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Au moment où les leaders de l’opposition tenaient un point de presse au siège de Bokk gis gis, leurs jeunes chauffaient la Vdn, hier en fin de journée. Conséquences : une circulation routière à l’arrêt et des saccages.

La fumée noire et épaisse qui se dégage dans le ciel en dit long sur la détermination des jeunes de l’opposition. Pneus, déchets plastiques sont amoncelés et brûlés sur le bitume devenu subitement désert à l’heure de ce crépuscule jadis théâtre d’embouteillages monstres. La scène se déroule devant le siège de Bokk gis gis sur la Vdn au niveau de Sacré Cœur. Au moment où le Collectif des 25 candidats (C25) tenait son point de presse, les jeunes de l’opposition majoritairement composés de partisans de Khalifa Sall, mettaient le feu dehors. Face à la corrosivité des flammes impitoyables, les véhicules sont tenus en respect à une centaine de mètres. Les Forces de l’ordre tardant à intervenir, les manifestants sèment la terreur. La quiétude des riverains est vivement secouée. Vite le siège de la Convergence autour de Macky (Mac) qui jouxte le siège du parti de Pape Diop, est mis à sac. Ses vitres portent les stigmates des jets de pierre de la dizaine d’assaillants. «Le siège de l’Apr», décrète un jeune khalifiste déchaîné.
Ils n’ont pu atteindre le siège du parti présidentiel sis à quelques encablures car la police entre en action. L’air devient irrespirable. Les gaz lacrymogènes étouffent les passants tandis que les casseurs se sont évaporés. Et le feu s’est éteint. N’eut été les tentes dressées, les véhicules en vente installés dans les abords auraient pu connaître d’importants dégâts. Deux pick-up sont installés devant le rond-point qui mène au siège de l’Apr. La circulation pouvait reprendre péniblement après des minutes d’arrêt. Un avertissement sans frais pour le pouvoir ? En tout cas, ce sont des scènes qui risquent de se multiplier car lors de leur point de presse, la C25 a décidé de répondre au pouvoir par la formule œil pour œil, dent pour dent. Malick Gakou, Idrissa Seck, Ousmane Sonko, Boubacar Camara, Bougane Guèye Dany, Samuel Sarr…, comptent administrer au régime en place «une résistance à la dimension de l’affront».

Le Conseil constitutionnel récusé
Le ton de va-t’en-guerre en bandoulière, Malick Gakou a prévenu qu’«aucune action ne sera de trop pour défendre la démocratie mise en péril par le Président Macky Sall et son régime». Pour Mamadou Diop Decroix, le Président sortant «n’a qu’à élargir les prisons parce que tous les leaders de l’opposition sont prêts à y aller pour défendre la démocratie sénégalaise». L’invalidation des dossiers de parrainages de 19 des 27 candidats à la candidature demeure une couleuvre en travers de la gorge du C25. «Pour habiller sa forfaiture, le Conseil constitutionnel a rendu la décision no 2/E/2019 qui occupera une place de choix dans la longue liste des actes honteux produits par la justice sénégalaise», dénonce le C25. L’opposition «récuse» la haute juridiction dans sa composition actuelle et engage la «responsabilité directe et personnelle» de son président, Pape Oumar Sakho.
bgdiop@lequotidien.sn

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