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Expérimenté au Kenya depuis 2006, le Projet de renforcement des capacités des petits producteurs horticoles, dénommé Shep, étend ses tentacules au Sénégal. Le ministère de l’Agriculture et de l’équipement rural, en partenariat avec la Jica, a procédé hier au lancement de cette nouvelle approche destinée à appuyer les petits producteurs horticoles, notamment ceux des Niayes, pour un meilleur accès au marché.

La commercialisation des productions horticoles est une des principales contraintes auxquelles la filière est confrontée. Face à cette problématique, le ministère de l’Agriculture et de l’équipement rural, en collaboration avec l’Agence japonaise pour la coopération internationale (Jica), a lancé hier le Projet de renforcement des capacités des petits producteurs horticoles dénommé Shep (Smallholder horticulture empowerment projet).
Il s’agit, selon le directeur de l’Horticulture, d’une nouvelle approche qui cherche à réduire l’asymétrie d’information entre le marché et la production, en faisant du producteur l’acteur central. Pour Dr Macoumba Diouf, «la méthode Shep prône un changement de paradigmes et appelle les producteurs à s’affranchir du comportement de ‘’produire et vendre’’ pour adopter celui de ‘’produire pour vendre’’. Le marché est une préoccupation première et centrale sur laquelle est axée l’approche. Elle apparaît ainsi comme un outil pertinent permettant d’apporter une réponse à la problématique de la compétitivité des filières agricoles en général et de la filière horticole en particulier».
Le projet Shep est financé à hauteur de 949 millions 800 mille francs Cfa dont 864 millions de la coopération japonaise et 85 millions 800 mille francs comme contrepartie du Sénégal. Il interviendra sur une durée de cinq ans (2017-2022) dans les Niayes et cible les petits producteurs horticoles, regroupés au sein de l’Association des unions maraîchères des Niayes (Aumn). Ces producteurs considèrent que c’est une vieille doléance qui vient d’être satisfaite car, explique Mamadou Ndiaye, membre de l’Aumn, «depuis plusieurs an­nées, nous évoquons le problème lié à l’accès au marché. En effet, on était confronté à la non-planification des productions, à la surproduction sur une période donnée, à une forte variabilité des prix et à une perte importante post-récole. Aujourd’hui, la mise en œuvre de ce projet permettrait aux producteurs d’avoir une meilleure stratégie».
Outil de coopération japonaise, l’approche Shep a été expérimentée au Kenya depuis 2006 et y a donné des résultats satisfaisants, d’après la Jica. Au vu du succès de l’implémentation du projet au Kenya, explique le représentant résident de l’Agen­ce japonaise, «le Japon a fait une déclaration, lors de la Ticad 5, sur son engagement de multiplier les expériences acquises à travers ce projet dans dix autres pays, par la formation de 1 000 formateurs agricoles bien qualifiés d’une formation basée sur une agriculture orientée vers le marché, et aussi par l’organisation des coopératives de petits exploitants agricoles qui seront composées de 50 mille personnes». Et le Sénégal, précise Yuji Moriya, «au vu de sa situation stable et de la force de la coopération qui existe entre le Japon et lui, s’est vu choisir comme pays pilote de cette extension du projet dans la zone ouest africaine. Cela montre que le Sénégal, qui a déjà bénéficié de trois formations de groupe sur l’approche Shep, occupera une place centrale dans la dissémination de l’approche dans les pays francophones de la sous-région notamment».

dialigue@lequotidien.sn

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