PARTAGER

En lançant samedi, au Grand Théâtre, son mouvement, Aïssata Tall Sall dit avoir décidé de laisser derrière elle «le monde du passé» pour oser l’avenir. Celle qui ira aux Législatives sous sa propre bannière semble ainsi fermer définitivement la (longue) parenthèse du Ps.

Le divorce entre Me Aïssata Tall Sall et le Parti socialiste se précise de plus en plus. Samedi, elle a lancé son mouvement Osez l’avenir dans un Grand Théâtre plein à craquer. Plus d’une trentaine de minutes, pas un mot sur le Ps, encore moins le nom de son secrétaire général n’a été prononcé. D’ailleurs, à chaque fois que l’image de Ousmane Tanor Dieng apparaît dans le film réalisé sur «la lionne du Fouta», ce sont des huées qui résonnent dans l’assistance. Sans dire si elle a définitivement tourné le dos à ses anciens camarades socialistes, elle admet : «Ce choix-là, il n’est pas facile. Il est même très difficile. Mais nous avons décidé d’y aller et de laisser derrière nous le monde du passé.» Une pique à Tanor et Cie ? L’option déjà faite, la patronne d’Osez l’avenir alerte : «Nous voulons renouer avec les combats et les luttes politiques. Donc, nous allons avoir le courage de nos idées et de notre engagement. Moi, j’aime les hommes de conviction. J’aime les hommes de combat et je me méfie des opportunistes parce qu’ils ne vous apportent rien. Désormais, ici au Sénégal, rien ne se fera sans nous.»

Les Législatives, «un entraînement pour 2019»
Devant cette marée humaine, le maire de Podor a annoncé que son mouvement ira seul aux Législatives. «Nous présenterons notre propre liste (…). On ira à ces élections dans le total respect de notre identité. Il est hors de question pour nous de faire des coalitions de circonstance», a-t-elle dit. Les Législatives du 30 juillet prochain seront un véritable test grandeur nature pour celle qui avait défié Ousmane Tanor Dieng en 2014 pour occuper le poste de secrétaire général du Ps. «Ces élections-là, elles vont être un formidable tremplin pour 2019, un entraînement pour 2019. Elles seront surtout l’inévitable occasion d’exiger une nouvelle Assemblée nationale», entrevoit-elle.
L’on ne se tromperait pas de penser à un Macron et son En marche ! devenu La République en marche. Aïssata Tall Sall aussi a décliné les grands axes de ce que sera demain la «République d’Osez l’avenir». Elle prône «un pouvoir judiciaire dont l’indépendance est à renforcer et à crédibiliser». Sur ce point, le souhait de l’avocate est de ne plus voir siéger le président de la République au Conseil supérieur de la magistrature. Dans son programme, le renforcement des pouvoirs des élus locaux, la promotion de la bonne gouvernance, l’agriculture, la réforme de l’école, la santé et la jeunesse figurent en pole place. La classe politique tout entière n’a pas été épargnée. «Le système politique dans lequel nous sommes est terminé. Il est arrivé à bout de souffle. Il est mort (…). Les partis politiques sont tous en état de dégénérescence et de déliquescence», constate Mme Sall.
msakine@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here