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L’Alliance des forces de progrès (Afp) aura 20 ans en juin 2019, âge de la majorité ferme, mais aussi l’âge de la raison et de la responsabilité.
A l’approche de cette date référence, plusieurs questions se posent aujourd’hui face au bouillonnement de l’espace politique et aux perspectives de repositionnement des forces politiques, aujourd’hui réunies autour du Président Macky Sall, notre candidat déclaré depuis mars 2014 et investit avec éclat, le 27 novembre 2018 à l’hôtel Ngor Diarama, pour porter les couleurs de l’Afp et dans la foulée celles de Benno bokk yaakaar.
L’histoire s’est elle arrêtée là ?
En principe non, car notre engagement lors du Bp du 10 mars 2014 était de réélire le Président Macky Sall pour un second mandat en 2017 et que finalement la légalité constitutionnelle a poussé cette échéance en 2019.
Nous sommes toujours sur la foi de notre serment et des valeurs qui l’ont sous-tendu et il en est heureux ainsi, en cette période où dire une chose et son contraire entre midi et quatorze heures est une chose courante et n’émeut plus à force d’être banal.
L’Afp a, à maintes reprises, réitéré cet engagement qui lui a valu une crise interne, et de douloureuses séparations quoiqu’on puisse dire. Mais comment matérialiser ce compagnonnage qui n’a pas été toujours heureux ; car faut-il le rappeler, c’est durant ce long chemin que nous avons été amputé de 6 députés sur 12 au Sine Saloum, bastion de notre leader Moustapha Niasse, pour les besoins de la cohésion de l’attelage Bby et des équilibres politiques, nous sommes passés de 2 ministres à 1 seul alors que nos alliés du même camp ont consolidé leurs positions et leurs responsabilités. Au niveau du Conseil économique social et environnemental nous n’avons aucun membre, les sièges de l’Afp ont été distribués à Bss. Bref l’Afp a payé le prix fort de son engagement à côté du Président Macky Sall. La situation du pays le requerrait, et les nécessités d’une première expérience inédite étaient à mettre sur la balance pour la faire pencher du côté des sacrifices à consentir, non sans contestation.
Aujourd’hui que de nouveaux challenges électoraux se dessinent et que la lutte pour la réélection du Président Sall reste plus que jamais une priorité pour la poursuite de notre marche résolue vers notre destin national, l’Afp semble opter pour la résignation, ou la posture presque paresseuse de faiseur de roi au risque d’être reléguée au rang des partis sans envergure appelés demain à meubler le décor d’une future coalition gagnante sans aucune position éminente ou tout-au-moins à la périphérie de la décision, en se contentant uniquement de se glorifier comme certains d’avoir élu Macky Sall sans aucun indicateur de mesure de leur véritable contribution à la victoire.
Ma conviction est faite, Macky Sall, au regard du travail politique qu’il a commencé à faire depuis longtemps, va récolter les fruits le 24 février 2019. Qu’on ne nous parle pas de fraude. Je vous garantis que c’est un travail méthodique et bien suivi, pendant que les autres, du moins certains d’entre eux, continuent de parler, que dire, d’invectiver et de marcher en délaissant l’essentiel. Il est vrai qu’au sortir de la campagne de parrainage beaucoup y ont laissé des plumes, de l’énergie et que sais-je encore.
Pendant ce temps l’Afp sombre dans un grand sommeil, avec des apparitions sporadiques, intermittentes. L’indicateur le plus marquant qui renseigne sur le faible niveau de prise en charge des préoccupations des Séné­galais a été le faible taux de présence dans les médias sénégalais lors du référendum. Selon l’étude publiée par le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel, on était au coude à coude avec Tekki autour de 1%.
Un de mes amis qui nous raille souvent, m’a dit récemment qu’on s’était «embourgeoisé». Que non !
La raison est qu’aujourd’hui, il n’y a pas de leadership alternatif pour assumer le projet politique de l’Afp porté depuis 1999 par des jeunes (qui ne sont plus jeunes aujourd’hui) des femmes et des hommes aujourd’hui pers­on­­nes du 3ème âge.
Le parti doit trancher dans le vif entre d’une part, un statu quo qui risque de le faire plonger dans l’abîme, parce que n’offrant aucune perspective aux jeunes compagnons de Moustapha Niasse, lui-même frappé par la limite d’âge constitutionnelle pour être président de la République, d’autre part, une relève qui doit être assurée et qui ne peut et doit l’être que de façon démocratique. C’est là que se trouve le problème. L’agenda politique ne fait aucune place à un Congrès statutaire pour renouveler les instances ; l’élection présidentielle c’est pour bientôt. La vente des cartes a été plombée par des individus connus de tous et sans bavure, et le dispositif en place est en panne pour impulser les grandes mobilisations qu’a connues l’Afp.
Que faire pour aller à la Présidentielle et y contribuer de façon déterminante si on ne peut faire la preuve de son poids électoral, de son leadership voire de sa légitimité politique. Au demeurant la question de notre rôle dans la campagne ne saurait se réduire dans un magma de Bby où l’Afp n’a aucune visibilité, ni moyen de se rendre efficace (il n’est pas question d’être des seconds couteaux ou des chargés de la logistique…). Comment avoir de telles prétentions si on n’a pas les moyens de faire la preuve de notre organisation, de représentativité, que dis-je, si on ne se donne les moyens d’organiser notre présence sur le terrain avec des responsables toujours déterminés, mais hélas largué par rapport à l’appareil du parti qui est devenu aphone.
L’heure est grave ! Pour paraphraser nos jeunes frères étudiants.
L’Afp ne peut faire l’impasse sur des négociations sérieuses au sommet pour définir les modalités de son engagement et les conséquences qui doivent en découler dans la gestion du pays en cas de victoire. Notre parti ne peut le faire qu’à partir d’un socle d’hommes et de femmes qui pendant 19 ans ont fait du chemin et qui se connaissent bien, et évidemment sous la direction bienveillante et éclairée du président Moustapha Niasse, avec comme unique objectif d’accompagner Macky Sall à la victoire au premier tour et bâtir les rampes de lancement de l’Afp revivifiée pour aller à la rencontre de nos compatriotes des villes et campagnes en 2024.
On ne peut plus rester dans une posture de quasi résignation où l’on se gausse de dire on ne demande rien. Qu’on soit bien clair, il ne s’agit pas de conditionnalité à notre engagement. Cela est derrière nous, on s’est déterminé depuis longtemps. Mais on doit avoir les moyens et les raisons de notre engagement en tant que parti allié. Pour cela il nous faut du travail, il nous faut suer, il nous faut être solidaires et ouverts et pourquoi pas, penser au retour à la maison de nos ex-camarades pour refonder la grande famille Afp forte de ses ambitions.
Notre attitude actuelle donne raison à ceux et celles qui pensent qu’après la Présidentielle de 2019, avec la recomposition inévitable qui se profile, l’Afp sera condamnée à jouer les seconds rôles et pour longtemps.
Rien que pour ça il urge de sonner l’heure du réveil.
Mamadou NDAO – Président de la Commission
politique de L’Alliance Nationale des Cadres pour le Progrès
Alliance des Forces de Progrès
Afp

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