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L’affaire de la reprogrammation du match Zamalek-Génération Foot en Ligue des Champions met en évidence la légèreté de la Caf en matière d’application de son propre règlement.

La Confédération africaine de football a-t-elle foulé aux pieds son propre règlement au moment de reprogrammer la rencontre des 16èmes de finale de la Ligue des Champions entre le Zamalek et Génération Foot, vainqueur à l’aller (2-1) ? Estimant que c’était le cas, les Sénégalais ont refusé de jouer ce match, prévu samedi au Caire et reporté au lendemain à Borg El Arab, près d’Alexandrie, et vont quitter l’Egypte ce lundi. A moins de deux semaines du tirage au sort de la phase de poules de la Ligue des Champions, il manque un qualifié pour compléter le plateau.
Reprenons le règlement de la compétition. «Le lieu, le jour (vendredi, samedi ou dimanche) ainsi que l’heure du coup d’envoi des matchs du deuxième tour préliminaire sont fixés par la Fédération hôte qui en informera le Secrétariat général de la Caf, l’équipe adverse, les arbitres et le commissaire, au moins quatorze (14) jours avant le match. Après ce délai, ni l’heure du coup d’envoi, ni le jour du match, ni le lieu du match ne peuvent être changés sauf en accord écrit entre les deux équipes communiqué à la Caf, peut-on y lire. Au cas où cette disposition n’est pas respectée, la commission interclubs imposera le jour et l’heure du coup d’envoi du match concerné. Le non-respect de cette mesure entraînera une amende de quatre mille (4000) dollars US.»
Ladite procédure ne paraît pas avoir été respectée en l’espèce par la Confédération africaine de football. Aucune concertation entre les deux clubs n’a eu lieu. Une vidéo, consultable sur YouTube, montre d’ailleurs l’équipe de Génération Foot et son staff bloqués à l’entrée du stade prévu initialement pour la séance d’entraînement de veille de match. En outre, le commissaire de match ne s’est pas signalé auprès du club visiteur, qui n’a jamais reçu de sa part le courrier l’avisant de la date, du lieu de la rencontre et de la réunion technique relative à celle-ci. Quant à la lettre signée par le Secrétaire général adjoint de la Caf, Anthony Baffoe, relative au changement de localisation et d’horaire de la rencontre, Football365 Afrique s’en est procuré une copie : elle ne fait à aucun moment référence à une décision de la Commission interclubs de la Caf, pourtant compétente en pareil cas.

La Caf prise en flagrant délit d’amateurisme juridique
Sur la question des raisons de sécurité invoquées par les Egyptiens pour demander la délocalisation de la rencontre du Caire à Borg El Arab, la Caf apparaît gênée aux entournures par ce supposé cas de force majeure. Les appels à manifester contre le régime n’ont en effet pas empêché le déroulement sans encombre de trois matchs sur trois terrains différents (ENPPI-Al-Gaish jeudi, Masr Fc-Aswan samedi et Arab Contrac­tors-Smouha Sc samedi) dans la capitale égyptienne ces derniers jours. Nul autre que le Secrétaire général de la Caf, Mouad Hajji, le reconnaît dans un courrier adressé dimanche à Walid El Attar, directeur exécutif de la Fédération égyptienne de football.
S’agit-il d’un début de rétropédalage de la Confédération africaine de football ? L’instance continentale se retrouve en tout cas de nouveau en fâcheuse posture, prise en flagrant délit d’amateurisme juridique. Quelques semaines à peine après son désaveu dans l’affaire de la finale de la Ligue des Champions entre l’Espérance de Tunis et le Wydad Casablanca, une de ses décisions pourrait de nouveau être soumise à la sagacité du Tribunal arbitral du sport (Tas). En attendant cette éventuelle issue, la Caf a annoncé, via un communiqué publié dimanche soir, une prochaine décision de ses «organes compétents». N’eût-il pas mieux valu les réunir en premier lieu ?
Avec Football365

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