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Œuvrer à obtenir un consensus autour de l’introduction des langues nationales à l’école dès la prochaine rentrée demeure le credo du ministre de l’Educa­tion nationale. Procé­dant hier à Matam au lancement de la 21è édition de la Semaine de l’éducation de base, Serigne Mbaye Thiam veut que les acteurs de l’école s’accordent sur une question : «Est-ce qu’on va enseigner la langue maternelle ou la langue du milieu de l’élève ?».

Envoyée spéciale à Matam – Elèves, parents d’élèves, enseignants, le ministère de l’Education, autorités administratives Ong, Société civile, bref toute la communauté éducative s’est mobilisée pour le lancement de la Semaine nationale de l’éducation de base. La 21ème édition, lancée à Matam hier, a été un vaste espace d’échange sur les questions qui interpellent le système éducatif. Cette année, la question centrale, qui a occupé les discours, reste l’introduction des langues nationales dans le système éducatif. Comme par hasard, le choix de ce thème coïncide avec la décision du ministère de l’Education nationale d’introduire les langues nationales dans le système éducatif à la rentrée prochaine. Le ministère, pour mener à bien cette initiative, va s’appuyer sur une expérience d’au moins de 30 ans dans ce domaine. Différentes expériences conduites par l’Etat, les Ong comme Ared, Atlas et autres dans l’enseignement du bilinguisme (français + une langue nationale) dans les régions de Dakar, Kaolack, Fatick, Thiès, Saint-Louis et Tambacounda dans six langues nationales (wolof, sèrere, mandinka, pu­laar, diola et soninké). «Cet apprentissage a concerné 10 598 élèves», annonce Serigne Mbaye Thiam.
Une bonne nouvelle pour Mamadou Gaye, 1er adjoint au maire de Matam, qui souligne que le thème de cette année doit être un déclic pour une révolution culturelle au Sénégal. «Les langues véhiculent  des civilisations et nous devons enseigner nos langues pour véhiculer nos civilisations», estime-t-il. L’ad­joint au maire de Matam ajoute que l’enseignement de la langue maîtrisée par l’élève lui permet de gagner du temps dans ses apprentissages et améliore ses performances scolaires.
La représentante-résidente de l’Unicef au Sénégal, Lilly Neyestani Hailu, porte-parole des partenaires, a parlé dans le même sens. «L’apprentissage des langues nationales est primordial pour développer l’estime de soi. Car les langues expriment ce que nous sommes et nous devons les valoriser», préconise-t-elle.
Mais avant la mise en œuvre, le ministre de l’Education nationale, Serigne Mbaye Thiam, veut une mobilisation de tous les acteurs. Il souhaite également un consensus autour d’une question : «Est-ce qu’on va enseigner la langue maternelle ou la langue du milieu de l’élève ?». Pour lui, il faudra que toute la communauté soit d’accord sur la réponse à cette question. «Nous voulons enseigner la langue parlée dans le milieu où vit l’élève pour améliorer ses performances scolaires. Cette langue peut ne pas être la langue maternelle de l’élève», précise le ministre qui ajoute que «ces questions sont complexes et touchent l’intimité de l’identité».
La cérémonie s’est achevée comme elle avait débuté. Cette fois-ci dans une belle ambiance aux rythmes et danses soninkés pour illustrer la diversité culturelle de la région de Matam.
ndieng@lequotidien.sn

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