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Selon le directeur des programmes de la Fondation Friedrich Ebert, officiellement, il n’y a pas eu une discussion sur la suppression de l’allemand dans les collèges du Sénégal. Saliou Konté avertit en tout cas que leur structure «ne peut pas cautionner une telle décision».

La Fondation Friedrich Ebert n’a pas officiellement réagi à la mesure prise par le gouvernement du Sénégal de supprimer l’enseignement de l’allemand dans les collèges. Mais son directeur de programmes soutient que leur fondation «ne peut pas cautionner une telle décision». S’exprimant en l’absence de la Représentante résidente du territoire, il estime que c’est une décision qui peut bien avoir un impact sur leurs activités au Sénégal. «Au niveau de la fondation, il y a souvent des correspondances, si on n’apprend pas l’allemand, cela posera des problèmes. Sans en avoir discuté, je suis certain, ils se posent la question. Entre collègues, on se dit mais : «c’est quoi cette décision !» Je ne la comprends pas ; les autres non plus», a-t-il fait savoir. Relevant l’apport de la Fondation Friedrich Ebert au Sénégal, M. Konté mentionne sa participation dans le développement du leadership chez les jeunes. «Nous avons un programme Leadership politique qui, depuis 2007, est en train de former des centaines de jeunes. On va vers la 11ème promotion. Je retrouve beaucoup de ces jeunes dans des instances de décisions très importantes au sein des partis mais aussi de la Société civile», a-t-il fait savoir. À la question de savoir si cette décision pourrait pousser la fondation à revoir ses activités au Sénégal, le directeur des programmes répond que c’est une décision que «les chefs de bureau ayant un statut diplomatique prendront à partir de leur siège à Berlin».
Toutefois, en défenseur de cette langue, Saliou Konté estime que si «on devait aller à un niveau que la langue allemande survive au Sénégal et qu’on négocie la coopération», il ne dirait pas non, parce que sachant ce que «la coopération allemande apporte au Sénégal au plan scientifique, économique et autres». Quid des conséquences d’une telle démarche ? Le directeur de programmes de la Fondation Friedrich Ebert ne fait pas dans la dentelle. «Si dans cette démarche, on demande aux fondations allemandes, au Sénégal, de réduire leurs budgets de coopération, cela veut dire qu’on n’aura plus les moyens d’appuyer les organisations de la Société civile, les syndicats, plus assez de moyens pour faire ces formations. Donc, ce serait une perte sèche pour la jeunesse sénégalaise», a-t-il expliqué. Et M. Konté d’ajouter : «Rien que pour la fondation Friedrich Ebert, si la coopération allemande décide, parce que l’Etat a supprimé sa langue, de diminuer le budget ce serait une perte sèche. Et si on le multiplie aux nombres de fondations au Sénégal ? ».
Le directeur des programmes de la Fondation Friedrich Ebert demande aux autorités de prêter une oreille attentive au collectif qui lutte contre la suppression de ces langues dans le programme éducatif sénégalais. Selon lui, on peut «trouver une autre façon d’intéresser les gens aux matières scientifiques sans passer par ce subterfuge». Il conclut : «C’est un débat qui ne devrait pas avoir lieu. Les sciences ont intérêt à être mieux apprises par les populations sénégalaises autant que les langues.»
dkane@lequotidien.sn

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