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Les organisations de la Société civile, intervenant dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, ont procédé au lancement officiel de la Plateforme eau et assainissement. Ce cadre qui se veut une organisation faitière est un espace de concertation, de mobilisation, d’anticipation, de plaidoyer et de proposition des organisations de la Société civile qui s’intéressent à ce secteur. Surtout que le Sénégal va vers des rendez-vous importants en matière d’eau et d’assainissement. En 2021, il va abriter le Forum mondial de l’eau. Il y a également l’Objectif de développement durable 6 qui voudrait garantir un accès à tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau d’ici à 2030.
Des agendas importants pour le secteur, mais aussi pour les organisations de la Société civile qui pensent pouvoir jouer un rôle important, notamment in­fluer sur les décisions à prendre et proposer des messages et solutions alternatives. «Nous avons en notre sein des profils avec plus de 30 ans d’expérience dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Ce cadre nouvellement mis en place va nous permettre de capitaliser nos expériences et diffuser les bonnes pratiques», soutient Babacar Guèye, coordonnateur thématique Eau et assainissement à Gret.

Plus de 1,062 millions de personnes exposées aux teneurs en fluor et sel
Une façon pour cette Société civile d’apporter sa contribution et d’exercer un contrôle citoyen sur la gouvernance du secteur. Les membres de la Plateforme des organisations de la Société civile eau et assainissement estiment également que notre pays a besoin de ce cadre car, note Fodé Camara, président de l’Ong Eau et vie, l’accès aux services d’eau potable et d’assainissement reste un défi au Sénégal. Même si la situation du pays est assez satisfaisante, aussi bien en milieu urbain que rural avec respectivement des taux d’accès de 98% en 2014 et près 87% en 2015, la qualité de l’eau pose un réel problème. Il cite les résultats d’une étude réalisée en 2015 dans le cadre du processus d’élaboration de la Stratégie nationale d’amélioration de la qualité de l’eau potable au Sénégal. Elle a révélé que plus de 1,062 millions de personnes sont exposées à des teneurs en fluor et sel supérieures aux normes de l’Oms. Daouda Sanon de l’Ong Acra appuie pour dire qu’il y a une nécessité pour les pouvoirs publics d’améliorer la qualité de l’eau, surtout dans les zones du sud (Ziguinchor, Kolda et Sédhiou). «Des analyses effectuées sur l’eau fournie dans ces zones à l’Université de Ziguinchor ont montré des taux physico-chimiques et bactériologiques élevés», révèle M. Sanon.
Aussi, notent les organisations de la Société civile, en dépit des taux d’accès aux services d’eau potable relativement satisfaisants, même en zone urbaine, la continuité du service et sa disponibilité 24h/24h ne sont pas effectives dans beaucoup de quartiers où des ménages éprouvent encore des difficultés pour disposer du liquide précieux en permanence. «A Kédougou, Ziguinchor ou encore Sédhiou, le taux d’accès est estimé à 36%», souligne le responsable de l’Ong Acra.
Alors que pour l’assainissement, les indicateurs sont au plus bas. En milieu urbain, le taux d’accès à l’assainissement amélioré était de 62,2% en 2015 alors qu’il se situait seulement à 36,7% la même année pour le milieu rural. Il y a donc nécessité pour la Société civile d’accompagner l’Etat dans la définition et la mise en œuvre des politiques et stratégies dans les secteurs de l’eau et l’assainissement, mais aussi à apporter leurs contributions au bénéfice des populations qui sont les premières concernées par ces secteurs.
ndieng@lequotidien.sn

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