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Les poursuites pour des raisons politiques n’aboutissent souvent pas à des procès. C’est l’avis de Me Ousmane Sèye qui écarte Khalifa Sall de ce lot car, dit-il, le maire de Dakar est poursuivi pour des délits prévus par le Code pénal.

«Il y a beaucoup d’intoxication et de désinformation dans cette affaire. Un procès politique concerne une personnalité politique avec des délits politiques et des juridictions politiques. Ce qui n’est pas possible au Sénégal. Même la Haute Cour de justice n’est pas une juridiction politique», a déclaré hier, Me Ousmane Sèye, à l’émission Grand jury de la Rfm. L’avocat membre de la mouvance présidentielle a réfuté toute politisation du dossier de la caisse d’avance de la Ville de Dakar qui vaut aujourd’hui à Khalifa Sall et 5 de ses collaborateurs un emprisonnement depuis plus de 9 mois. D’ailleurs, fait retenir le leader du Front républicain (Fr), lors du procès, «vous n’entendrez jamais le juge poser à Khalifa Sall des questions qui ont trait à ses fonctions politiques relatives à ses ambitions politiques, à ses activités politiques mais des questions sur les chefs d’inculpation».
Dans le même ordre d’idées, l’ancien avocat de l’Etat dans le dossier des Chantiers de Thiès rappelle les cas de Idrissa Seck et Macky Sall sous le régime de Wade. «Si des poursuites sont engagées contre des personnes pour des faits politiques, le juge les a souvent relaxées. La convocation de Macky Sall à la police s’est arrêtée là. Idrissa Seck, qui a été poursuivi, a finalement eu un non-lieu (après 7 mois de prison). On peut déclencher des poursuites pour des raisons politiques mais on ne peut pas poursuivre quelqu’un pour des faits qui ne sont pas prévus par le Code pénal», plaide Me Sèye. Tout le contraire de Khalifa Sall qui, selon Me Sèye, «est poursuivi pour des faits prévus par les articles 152, qui parle de détournement d’argent, 379, pour escroquerie, 130, pour faux et usage de faux».

3ème mandat : Macky «prêt à en discuter» lors du dialogue
A la lumière de son raisonnement, Me Sèye demande à Khalifa Sall et Cie d’apporter les preuves de leur innocence lors du procès prévu le 3 janvier prochain. Par ailleurs, cet allié du Président Sall dans le cadre de Benno bokk yaakaar déplore le boycott de l’opposition dite significative des concertations sur le processus électoral. Cependant, il a assuré que durant ce conclave, il sera aussi question de clore définitivement la polémique sur un éventuel 3ème mandat pour Macky Sall en 2024. «Au terme des réformes constitutionnelles, le mandat est de 5 ans. Mais il (Président Sall) est prêt à en discuter», révèle Me Sèye.
bgdiop@lequotidien.sn

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