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Selon l’Agence panafricaine de presse (Apa) le ministère ivoirien de la Culture et de la francophonie, de concert avec l’Organi­sation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), a lancé hier dans le village de Kanga-Gnianzé dans la localité de Tiassalé (120 km au nord-ouest d’Abidjan), le projet dit «La route de l’esclave» au cours d’une cérémonie présidée par le vice-président ivoirien, Daniel Kablan Duncan. «L’Etat de Côte d’Ivoire n’a point voulu être nostalgique d’un passé douloureux. Il s’agit pour l’Etat de participer à une culture de la paix», a soutenu M. Duncan expliquant que «la Côte d’Ivoire a décidé de contribuer de façon notable à l’amélioration du cadre de vie des populations de ce village». Poursuivant, le vice-président a encouragé les villageois de Kanga-Gnianzé à «s’approprier ce projet de grande envergure». «Notre route est celle de l’espoir, celle du retour de l’homme africain qui ne sera plus brimé ni chez lui ni ailleurs. Notre route est celle de la renaissance», a fait savoir, pour sa part, Maurice Kouakou Bandaman, ministre de la Culture et de la francophonie.
Expliquant le choix du village de Kanga- Gnianzé, M. Kouakou a révélé que pendant l’esclavage, depuis ce village, «on convoyait des captifs du nord, du sud, de l’est, de l’ouest. Lieu historique, lieu de mémoire, ici gronde encore la mémoire de la détresse. A vous les descendants d’esclaves africains, acceptez la symbolique de nos regrets ! Pardon, pardon et pardon», a-t-il lancé à l’endroit de la forte délégation d’Afro-Américains et d’Antillais qui se sont découverts à partir de tests Adn une ascendance ivoirienne et qui ont pris part à l’inauguration de ce projet. «La Côte d’Ivoire veut s’inscrire sur la liste des pays au monde qui reconnaissent l’esclavage comme un crime contre l’humanité», a-t-il déclaré avant de formuler «le vœux de voir l’Union africaine (Ua) décréter une Journée panafricaine de l’esclave». Des huit autres interventions, outre celles du vice-président et du ministre de la Culture qui ont meublé cette rencontre, l’on retiendra celles de l’ex-Président Béninois, Nicépho­re Dieudonné Soglo, invité d’honneur de cette cérémonie, et de la grande chancelière ivoirienne, Henriette Dagri Diabaté.
«Nous sommes absolument admiratifs de ce projet en Côte d’ivoire. La route de l’esclave crée ainsi un cadre de réflexion pour chacun de nos pays. Mais il faut que nous puissions partager nos expériences», a souhaité l’ex-Président Béninois estimant que «l’Afrique est à la base du développement de la planète. Et ça, nous devons le savoir». Avant lui, la grande chancelière ivoirienne a expliqué que le village de Kanga-Gnianzé était une zone charnière entre le nord, le sud et l’ouest. «Kanga veut dire esclave. C’est un lieu de mémoire», a rappelé Mme Diabaté ajoutant que «des événements graves relatifs à l’esclavage se sont passés dans ce village». L’inauguration d’une stèle portant des gravures, le nom de la «Route de l’esclave» et une cérémonie de purification des ascendants d’esclaves ivoiriens venus des Antilles et des Amériques ont clôturé cette cérémonie qui a également enregistré la présence de l’ex-footballeur international français, Lilian Thuram en qualité d’invité spécial. Le village de Kanga-Gnianzé, à en croire les recherches anthropologiques, linguistiques, archéologiques, etc. était le lieu d’embarcation de millions d’esclaves venus de la Côte d’Ivoire et même d’ailleurs pour le village de Lahou Kpanda (150 km au nord-ouest d’Abidjan) où ils étaient déportés vers l’Occident.

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