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Malgré le temps, la formation du gouvernement de Dionne 2 continue de provoquer des remous, et pas que dans l’opposition ou auprès de la société civile. Un membre éminent de l’Apr, Lamine Bara Gaye, est venu s’épancher dans les colonnes du journal Le Quotidien pour afficher son mécontentement et ses inquiétudes quant à la manière dont son parti est dirigé et les risques qu’il encourt. Il ne manque pas de viser directement le sommet du dispositif, et de désigner le président de son parti, Macky Sall, comme le responsable des faits.

Comment analysez-vous la défaite de Benno bokk yaakaar à Mbacké, lors des dernières Législatives ?
La défaite au niveau de Mbacké peut être analysée à plusieurs niveaux. D’abord par l’écart qui a toujours existé entre le top management du parti et la base départementale. Depuis 5 ans et l’arrivée de Macky Sall au pouvoir, les responsables du département de Mbacké n’ont jamais été reçus à la Présidence pour discuter des questions politiques du département. Les seules occasions où nous voyons le président de la République, c’est lors du Magal de Touba. Ce sont souvent des audiences nocturnes. Il n’y a jamais eu d’audiences techniques ou politiques entre le Président et les responsables du parti pour la prise sa charge correcte des préoccupations dans le département de Mbacké. La deuxième raison est la faiblesse du personnel politique. Au plan institutionnel, Mbacké ne dispose que d’un seul portefeuille ministériel. Et d’ailleurs, ce ministre est apolitique. On a une seule direction générale qui vient à peine de naître et dirigée par notre frère Gallo Ba. Le reste, ce sont des députés. L’autre problème est le privilège qui est plus accordé aux chefs religieux qu’aux responsables politiques. Certes le président de la République doit tisser de bonnes relations avec les chefs religieux, mais ce ne sont pas ces derniers qui vont faire sortir les électeurs le jour du vote.
En ce qui vous concerne, qu’est-ce que vous avez fait en tant que responsable à la base pour faire gagner Benno bokk yaakaar ?
A notre corps défendant, nous nous sommes battus sur le terrain. L’élection, c’est tout un processus qui débute lors des inscriptions sur les listes électorales. Pendant toute la période du processus, nous n’avons pas à Touba-Mbacké une administration politique. Ce dispositif, c’est accompagner les militants, les inscrire, monter des comités etc. pour les inciter à aller voter le jour j. L’électorat à Mbacké est toujours à 90% fidèle au Pds. Nous n’avons pas travaillé à renouveler notre assiette électorale au niveau du département de Mbacké. Pour cela, il faut avoir des moyens politiques. Malheureusement, nous n’en disposons pas.
Mais c’est un problème qui n’est pas spécifique à Mbacké…
D’accord. Mais Mbacké ne peut pas être traitée sur le même pied d’égalité que le département Bambey ou de Gossas. Chaque fois qu’il y a un petit problème à Pikine ou Guédiawaye, on appelle les responsables pour régler le problème. C’est le cas quand il y a un petit bruit entre Matar Ba et Cheikh Kanté. A plusieurs reprises, nous avons eu de problèmes sérieux avec Mousta­pha Cissé Lô. Jamais le parti n’a mis un dispositif d’arbitrage.
Comment expliquez-vous ce manque de considération ?
C’est le top management du parti.
Vous accusez le chef de votre parti, Macky Sall ?
Je ne l’accuse pas, mais je dis qu’il y a un écart entre le top mangement du parti et la base politique à Mbacké.
Qui incarne ce top management du parti ?
C’est Macky Sall qui ne reçoit pas les responsables du département. Il ne les connaît même pas. On peut y ajouter le comportement de mon ami et frère Moustapha Cissé Lô, qui a toujours eu des relations heurtées avec nombre de foyers religieux au niveau de Touba-Mbacké. Cela nous a valu un vote-sanction.
Pourtant, Cissé Lô ne milite plus à Mbacké…
D’accord, mais c’est lui qui fait et défait les choses à Touba. Je prends à témoin l’opinion. Il s’est présenté devant une télévision pour dire que c’est lui qui a fait la liste et que le Pds va mordre la poussière. Le résultat est connu de tous, avec cette déroute. Pourtant, j’avais alerté lors d’un meeting en mai 2017, pour attirer l’attention de la direction du parti. Je suis au regret de constater que je n’aie pas été écouté. Le résultat est que nous avons été battus à plate couture. Rien que dans la commune de Mbacké où le Pds ne dispose même pas d’un leader charismatique, nous avons été dépassés de 1 300 voix. Cela veut dire que l’Apr ne dispose pas d’un dispositif politique à la hauteur des ambitions et du poids électoral de ce département.
Le député Abdou Lahad Seck dit Sadaga accuse certains hauts responsables apéristes de Mbacké d’être en collusion avec l’opposition…
Sadaga a beaucoup de volonté. Je le connais et il se bat beaucoup sur le terrain politique. Mais le département de Mbacké a une tradition d’être au haut niveau dans l’appareil gouvernemental. Depuis que Macky Sall est au pouvoir, ce département est sous représenté dans l’appareil d’Etat. Il y a aussi la faiblesse des investissements au niveau de Mbacké. A part l’autoroute à péage et les investissements au niveau de l’assainissement, c’est le désert. Les populations n’ont pas encore senti l’action du gouvernement de Macky Sall en termes de réalisations concrètes. Dans le Pudc, nous avons été zappés. Comment peut-on mettre un programme d’urgence dans un pays comme le Sénégal et zapper Mbacké ? Personne ne le comprend. Aujourd’hui, le stade dont nous disposons est en chantier depuis 2012 jusqu’à nos jours. J’ai écrit plusieurs fois au ministre des Sports Matar Ba. Pourtant, on a réfectionné des stades à Saint-Louis, Guédia­waye… Même dans la petite commune de Thérèse Faye, Diarrère, on est en train de monter un gazon synthétique. Le gazon du stade de Mbacké est devenu un champ de patate.
Vous êtes membre du secrétariat exécutif national de l’Apr. Pourquoi n’avez-vous pas directement exposé vos complaintes à Macky Sall ?
C’est cela qui justifie ma sortie. Ce n’est pas pour dénigrer le gouvernement, ni m’attaquer à l’institution qu’est le président de la République, mais il est de mon devoir d’alerter. Cela fera partie de mes dernières sorties. Par ailleurs, un gouvernement répond à des critères confessionnels et religieux. Comment peut-on former un gouvernement sans que le département de Mbacké ne soit représenté ? C’est une chose difficilement explicable.
Globalement, comment voyez-vous l’Apr à quelques mois de la Présidentielle de 2019 ?
Je suis très inquiet par la situation de notre parti. L’Apr est un outil politique qui nous a permis d’accéder au pouvoir en 2012. Mais aujourd’hui, je suis au regret de dire que le parti n’est pas administré. On n’a jamais vu Mbaye Ndiaye, en tant que directeur des Structures du parti, faire des tournées pour s’informer de la situation du parti. Jamais ! L’administrateur du parti n’administre rien. Le Président Macky Sall a coopté des gens par-ci, par-là. Le degré de positionnement d’un responsable politique dans un parti doit être sa représentativité électorale. A part la confiance du président de la République, c’est la représentativité. Mais si on jette un œil sur le gouvernement et les directions nationales, on se pose certaines questions. On n’offre pas une position politique, il faut la mériter. Et malheureusement, je constate que notre parti ne fonctionne pas comme tel. Il n’y a aucune instance de dialogue dans le parti. Le départ de Thierno Alassane Sall est un exemple. Lorsqu’il a menacé de quitter, le parti n’a pas usé de la médiation pour essayer de le faire changer de position. Les sages du parti, les femmes ou des membres du gouvernement auraient dû aller le voir. Personne ne l’a fait. Et Thierno Alassane Sall, qu’on le veuille ou non, est une réalité politique dans la commune de Thiès. Un parti doit avoir des structures de médiation pour raffermir les rapports en temps de conflit.
Malgré tout ce tableau sombre que vous dressez, la coalition Benno bokk yaakaar, dont la locomotive est l’Apr, s’est adjugée une majorité confortable avec 125 députés sur les 165 ?
Cette victoire est l’arbre qui cache la forêt. Malgré la taille de notre coalition et le fait que nous soyons au pouvoir, nous sommes à 49% au niveau national en termes d’électorat. C’est un signal inquiétant sur le chemin de 2019. A Dakar, on a un conglomérat de ministres, de directeurs généraux, de Pca et de députés. Malgré le fait que Khalifa Sall soit en prison, nous avons perdu 7 communes sur 19. Et il a fallu des jours pour savoir entre Benno et Manko qui a gagné. Bby a finalement gagné avec le triomphe modeste. C’est un danger qui est là. Si Khalifa Sall était parvenu à faire la même coalition que Wade, l’opposition allait faire de Bby une seule bouchée. Il faut avoir le courage de lire la gravité des choses. Au plan gouvernemental, le Président a certes fait beaucoup de réalisations, mais un bilan ne suffit pas pour avoir une réélection.
Qu’est-ce qu’il faudrait en plus ?
Que Macky Sall et la direction du parti se ressaisissent ! On voit que Me Abdoulaye Wade n’a même pas fait le deuil du khalife des Tidianes pour tirer sur le pouvoir. Al Amine est parti vendredi et Wade convoque son Comité directeur, crache sur le dialogue et déclenche les hostilités. Il va faire une tournée nationale. C’est parce qu’il s’est dit que le pouvoir est prenable pour le Pds. Qu’on le veuille ou non, Wade et même Khalifa Sall constituent de sérieuses menaces à la réélection de Macky Sall en 2019.
En tout cas, même vos alliés commencent à faire grincer des dents. On dirait qu’il y a un problème au sein de votre coalition…
Effectivement ! C’est pourquoi je dis que la meilleure réponse que le président de la République doit apporter, c’est de reprendre la gestion de l’Apr. C’est une urgence. Il doit recevoir les responsables par département, y envoyer des missions, s’informer sur le fonctionnement du parti, de la représentativité des uns et des autres. Il faut mettre en place un dispositif et travailler rapidement à reprendre les choses, parce que, qu’on le veuille ou non, il y a un état de malaise général qui prévaut dans le parti. Beaucoup de gens ne se retrouvent plus dans le fonctionnement du parti et ne savent plus vers qui aller. Ce n’est pas parce que nous sommes obnubilés par des postes. J’ai fait 12 ans d’opposition face au régime du Pds. Je pouvais aller dans le camp de Wade et obtenir un poste. Ils ont tout fait pour cela. Aujourd’hui avec des amis, nous avons mis en place la Cellule d’initiative et d’alerte qui est déjà positionnée. Beaucoup d’identités remarquables de l’Apr se sont emmurées dans un silence assourdissant. Où sont les Benoît Sambou, Me Alioune Badara Cissé, le ministre Mimi Touré… ?
Vous ne citez que des gens qui ont quitté le gouvernement. Ne sont-ils pas sanctionnés parce qu’en un moment donné ils ont voulu parler ?
Même dans les structures du parti, il y a un malaise. On annonce la création d’une Cojer Nouvelle dynamique. Est-ce que vous avez entendu aujourd’hui une réunion des responsables des femmes de l’Apr ? C’est pratiquement la coalition Benno bokk yaakaar. Est-ce que vous entendez de l’animation politique dans l’Apr ? Mais il y en a pas, un parti c’est à partir de la température qui y règne qu’on peut espérer aller à des élections en 2019 et les remporter. Mais je suis au regret de constater qu’aujourd’hui c’est cela la réalité des faits. Je n’ose pas dire que le parti est en lambeaux, mais ses structures sont dans une léthargie totale. Les jeunes ne se réunissent pas, idem pour les femmes. Les cadres, depuis le départ de Thierno Alassane Sall, il n’y a aucune réunion de la Ccr. Vous pouvez imaginer cela. C’est deux ou trois copains qui se réunissent et sortent un communiqué. Mais la vérité est qu’il n’y a aucun dispositif de maillage et de massification de l’Apr. Et ça c’est de notre devoir nous, en tant que cadres, d’élever la voix pour dire attention, il est temps qu’on travaille à reprendre notre outil politique qui est l’Apr. Parce que c’est cette Apr qui nous a permis d’arriver au pouvoir. Tout le monde reconnaît. Aujourd’hui, de plus en plus on annonce des grincements de dents au niveau de nos alliés. On a vu ce qui s’est passé avec la Ligue démocratique. Demain, qu’est-ce qui va se passer avec le Ps ?
D’ailleurs, la coalition Benno ak Tanor dit être déçue…
Ah oui ! Cela justifie ce que je viens de dire…
Cela peut vous conduire à perdre les prochaines élections ?
Bien sûr que nous pouvons perdre. Je dis aujourd’hui que le temps nous est compté. Autant je suis satisfait des réalisations du président de la République, autant j’ai peur du management de notre parti et de son état d’hibernation. Et le calendrier n’attend pas, nos adversaires n’attendent pas non plus.
Le management du parti ne revient-il pas au Président ?
Bien sûr ! C’est ce que je dis.
C’est son mode de management qui a conduit à cette situation ?
Absolument ! C’est pourquoi j’ai dit que ses charges de président de la République ne peuvent plus lui permettre de s’occuper au quotidien du fonctionnement du parti. Mais il peut déléguer des personnes qui vont s’en occuper, structure par structure, envoyer des commissaires politiques, aller dans les départements. Au temps du Ps, qu’on le veuille ou non, ça a été un bon exemple et des coordinations à qui on allouait des moyens tenaient des réunions. On avait des commissions politiques qu’on envoyait à la base, qui écoutaient les militants, les responsables. Mais nous, lors des investitures, quand il a fallu donner l’onction et qu’il y ait eu quelques petites réunions, les chaises volaient un peu partout, la violence était revenue parce que le parti n’a pas une tradition de communiquer avec sa base. Malheureusement, la direction était obligée d’arrêter ça et de remettre tout entre les mains du président de la République. A partir de ce moment, on peut faire des investitures et les gens qui seront investis ne seront pas dépositaires de la confiance de la base. Et celle-ci va sanctionner. Regardez ce qui s’est passé à Kédougou ! Moustapha Guirassy qui n’était même pas présent à Kédougou est parvenu à gagner le département. Nous avons perdu la commune de Sédhiou et celle de Kolda. Un ministre de la République, Abdoulaye Baldé, a été battu dans sa commune de Kolda. Moustapha Cissé Lô a été laminé dans le département de Mbacké, et on le propulse encore premier vice-président de l’Assemblée nationale, alors qu’il est déjà au Parlement de la Cedeao. A ce que je sache, dans un parti politique, quand quelqu’un échoue, on doit en tirer les conséquences. Quand on sanctionne positivement un échec, ça devient inquiétant.
Vous avez un conflit personnel avec Moustapha Cissé Lô ?
Je n’ai aucun conflit avec lui. Nous avons toujours entretenu d’excellents rapports. Mais moi, je défends le parti et des principes. Ce que je reproche à Mous­tapha Cissé Lô, c’est que jusque-là je ne l’ai jamais senti mouiller le maillot à la base. Un responsable politique doit faire des tournées économiques dans un département. Pour aller voir dans les communes où est-ce qu’il y a un forage en panne, un poste de santé, où on doit affecter des sages-femmes, la question de l’emploi des jeunes du département de Mbacké. Je défie Moustapha Cissé Lô, si on peut compter par le bout des doigts, 5 jeunes qu’il est parvenu à caser. Ça c’est un problème. On ne peut pas attendre le jour des élections pour venir avec son argent et donner des 5 000 et 10 000. Les gens ont dépassé ces pratiques. Il faut travailler à porter les doléances politiques du département, être proche des populations. Quand un responsable ne le fait pas, il me trouve sur son chemin. C’est ça qui nous oppose.
N’est-ce pas parce que vous espériez un poste de ministre que vous criez ?
Tel n’est pas le cas. Je suis dans une position de conseiller technique dans un ministère. Je suis au niveau des cadres du parti qui sont dans une situation beaucoup plus précaire que la mienne. Il y a encore à l’Apr des cadres qui sont à côté du président de la République depuis 2008-2009, à la création de l’Apr, et qui sont dans une situation sociale précaire et qui pourtant sont aptes professionnellement. Au même moment, on a vu des transhumants, arrivés il y a de cela un ou deux mois, et qui sont positionnés à un haut niveau de l’Administration. Cela a participé à semer le découragement dans nos rangs. Tout le monde le sait. Ce sont ces cadres-là qui étaient au Pds à une période récente, qui ont combattu Macky Sall et qui dès qu’ils arrivent à l’Apr, sont positionnés à des postes éminemment politiques. Au moment où des cadres de l’Apr traînent encore, ils ne voient même pas la queue du diable pour la tirer. Cela a quand même fait peur.
Votre analyse sur l’affaire des 4 millions de la Ld…
Au plan politique, le président de la République, dans le cadre de ses moyens politiques, peut appuyer des partis ou des coalitions qui l’accompagnent. Ça c’est dans l’ordre normal des choses. Ça peut arriver. Mais je trouve regrettable que M. Ndoye fasse de telles révélations. Cela participe encore à montrer ce que je disais tout à l’heure, qu’il faut qu’on travaille à renforcer notre appareil politique, parce que nos alliés-là, on a beau les accompagner, les aider, il peut arriver un jour où, dès qu’il y a un problème dans leur parti, ils chercheront à retourner la situation pour taper sur le régime. Et c’est exactement ce que Mamadou Ndoye a fait. Cer­tainement dans ses rapports avec le président de la Répu­blique, il y avait ce qu’il voulait et qu’il n’a pas eu, et il a voulu le retourner contre nous.
Quelque part aussi, est-ce que cela ne montre pas des pratiques malsaines qu’on a reprochées à Wade et qui se perpétuent jusqu’à ce jour ?
Je pense que le Président Macky Sall, à sa décharge, travaille toujours à rester dans ce champ de la gouvernance sobre et vertueuse. Il faut reconnaître aussi que le président de la République est une institution éminemment politique. Quand on est dans une coalition avec des alliés, on ne peut pas ne pas les aider en cas de nécessité dans le fonctionnement de leur parti. Prenez l’exemple de l’Apr ! Dans les départements, on ne dispose d’aucun appui du président du parti pour fonctionner. Quand vous allez dans les départements, c’est quelques responsables qui se débrouillent pour ouvrir des permanences, alors que le parti doit se donner des moyens politiques d’installer et faire fonctionner ces structures. On ne le fait pas au niveau de l’Apr, mais si on n’était organisé, on donne des instructions à ceux qui ont des postes électifs ou à des ministres pour qu’ils cotisent dans les caisses du parti et que ces moyens soient utilisés pour le fonctionnement du parti. Quand c’est seulement le président de la République ou les ministres qui donnent de l’argent, cela pose toujours ces problèmes. C’est le problème du mangement et de l’organisation du parti et c’est ce qui fait qu’on est confronté à ces genres de situations.
Macky Sall avait assuré qu’il ne fera jamais un décret pour nommer son frère. Or, il vient d’atterrir à la Cdc. Pensez-vous que la nomination de Aliou Sall participe de la gouvernance sobre et vertueuse dont vous avez parlé ?
Sur Aliou Sall, ma position était claire depuis longtemps. Il devait aller à l’Assemblée nationale, étant entendu qu’il s’est battu pour être maire de Guédiawaye. Il devait aussi se battre pour aller à l’Assemblée nationale. Ce schéma n’a pas été respecté au dernier moment avec la pression de la rue, de l’opinion. Et il a retiré sa candidature de député. Malheureusement, il se trouve que le président de la République l’a nommé et cela nous dessert au niveau de l’opinion. De l’autre côté, il faut aussi savoir que Aliou Sall est une réalité politique au niveau de Guédiawaye. Le contexte dans lequel le Président avançait ces propos n’est pas semblable au celui actuel. Aliou Sall a évolué au plan politique, il a gagné la mairie de Guédiawaye, le poste de l’Ams. Donc, si au plan professionnel il remplit les conditions, il n’y a pas de raison que le Président ne le nomme pas.
Donc, vous voulez dire que les promesses de l’homme politique doivent tenir compte du contexte…
Non, pas du tout ! Je dis tout simplement qu’aujourd’hui, Aliou Sall est une réalité politique dans notre dispositif au niveau de la banlieue. Et le Président ne peut pas ne pas en tenir compte. C’est la Fédération de Guédiawaye qui a investi Aliou Sall comme maire. Il est le leader incontesté de Guédiawaye. Et il a du mérite pour avoir battu Malick Gakou, qui est un leader de la coalition Mts à Guédiawaye.
(A suivre)

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