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J’ai vécu à Saint-Louis de l’âge de 14 ans jusqu’à mes 17 ans. Je suis content de revenir avec mes amis que je considère comme membres de la famille, parce que cela fait 25 ans que je suis aux Usa. Je tourne avec plusieurs groupes, mais KJ est l’un de mes préférés. J’ai voulu amener Harry Belafonte, mais il ne tourne plus. J’ai travaillé avec lui pendant 10 ans. Mais avec KJ, c’est autre chose. C’est ma sœur et on a monté le groupe ensemble. Elle peut passer inaperçue, mais elle a gagné 7 Independent music awards.
Qu’est-ce que cela fait de revenir dans sa ville de cœur ?
Cela fait 3 ans que je reviens sur Saint-Louis. Certes je ne jouais pas au festival, mais cela fait du bien de retrouver ses amis. Le saviez-vous ? C’est grâce à notre groupe Keur Gui qu’on a créé le festival. Le directeur du festival était un fan du groupe. On a ouvert la 1ère édition et la 2ème on a partagé la scène avec Aminata Fall.
Comment le bassiste que vous êtes vit-il le rappel à Dieu de Habib Faye ?
C’est un ami au vrai sens du mot. Je me rappelle, quand j’allais aux Usa, il m’avait dit : «Vu que je suis marié et père de famille, ça sera difficile d’aller vivre à l’extérieur. Tiens, voilà ma basse, elle va te servir.» Habib avait l’opportunité de faire une carrière solo, mais il n’a pas voulu sortir du Sénégal. Je me rappelle, il y a 3 semaines, je lui avais envoyé un ampli. Sur WhatsApp, je lui ai envoyé un message pour le lui dire. Il m’a répondu avec une voix faible, tout en pleurant. Ce sont ses dernières paroles avec moi. C’est à mon arrivée qu’on m’a annoncé la nouvelle. Ce concert est un hommage pour lui. C’est tout ce que je peux dire sur lui, sinon je vais craquer.
Quel regard portez-vous sur le Festival Saint-Louis jazz ?
Vous savez, on travaille sur la base d’un agenda. On sait ce qu’on doit faire 6 mois à l’avance. Je comprends que le Sénégal a ses réalités, mais le gouvernement doit les aider aussi. Si on veut faire avancer la culture, il faut investir.
Quel regard portez-vous sur le jazz africain ?
Je ne vois pas ici au Sénégal des gens qui font du jazz. Seuls le guitariste, Omar Sow, et le bassiste, Moussa Diouf, sont des jazzmen. Le jazz n’est pas notre musique. Même Habib Faye dont on dit qu’il est le précurseur du jazz ne dira pas qu’il est jazzman. Pourtant, il a beaucoup fait pour notre musique. Et c’est de ce genre de personnes dont on a besoin. Le jazz est une musique noire, mais elle n’est pas d’ici. Cela demande beaucoup d’efforts intellectuels. Jouer du jazz, c’est comme faire un exercice de mathématiques. Le jazz a une harmonie très riche. Par contre, nous Sénégalais avons un rythme avec la kora et autres. Le jazz n’est pas une musique à la portée de tout le monde.
mgaye@lequotidien.sn & cndiongue@lequotidien.sn

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