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L’artiste Dioba Guèye a lancé vendredi dernier son opus Urban Gawlo. Une composition de 10 titres qui offre un voyage musical vers la source : la Falémé sur les rives du fleuve Sénégal. Elle y étale une diversité de rythmes et de langues.

Finaliste à la découverte du prix Rfi, première au concours de la francophonie, Dioba Guèye, vient juste de sortir son premier opus, baptisé Urban Gawlo. Sur cet opus composé de 10 titres, elle fait usage du koro boro, du hassanya, un peu de wolof. Une fusion selon Guissé Pene, qu’elle a voulu pour mieux étaler la richesse linguistique de son pays. « Elle est peut être née au Sénégal, mais elle a grandi en Mauritanie, et on sait qu’en Mauritanie, le hassanya, c’est la  langue maure. C’est cela, qu’elle a mélangé avec ce qu’il y a sur le bord du fleuve… Elle a fait une ligne entre le yella, le hassanya, avec une influence de Koro boro, parce que c’est transfrontalier. C’est entre le Mali, le Sénégal et la Mauritanie», explique M. Pene.

Un opus de 10 titres
Sur le morceau d’ouverture, la Go du fleuve,  comme elle se surnomme, chante Allah, le prophète Mohamed(Psl), et son guide religieux, Baye Niasse. «C’est mon morceau préféré», lâche l’artiste.  Elle évoque aussi ses souvenirs dans le morceau Fouta. «Mon père est originaire du Fouta, je suis hal puulaar, et beaucoup d’hommes religieux viennent de là-bas. C’est pourquoi j’ai chanté Fouta.». Il y aussi Wakheko (ndrl : dis le lui) ou encore Dioba, sur lequel elle chante la vérité, l’honnêteté. Khalel (Ndlr, enfance), traite de l’éducation des enfants, comment est-ce qu’on doit éduquer un enfant sans même lever le doigt sur lui, et le titre  Sey (mariage) sur lequel il incite les femmes à se marier et à rester dans leur foyer. Pour justifier le titre de son album Urban Gawlo, Dioba Guèye explique que c’est parce que le Gawlo est souvent chanté par des vieilles femmes chez elle. Et, «je suis des puulars, donc c’est  pour urbaniser ma culture que je mets du jazz dans ma musique», a-t-elle dit.
Dans son album, Dioba, avec sa voix puissante, fait résonner un mélange de sonorités : du folk, du jazz, de l’acoustique. «C’est moi qui écris les textes», vante-t-elle. Par rapport à la promotion de l’album, Moussa Diop, son producteur a affirmé que «cela ne sera pas facile, vu que l’opus a été autoproduit et qu’il n’y a pas eu de sponsors, pas d’aide extérieure». Mais Guissé Pene, lui compte sur la presse, invitant les journalistes, à aider l’artiste à se faire découvrir et découvrir l’album. Il faut noter, par ailleurs que Dioba est née sur la rive gauche du fleuve Sénégal, mais elle a passé sa jeunesse en Mauritanie. Elle a fait ses humanités dans le Dandé mayo. Les scènes de vie quotidiennes, informe-t-on, ont structuré son  évolution. Ses premiers pas dans la chanson ont été guidés par sa grand-mère. C’est ce qui a fait d’elle la Go du fleuve. «J’ai évolué dans pas mal de formations à mes débuts. La diva de la chanson malienne Malouma Mint Meiddah m’avait pris sous son aile», fait-elle savoir.
Stagiaire

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