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La sortie récente de Moustapha Cissé Lô, membre éminent de l’Apr, fait encore couler beaucoup d’encre. On lui prête même d’avoir utilisé un langage que d’autres, dans des circonstances ayant présidé à l’éclatement de leur parti, ont eu à tenir. Ici référence est faite même au conflit ayant opposé Lamine Guèye à Senghor jusqu’au contentieux entre feu Djibo Ka et le Ps.
Il est évident que ces situations sont dans leur nature différentes de celles d’aujourd’hui (J’y reviendrai, si nécessaire ultérieurement).
La compétition pour le contrôle de l’appareil politique de l’Apr ne se fait pas à travers des prismes que l’imagerie populaire retient de nous et malheureusement repris par certains qui voient la confrontation entre légitimité politique, familiale et historique.
L’Apr est un parti bâti sur un socle politique et programmatique solide.
Elle est née dans des circonstances politiques historiques qui ont vu l’exacerbation des contradictions entre les velléités du régime de l’époque de vouloir imposer une régression institutionnelle et démocratique au pays et la volonté incarnée par le mouvement des populations à vouloir imposer sa volonté, et qui y est parvenue.
Elle est le produit d’un mouvement populaire cristallisé autour des élections locales de 2009 qui a vu sa liste Dekkal ngor rassembler plus de 150 mille voix et conquérir 11 collectivités locales. Dans toutes les autres localités du pays, l’Apr était sur les listes de Benno siggil senegaal, notamment à Fatick et Dakar. Qui peut douter un seul instant que sa présence dans cette liste n’aura pas contribué à orienter les électeurs ?
Par conséquent, L’Apr, par les conditions de sa naissance, est différente de tous les autres partis. Elle est agent et produit du mouvement des populations à la recherche d’un levier politique nouveau, avec un personnel renouvelé, à sa tête un homme non entaché, pour prendre en charge son destin.
Politiquement, elle est configurée autour de principes sociaux contenus dans Yoonou yokkuté et qui trouvent leurs applications aujourd’hui. Et démocratiques, car incarnant le combat porté par les populations autour de la défense de la République et de ses institutions.
Le combat mené contre le troisième mandat, la succession monarchique et les 25% ont vu l’Apr et bien évidemment d’autres s’en approprier et c’est de ce moment que date sa fusion avec le mouvement des populations.
Donc, le contrôle du parti ne pourra se faire qu’en rapport avec sa trajectoire. Il faudra, pour ceux qui aspirent à le contrôler, éviter de se tromper d’analyse et reprendre les «fausses légitimités».
Ce qui rend compte de la solidité du socle politique et programmatique de l’Apr, aucune influence de la «transhumance» supposée sur ce socle. L’orien­tation politique reste maintenue dans les principes et qui ne manque pas d’épouser les contours des situations auxquelles elle est obligée de s’adapter.
Renforçons notre parti, élargissons-le davantage et confortons son président !
Présentement, le parti doit concentrer toute son attention à la réélection de son président au premier tour de l’élection présidentielle qui est devant nous. Tout le reste risque de nous dévier de notre objectif.
Moustapha Cissé Lô, comme d’autres responsables, ont absolument le droit d’exprimer leur opinion sur la marche du parti sans pour autant s’en détourner et c’est ce qu’ils font. Encore une fois, les natures humaines déterminent souvent certains de nos comportements, et on peut considérer que les propos récents tenus par Cissé Lô entrent dans ce cadre. Evitons de lui accorder une importance qu’elle n’a pas !
Mahmoud SALEH 

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