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La justice sud-africaine avait fait saisir un bateau transportant du phosphate marocain, à la demande du Poli­sario. Après une année de procédure, la marchandise a été rendue à son propriétaire légitime et autorisée à poursuivre sa route. A la grande satisfaction de la partie marocaine.

Le Maroc vient de remporter une victoire importante contre le Polisario sur le plan international. Il y a trois jours, l’Office marocain des phosphates (Ocp) a annoncé la récupération «pour un dollar symbolique» de sa cargaison de 55 mille tonnes de phosphates, retenue pendant plus d’un an en Afrique du Sud par décision de justice. La cargaison se trouvait dans un bateau, le «Cherry Blossom», battant pavillon des Iles Marshall, et à destination de la Nouvelle Zélande où la marchandise devait être livrée.
Un juge sud-africain avait décidé de sa saisie, après une plainte du Front Polisario qui invoquait un «pillage des ressources du Sahara Occidental par le Maroc». On sait que l’Afrique du Sud est, avec l’Algérie, l’un des plus ardents défenseurs de la République arabe sahraouie démocratique au plan international.
Quoi qu’il en soit, le juge de Port Elizabeth avait mis la cargaison sous séquestre, en attendant jugement, ce à quoi la partie marocaine a refusé de se soumettre, parce qu’elle considérait cette saisie comme «un acte de piraterie politique», selon les termes de certains responsables de l’Ocp, interrogés notamment par la presse marocaine.
La partie marocaine ayant refusé de plaider devant sa juridiction, le juge sud-africain a mis la marchandise en vente aux enchères. Et bizarrement, aucun client ne s’est proposé à l’achat. De guerre lasse, le juge a été obligé de laisser l’armateur du bateau acquérir la marchandise pour un franc symbolique. Il n’a eu à payer, en plus, que les frais de l’adjudicataire judiciaire qui s’élevaient à 70 mille euros et a aussitôt restitué le phosphate à son propriétaire légitime, la compagnie marocaine Phosbou­craa, pour un dollar symbolique. Dès que cela a été fait, le bateau a repris la mer sans attendre.
Si les Marocains crient victoire, c’est que cette affaire les a confortés dans leur position selon laquelle le règlement de cette affaire était plus politique que judiciaire. Ils font remarquer qu’il y a dans le monde plus de 200 territoires qui font l’objet de contestation, parfois très violente. Et si n’importe quel juge de n’importe quel pays tiers se permettait de se saisir de conflits commerciaux concernant n’importe lequel de ces territoires, on aboutirait rapidement à une impossibilité de commercer sur le plan international. Ils rappellent par ailleurs que dans un cas similaire, un juge de Panama avait débouté le Polisario de sa demande.
Pour sa part, le Polisario a publié un communiqué pour revendiquer une victoire dans ce dossier. Il a d’ailleurs annoncé qu’il continuerait à engager des procédures similaires «contre toutes les entreprises qui achètent du phosphate sahraoui».
Le phosphate et ses dérivés constituent une ressource des plus importantes de l’économie marocaine. L’année dernière, l’Ocp a réalisé un chiffre d’affaires de 48,5 milliards de dirhams, ce qui représente environ 2 660 milliards de francs Cfa, en hausse de 14% par rapport à l’année précédente.
mgueye@lequotidien.sn

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