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Le gouvernement a ouvert un compte bancaire destiné à recevoir les dons et contributions volontaires apportés par différentes sources dans la lutte contre le Covid-19. Il était temps. On a vu, dès que l’épidémie a commencé à s’étendre dans notre pays, des personnes et des organisations voir le jour pour appeler à la contribution de toutes les bonnes volontés dans la lutte. Il est vrai que la première annonce du chef de l’Etat, annonçant une mise de 1,5 milliard de francs Cfa, ne pouvait qu’inciter tout le monde à donner son obole.
Et on a vu le défilé des contributeurs auprès du ministère de la Santé et de l’action sociale. Des dirigeants d’entreprise aux personnes physiques, c’était au début une belle foire de m’as-tu-vu. Certains chefs d’entreprise donnaient même le sentiment de se faire une concurrence par rapport aux montants qu’ils annonçaient. Quand l’un déclarait donner 10 millions de Cfa, son collègue déclarait le montant de 11 millions.
Même des Sénégalais de la diaspora, à l’instar de certaines vedettes du football, n’ont pas voulu être en reste. On pourrait s’attendre à ce que cet élan pris dans l’implication des Sénégalais, ainsi que des entreprises et des personnes basées au Sénégal, continue de prendre de l’ampleur, tant tout le monde se sent impliqué par ce virus. Le fait que le nombre de personnes infectées continue d’augmenter ne peut qu’ajouter l’inquiétude et la volonté de tous de doter nos personnels soignants de tous les moyens dont ils ont besoin pour faire leur travail ; d’où l’énorme coup de chapeau que l’on doit tirer au gouvernement pour avoir eu l’idée d’ouvrir le compte bancaire «Spécial fonds coronavirus/Covid-19» auprès de la Bceao, et d’avoir indiqué la manière d’y contribuer.
Nous évitons ainsi ce que l’on a connu par le passé, dans des circonstances similaires. En septembre 2017, des personnes, sans doute bien intentionnées au départ, avaient eu l’idée d’organiser un Téléthon pour collecter des fonds afin de venir en aide à la communauté Rohingya, cette minorité musulmane du Myanmar, persécutée par le pouvoir en place. De l’argent avait été collecté, mais dont on ne sait toujours pas comment il a été dépensé et où il est allé. On peut néanmoins imaginer qu’il n’a pas été perdu pour tout le monde.
Dans la même optique, des collectes d’argent avaient été organisées dans ce pays pour assister des personnes victimes de terribles inondations qui avaient secoué ce pays. A ce jour, on ne peut nous citer nulle famille qui a eu à en bénéficier.
La faiblesse de ces initiatives individuelles avait été de manquer de coordination centrale au niveau de l’Etat. N’importe quel «bienfaiteur» pouvait se lever, faire de lui-même ses comptes et déclarer les montants reçus, ou même, comme pour la plupart des cas, ne rien annoncer à personne, et ne rendre compte à personne, sans que cela ne tirât à conséquence. Avec le fonds Force-Covid-19 au moins, on peut être sûr d’avoir échappé à cette sorte d’arnaque. Il reste toutefois aussi, de la part des pouvoirs publics, de s’assurer que ces fonds ainsi collectés, fruit de l’effort de tous les Sénégalais, soient utilisés à bon escient, et comme le disait Ousmane Sonko après sa rencontre avec le Président Macky Sall, ne servent pas à payer des véhicules tous terrains pour le compte de ces personnes qui seraient censées lutter contre cette maladie. Ou pires encore, alimenter des fonds secrets pour le bénéfice de certaines personnes. Déjà, la publication des donateurs et de leurs contributions reçues à ce jour est un bon pas dans la bonne direction.

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