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Le 8e congrès ordinaire de la Ligue démocratique (Ld) des 13 et 14 octobre 2018 s’est tenu dans un contexte à la fois d’effervescence politique avec la Présidentielle en vue et de crise interne avec la fracture que le parti a connue au courant de l’année 2017.
Oser convoquer un congrès dans un tel contexte impliquait de facto le défi de relever le pari de la mobilisation, de l’organisation et de la participation au risque d’être condamné par le tribunal de l’histoire et des hommes.
C’est à l’issue du bureau politique du 11 août 2018 que la feuille de route en direction du congrès fut actée et les défis lancés sous la responsabilité d’un Comité national préparatoire (Cnp).
Pour relever le défi de la mobilisation, l’option a été faite d’occuper la salle de l’Unité africaine du Centre international du commerce extérieur du Sénégal (Cices). Le pari était risqué, car d’une part la salle est si grande que de rares organisations arrivent à la remplir, et d’autre part plusieurs manifestations politiques et sportives de grande envergure se tenaient dans le même temps à Dakar.
Malgré ces contraintes, l’ouverture du congrès était marquée par une salle de l’Unité africaine comble au point que des membres du bureau politique sortant avaient dû céder leurs fauteuils à des invités, faute de places assises. Ce qui fit dire sur un ton triomphal à un des maîtres de cérémonie que «l’histoire a donné raison à la Ld». C’est pour signifier qu’entre le congrès des fractionnistes qui ont quitté et celui des légitimistes qui sont restés, il n’y a pas photo.
Mais ce n’était pas un hasard, car cette mobilisation est le fruit d’un long et minutieux travail de préparation du Cnp en amont.
En effet, le Comité national préparatoire (Cnp), instruit par le Bureau politique du 11 août 2018 et sous l’égide du Secrétariat exécutif permanent (Sep), a élaboré et mis en œuvre l’organisation de ce congrès de façon méthodique, collaborative et inclusive.
Grâce à un management sans faille, le Cnp, sous la houlette de Moussa Ndiaye de la fédération de Pikine et Mapaté Ba de la fédération de Kaolack, a su mobiliser toutes les ressources humaines et matérielles nécessaires pour aboutir au triomphe que tous les anciens ont jugé comme inédit dans l’histoire du parti.
Rien n’a été laissé au hasard : la thématique, la réservation du Cices, la restauration, l’accueil, l’animation, les invitations, la sécurité et tout ce qui devait permettre d’assurer le déroulement sans faille du congrès ont été murement réfléchis, partagés avant d’être stabilisés pour exécution.
Le premier jour (samedi 13 octobre 2018), la salle de l’Unité africaine s’est révélée très petite pour contenir l’assaut des militants et sympathisants.
L’animation n’était pas en reste, car des facettes variées des cultures ethniques du pays ont égayé le public avant, pendant et après chaque allocution dont des témoignages saisissants de reconnaissance des partis alliés tels que celui du doyen Robert Sagna et le discours du secrétaire général intérimaire Nicolas Ndiaye ont beaucoup retenu l’attention.
La première journée a été clôturée par l’installation de six commissions thématiques intitulées : l’organisation et le fonctionnement du parti, la communication du parti, la politique d’alliance du parti, la politique financière du parti, le projet de société, la résolution générale et les motions.
Les commissions étaient respectivement présidées par des hommes et des femmes choisis pour leur connaissance du parti, leurs compétences techniques et leur expérience politique : Amadou Oumar Cou­libaly, relativement jeune, mais techniquement compétent, Moussa Sarr, une référence en communication des organisations, Ousmane Badiane, passé expert en matière électorale, Pape Ndiaye, un universitaire confirmé, Yoro Deh, une force tranquille et Madame Khoudia Mbaye, égérie du parti à l’expertise avérée.
Le lendemain dimanche 14 octobre 2018, les commissions réunies en ateliers ont produit des réflexions stratégiques d’ordre politique, économique et social qui, après validation en plénière par le congrès, vont servir pour les cinq ans à venir de référentiel politique du parti.
La mise en place des organes du parti était la phase la plus redoutable du congrès en raison de sa charge émotionnelle vis-à-vis des choix qui vont forcément promouvoir les uns et laisser en rade les autres.
Mais comme par enchantement, toutes les désignations se sont déroulées dans le consensus et approuvées par acclamation en plénière.
C’est ainsi que, du bureau politique au secrétariat exécutif permanent, puis du secrétariat général à la commission centrale de contrôle, aucune contestation sérieuse n’est venue entacher les propositions, car une fois de plus, le Cnp a réussi un dosage et un profilage sur les hommes et les postes si savants et pertinents que personne ne pouvait en redire.
Dans le même temps, le congrès va garder un caractère historique par quatre décisions majeures qui en sont ressorties.
D’abord, pour corriger le vide juridique qui a suivi la vacance du poste du secrétaire général après la démission de Monsieur Mamadou Ndoye, il a été créé un poste de secrétaire général adjoint avec Madame Khoudia Mbaye comme première secrétaire générale adjointe chargée des relations internationales et Monsieur Moussa Sarr 2ème secrétaire général adjoint chargé des relations extérieures, porte-parole du parti.
Ensuite, la création du poste de président d’honneur a permis l’élection de Monsieur Yoro Deh au nom de tous les anciens du parti. Un choix qui a rencontré l’assentiment du public en reconnaissance de l’exemplarité du parcours professionnel, militant et patriotique de l’homme.
Puis, l’élection consensuelle du secrétaire général Nicolas Ndiaye malgré la présence d’identités remarquables dont la légitimité à la fois historique et politique est incontestable.
Toutefois, cette confirmation du nouveau secrétaire général est la consécration d’un mérite, car force est de reconnaître que si le parti a su surmonter la crise et maintenir le cap, c’est grâce en bonne partie à ses qualités d’homme pondérant et d’une grande capacité d’écoute. C’est un homme aussi très simple : «Je ne suis pas le plus riche, ni le plus intelligent ni le plus diplômé, mais je suis élu», se plaît-il souvent à dire.
Enfin, le congrès a approuvé par acclamation la motion de soutien à la candidature du Président Macky Sall et l’engagement de travailler pour sa réélection au premier tour de l’élection présidentielle du 24 février 2019.
Le bien-fondé de cette décision repose sur une cohérence politique justifiée par le principe de «se battre ensemble, gagner ensemble et gouverner ensemble».
Il s’y ajoute le bilan positif du président de la République, tout comme les jalons qu’il a posés pour l’émergence économique et citoyenne à l’horizon 2035.
Les rideaux du 8e congrès ordinaire de la Ld sont tombés le dimanche 14 octobre 2018 aux environs de 20 heures dans la salle mythique de l’Unité africaine du Cices.
On peut ainsi valablement penser après un tel congrès digne d’un «success history» que c’est un parti new-look avec des militants ragaillardis, revigorés dans un élan de solidarité et de générosité qui vont traduire en actes les décisions actées par la résolution générale.
C’est d’ailleurs la direction donnée par le nouveau secrétaire général, à savoir «le travail intellectuel pour poursuivre et améliorer la capacité de proposition du parti pour trouver des solutions aux problèmes du pays, la massification du parti pour faire de la Ld un parti électoralement significatif et le compagnonnage avec la coalition Benno bokk yaakaar pour assurer la réélection du Président Macky Sall».
Les enseignements à tirer de ce congrès, c’est non seulement l’exécution d’un acte statutaire, mais aussi le couronnement de la vie du parti depuis le 7e congrès de juillet 2013.
Sous ce rapport, il convient de retenir les leçons sans lesquelles le parti n’aurait pas su conserver sa stabilité et maintenir le cap.
Il s’agit principalement de quatre facteurs clés de succès dont toute organisation devra se doter comme viatique :
La cohérence avec une vision claire et partagée ;
La congruence de ses options stratégiques avec son projet ;
L’intelligence d’une démarche inclusive dans le processus de prise de décision pour éviter «de décider seul et de se tromper tout seul» ;
L’efficience dans l’atteinte des résultats attendus avec une maîtrise des moyens.
La Coordination
des Cadres de la Ld

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