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Imam Mame Libasse Laye de Yoff.

Lors des Législatives du 30 juillet, il faudra bannir dans le champ politique l’achat de conscience. C’est le sermon de Layène qui prévient que le corrupteur et le corrompu seront punis par Dieu. Les candidats, notamment ceux du pouvoir, et les électeurs sont avertis.

Si son message s’adresse à toute la classe politique, Mame Libasse Laye semble mettre en garde le pouvoir sur d’éventuels cas d’achat de conscience pendant les Législatives du 30 juillet. Lors de l’Aid el fitr célébrée hier à Yoff, l’imam de Layène a prévenu sur les dangers de la corruption. D’après ce petit-fils de Seydina Limamou Laye, de telles pratiques ne seront pas impunies devant Dieu. «Donner de l’argent pour obtenir un vote, c’est de la corruption. C’est un grand péché que Dieu va durement sanctionner. Le corrupteur et le corrompu seront punis pour ces actes», avertit-il devant des milliers de fidèles massés dans l’enceinte ensoleillée de Diamalaye.
Selon le marabout, «c’est plus grave chez les politiciens qui utilisent des deniers publics pour corrompre les électeurs. Au-delà de la corruption qui est avérée, c’est du vol». Pour l’imam, la pauvreté aussi ne peut justifier chez les électeurs un certain comportement vis-à-vis des hommes politiques concernant le choix du vote. Il dit : «Pauvre n’est pas vice. Elle ne doit pas conduire les gens à perdre leur dignité. Récusez l’achat de conscience ! Celui qui s’y adonne a emprunté le chemin qui mène en Enfer. Dieu est catégorique la dessus.» Avant d’ajouter : «Si un électeur cède à l’achat de conscience en primant l’argent qu’il reçoit au détriment du mérite des autres candidats, il a trahi les recommandations de Dieu, celles du Prophète Mohamed (Psl) et de l’islam. Il va justifier son vote devant Dieu le jour du jugement dernier. Si c’était uniquement basé sur de l’argent, le Tout-puissant va le punir. Les candidats doivent être jugés sur des valeurs, du savoir et des programmes.»
Au-delà des élections, Mame Libasse Laye a dénoncé une «politisation» dans la gestion des affaires publiques. A ses yeux, toute personne exerçant des responsabilités publiques et qui «use de cela pour entretenir un clientélisme politique s’expose aux sanctions divines». «La médiocratie ne doit pas primer dans la gestion des affaires de la cité. Dire que nous avons soutenu le président de la République ne doit pas être un critère pour devenir ministre, Dg ou autre. Dieu exige que la méritocratie prime dans la gestion des affaires publiques. Si l’opposition regorge des compétences, le Président doit les prendre», conclut-il. Ses appels sont reçus 5 sur 5 par Abdoulaye Diouf Sarr qui conduisait la délégation gouvernementale. Du moins, sur le principe. «Je crois qu’il est temps qu’on dépasse cette politique politicienne basée sur des antivaleurs pour une politique conforme aux besoins des populations, aux valeurs et à l’éthique», commente le ministre de la Gouvernance locale.
bgdiop@lequotidien.sn

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