dans le cas où la personne meurt et laisse son père, sa mère et des descendants héritiers mâles ou du sexe féminin. Ainsi à la 25ème page, l’auteur apporte des précisions sur les empêchements de l’héritage. Selon lui, il existe six situations qui, malgré le manque d’unanimité entre les écoles juridiques, empêchent l’héritage. Il s’agit de l’apostasie, la différence de nationalité, la différence de monnaie, le témoignage d’un parent contre sa propre personne, le contrat de mariage incomplet et le divorce irrévocable.

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