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Après le match nul ayant sanctionné son premier duel avec Modou Lô en 2011, Lac de Guiers 2 a cette fois-ci perdu son combat contre le «Rock» des Parcelles Assainies. Face à la colère de ses supporters qui lui reprochent d’avoir manqué de courage et d’initiatives, Lac 2 tempère en avançant la prudence face à un lutteur aussi rusé et agile. Le Quotidien l’a accroché hier chez lui, à Fith Mith. Entretien.

Vous semblez abattu après votre défaite sur décision arbitrale face à Modou Lô ?
Non du tout. Je me suis réveillé avec la mine réjouie. Je rends grâce à Dieu. J’ai mis en avant les valeurs du fair-play en acceptant le verdict du combat qui a vu Modou Lô désigné vainqueur. Toute ma famille s’est réveillée, soulagée, je ne peux donc que rendre grâce au Tout Puissant. Je n’avais pas imaginé que le combat allait se passer comme ça. Mais la lutte n’est pas une science exacte. Tu l’abordes dans l’espoir de remporter le gain de la partie, mais les choses se passent autrement.
Vos supporters ont montré leur amertume, en vous reprochant d’avoir manqué de courage et de témérité face à Modou Lô. En clair, ils vous reprochent de n’avoir pas pris assez d’initiatives contrairement à ce que vous aviez promis…
Il faut se rendre à l’évidence que Modou Lô n’est pas un lutteur qu’on doit attaquer sans une bonne stratégie. Modou Lô n’est pas un lutteur facile à battre. Il reste et demeure un champion, même si je conteste qu’il est “Xaragne“. S’il ne m’avait pas battu par décision arbitrale, je lui aurais reconnu ce sobriquet. Je tiens tout de même à préciser que ce n’est pas dans mes intentions d’entacher sa victoire qui ne souffre d’aucune contestation. Et je prie que cela lui porte chance. Je répète que Modou Lô n’est pas un lutteur sur qui on doit marcher à l’aveuglette. Si tu prends le risque de l’attaquer sans mûrir ta stratégie, tu risques de le regretter. Le poids qu’il affiche lui permet d’être maître de son corps et de pouvoir déjouer les attaques par des feintes du corps qui peuvent se révéler très dangereuses pour un poids lourd comme moi.
Vous semblez souffrir lors de ce combat d’un surpoids qui vous a empêché de prendre à défaut votre adversaire ?
J’étais très à l’aise avec mes 125 kilos. J’ai senti que j’étais maître de mon corps. J’ai senti que j’étais très rapide. Contre Yékini, j’étais à 131 kilos. C’est vous dire que j’ai perdu 6 kilos pour avoir une certaine vivacité et une rapidité d’exécution. Je n’ai jamais été aussi rapide dans un combat.
Pourquoi n’êtes-vous pas parvenu à prendre le dessus sur Modou Lô, alors que vous êtes parvenu à vous saisir de sa jambe gauche ?
Le problème est que je ne suis pas parvenu à bien saisir sa jambe du fait que je n’étais pas à une position idéale. C’est ce qui explique que je n’ai pas pu ma­nœu­vrer comme il se doit pour projeter mon adversaire à terre. Modou Lô étant très mobile. C’est en cherchant à m’emparer de l’autre jambe que Modou Lô a déjoué ma stratégie en reculant. C’est vous dire qu’il est un lutteur rusé. J’ai fait tout ce qui était en mes capacités dans ce combat. Mais Dieu a décidé que ce combat allait se terminer de cette manière.
A un moment donné aussi, vous aviez une bonne prise au niveau de son Nguimb…
Faut savoir que je n’avais pas une aussi bonne saisie sur Modou Lô, même si j’avais réussi à mettre la main sur un bout de son Nguimb. C’est pourquoi, je n’ai pas pu le soulever. Si j’avais insisté pour le soulever, il y avait un risque de me voir perdre l’équilibre et me retrouver à terre. Il y a plus d’un an que je me prépare pour livrer ce combat. C’est ce qui fait que je n’ai pas voulu trop me découvrir pour faciliter la tâche à mon adversaire.
Parlons des avertissements, finalement ils vous ont été fatals…
J’ai reçu des avertissements pour avoir reculé. Le recul stratégique fait partie de la lutte. Il est différent de la non-combativité qui consiste à reculer pour fuir son adversaire. Qu’on se dise la vérité : qu’est-ce qu’on voulait que je fasse ? Que je reste cloîtré sur place. Il y a beaucoup de choses dans la lutte que je ne voudrais pas évoquer. C’est un combat que j’ai pris au sérieux et que je ne vais pas vendanger pour rien au monde. J’ai mûri mes attaques en prenant tout mon temps. Je n’ai rien à regretter. Modou Lô est tellement malin que c‘est un risque de l’attaquer de manière désordonnée.
Modou Lô a eu à vous prouver qu’il avait une lourde frappe pour vous avoir obligé à faire un tour chez «Ardo»…
Je ne suis pas d’accord avec vous. Si Modou Lô avait une frappe lourde, je me serai retrouvé à terre. Je n’ai qu’une égratignure au niveau de la lèvre supérieure. Et c’est au moment où je relevais la tête que j’ai reçu ce coup.
Pourquoi donc avoir reculé après un échange de coups avec votre adversaire ?
Je n’étais plus dans les conditions de poursuivre le combat parce que j’avais reçu du sable dans l’œil. Je ne parvenais plus à voir clairement à cause d’un œil fermé. C’est vous dire à cet instant que je luttais avec un seul œil ouvert. C’était risqué de poursuivre le combat dans ces conditions, c’est pourquoi j’ai sauté les sacs en faisant un recul stratégique. Et après, lorsque j’ai saisi Modou Lô, vous avez remarqué qu’il a reculé lui aussi. Le recul stratégique fait partie de la lutte. Un lutteur qui ne sait pas se défendre n’aura que des défaites qui vont rythmer sa carrière.
Vous semblez perdre vos talents de boxeur depuis votre blessure à la main…
(Catégorique) Je ne souffre d‘aucune blessure aux mains. (il se met à cogner contre le mûr pour convaincre de la véracité de ses propos). Sinon je n’aurais pas réussi à lui envoyer un uppercut. D’ailleurs pour ceux qui disent que j’ai été sanctionné d’un coup irrégulier, c’est faux. Je n’ai pas en­voyé un coup irrégulier à Modou Lô.
Serez-vous tenté de croiser une troisième fois Modou Lô ?
Je suis prêt à m’expliquer une troisième fois avec Modou Lô. Qu’un promoteur prenne cette initiative de nous mettre aux prises une troisième fois. Je suis convaincu que mon chemin va croiser celui de Modou Lô une troisième fois. Ne vous inquiétez pas, ce combat aura lieu. A quelle date ? Je ne saurais le dire. Si on fait nos preuves, rien ne va empêcher une troisième explication.
Que diriez-vous d’un combat-revanche face à Tapha Tine que vous aviez battu en 2007 lors du Championnat de lutte avec frappe (Claf) ?
Mes potentiels adversaires se comptent à la pelle. Je n’en dirais pas plus. Je réserve ma réponse au promoteur qui va afficher sa volonté d’organiser ce combat. On saura si je suis chaud à l’idée de le croiser ou pas. Contre Modou Lô, je n’ai pas été terrassé. Mon Nguimb n’a pas touché le sol. Mes futurs adversaires sont avertis. Tous ceux qui auront à me rencontrer devront cravacher dur. Parce que je ne leur faciliterai jamais la tâ­che.
N’avez-vous pas perdu du terrain dans votre marche vers le titre de «Roi des arènes» ?
Ce n’est pas trop tard pour être «Roi des arènes». Qu’on reste patient. Un jour, on en reparlera. Que Dieu nous prête longue vie et santé, et on en arrivera un jour. N’insinuez pas surtout à travers mes propos une volonté de lorgner le fauteuil de Bombardier. Je maintiens mes propos de ne jamais croiser Bombardier. C’est une promesse que j’ai faite et que je maintiens. Je suis un homme de parole.

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