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Abdoulaye Diop, maire de Sedhiou et ministre.

Dans le journal L’Observateur du samedi 23 mai, une certaine Penda Guissé a reproché au Président Macky Sall, celui-là qui a le privilège constitutionnel de nommer à toutes les fonctions civiles et militaires, de «nommer un maire de Sédhiou» ministre de la Culture !
Je dois d’emblée faire remarquer que je ne connais pas Monsieur Abou Diop, intuitu personae. Ce qui est ici en cause c’est la mention «nommer un maire de Sédhiou ministre de la Culture». Dans l’impasse de ce propos, Madame Guissé ne reconnait pas à «un maire de Sédhiou», a fortiori, un fils de Sédhiou, la compétence d’exercer les fonctions de ministre de la Culture. La particularité au Sénégal, c’est que ce sont ceux qui ont toutes les raisons de se taire qui occupent les plateformes médiatiques. C’est l’ensemble des fils de Sédhiou que Madame Guissé vient de couvrir de son mépris.
Madame Guissé, je vous interpelle trois fois ! Si un tant soit peu vous aviez une certaine culture de l’histoire politique du Sénégal, vous n’auriez pas tenu un propos si blessant à l’endroit «d’un maire de Sédhiou».
Madame Guissé, le Professeur Assane Seck, agrégé de géographie, a exercé dans le gouvernement du Président Léopold Sédar Senghor les fonctions de ministre d’Etat, ministre de la Culture. Ce brillant intellectuel est un fils de Sédhiou. Comme vous le devinez certainement, chez Senghor, n’est pas ministre de la Culture qui veut.
Le Professeur Makhily Gassama, brillant critique littéraire, a exercé les fonctions de ministre de la Culture sous le régime du Président Abdou Diouf. Madame Guissé, Makhily Gassama est un fils de Sédhiou.
Madame Guissé, connaissez-vous Viyé Diba, cet artiste de renommée internationale ? C’est un fils de Sédhiou. Je ne vous parlerai pas de Dura Mané, de Bouli Sonko, de Lalo Kéba Dramé.
Je ne vous parlerai pas du Congrès de Londres sur la culture mandingue.
Je vous dirai simplement que de 1968 à 1980, l’Ucas de Sédhiou (orchestre et troupe théâtrale) a remporté tous les trophées mis en compétition pendant les quinzaines nationales de la jeunesse ; de sorte que finalement l’Ucas a été déclassée hors compétition. C’est à ce moment-là seulement que le cercle amical de Louga put monter au sommet de l’Acropole.
Madame, l’activité culturelle à Sédhiou fait partie de l’art de vivre des sédhiois. C’est chez nous qu’est né le concept de «journées culturelles», avant de faire le tour des régions. Aujourd’hui, le festival international de Sédhiou, dès sa première édition, a été un coup de maître par le nombre et la qualité des participants venus de tous les coins du monde.
Souffrez, Madame Penda Guissé, que Sédhiou soit le foyer effervescent de la culture mandingue où nombre d’artistes viennent renouveler leur inspiration. Parmi les plus grands, je citerai Yousssou Ndour, Baba Maal, Ismaïla Lô, qui n’ont aucun complexe à reconnaître leur dette.
Maintenant, s’il n’existe qu’une Penda Guissé à croire qu’un «maire de Sédhiou» n’a pas sa place au ministère de la Culture, qu’elle nous dise de quelle région ou commune doit nous provenir le ministre de la Culture.
Madame Penda Guissé, je vous prie de vous regarder devant la glace avant d’insulter toute une communauté. Moi, je ne me permettrai jamais de faire la moindre remarque sur votre souche sociale.
Dr Soulèye SARR
Professeur de Lettres et de Philosophie

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